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Full text of "La topographie cranio-cérébrale, applications chirurgicales"

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LA 

TOPOGRAPHIE  CRANIO-CÉRÉBRALE 


LA 

TOPOGRAPHIE  G R ANIO-GÉRÉBRA  LE 

APPLICATIONS  CHIRURGICALES 


PAR 


René-Léon  LE  FORT, 

DOCTEUR  EN  MEDECINE 

Ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Lille, 
Médecin-stagiaire  au  Val-de-Grâce , 
Lauréat  de  la  Faculté  de  Médecine  (Prix  Parise). 


PARIS, 

F.  ALCAN,  LIBRAIRE-ÉDITEUR, 
108,  Boulevard  St-Germain. 


LILLE , 

IMPRIMERIE  L.  DANEL, 
Rue  Nationale,  93. 


1890, 


. 


' 

. 

• ■ 


■ 


- 


LA 


TOPOGRAPHIE  G R ANIO-CÉ  RÉBR  ALE 

APPLICATIONS  CHIRURGICALES. 


INTRODUCTION  (i). 

La  topographie  cranio-cérébrale  captive  de  plus  en  plus 
l’esprit  du  monde  médical.  Médecins  et  chirurgiens  s’adonnent 
à l’envi  à son  étude  en  raison  même  de  l’intérêt  pratique  qui 
s’attache  à la  question. 

Celle-ci  date  du  jour  lointain  déjà  où  le  célèbre  Gall  édi- 
fiait son  système  des  bosses  du  crâne,  ou  plutôt  la  topographie 
cranio-encéphalique  est  en  germe  dans  la  conception  mystique 
et  surannée  du  fameux  médecin-philosophe  allemand. 

La  doctrine  de  Gall  est  justement  tombée  dans  le  discrédit. 
Mais,  comme  sur  ses  ruines,  semble  s’être  élevée  la  doctrine 
des  localisations  cérébrales , le  jour  où  les.  physiologistes 
Fritsch  et  Hitzig  eurent  démontré  que  le  cerveau  du  chien  ou 
du  singe  portait  dans  son  manteau  cortical  des  cantons  ou 
districts  autonomes  chargés  de  diriger  les  sujets  du  cantonnât 
tous  reliés  au  centre  par  des  fils  transmetteurs.  A la  suite,  les 
cliniciens  entrèrent  résolument  dans  la  voie  tracée  en  premier 
lieu  par  Fritsch  et  Hitzig  et  leurs  émules,  Ferrier,  Carville 
et  Duret,  Munck,  Lijciani  et  Tamburini  , etc.  ; et  avec  l’Ecole 
de  la  Salpétrière  surtout  la  doctrine  des  localisations  céré- 
brales, qui  avait  paru  un  moment  fléchir  sous  les  coups  que 


(1)  Travail  de  l’Institut  anatomique  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Lille. 


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lui  portaient  des  adversaires  ingénieux  et  tenaces,  sortit  défi- 
nitivement victorieuse  de  la  lutte.  Des  cendres  de  l’idée  de 
Gall  sortait  comme  un  fantôme  l’idée  nouvelle. 

En  vain  nombre  de  physiologistes,  et  en  particulier  l’illustre 
Brown-Sèquard,  et  avec  lui  Goltz,  Schiff,  etc.;  lui  portaient 
des  coups  redoublés,  leur  fer  s’émoussait  à sa  cuirasse , et  elle 
restait  debout. 

Arrêtons-nous  un  instant  sur  la  doctrine,  car  elle  est  le  point 
central  autour  duquel  nous  allons  graviter. 

A la  suite  des  expériences  de  Flourens,  l’inexcitabilité  de 
l’écorce  grise  du  cerveau  était  en  quelque  sorte  universelle- 
ment admise  comme  un  dogme.  La  découverte  du  centre  de  la 
mémoire  des  mots  faite  par  P.  Broca,  en  1861,  avait  bien 
porté  un  coup  redoutable  à la  doctrine,  mais  elle  n’était  pas 
parvenue  a renverser  l’opinion  courante  de  la  diffusion  des 
fonctions  dans  toute  l’étendue  de  l’encépbale. 

Même  après  que  Fritsch  et  Hitzig  eurent  démontré  l’irrita- 
bilité du  manteau  gris  du  cerveau , après  que  Ferrier  et 
ses  émules  eurent  établi  expérimentalement  l’existence  de 
centres  ou  cantons  d’excitabilité  spéciaux  pour  certains 
groupes  de  muscles,  tous  les  doutes  n’étaient  pas  lovés,  tant 
s’en  faut., 

La  méthode  anotomo-clinique,  celle  de  Charcot,  Turck, 
Wernicke,  Pitres,  les  leva. 

Küssmaul,  Northnagel,  Wernicke,  Charcot,  ont  considé- 
rablement agrandi  le  champ  exploré  par  Bouillaud  déjà,  mais 
surtout  par  Broca  avec  tant  de  succès.  A côté  de  l’aphasie 
motrice  il  existe  d’autres  troubles  de  la  perception,  de  V ex- 
pression et  de  V usage  des  signes.  On  peut  perdre  l’usage  des 
signes  écrits  (agraphie)  et  des  signes  mimiques;  on  peut 
perdre  l’audition  des  mots  [surdité  verbale) , la  vision  des 
signes  de  l’écriture  [cécité  verbale)  à l’exclusion  d’autres  facul- 
tés d’expression  qui  sont  conservées.  Or,  à ces  troubles  fonc- 
tionnels spécialisés  de  l’expression  et  de  la  perception  des 


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signes,  correspondent  des  lésions  anatomiques  localisées  de 
l’écorce  du  cerveau. 

Il  y a donc  dans  le  manteau  gris  des  hémisphères  cérébraux 
des  districts  distincts  au  double  point  de  vue  anatomique  et 
physiologique  ; formant  une  sorte  de  république  confédérative, 
ces  centres  constituent  l’appareil  de  la  mémoire  des  mots,  et 
tous  fonctionnent  normalement  en  parfaite  union  et  pour  le 
bien  général  de  la  communauté  ou  confédération.  La  distribu- 
tion des  vaisseaux  du  cerveau  nous  ferait  comprendre  com- 
ment ces  centres  peuvent  être  affectés,  tantôt  isolément,  et 
donner  lieu  à un  trouble  de  l’expression  des  signes,  tantôt 
simultanément,  et  causer  l 'aphasie  motrice  complexe. 

Qu’on  ne  s’y  trompe  pas,  l’aphasique  n’est  pas  un  paraly- 
tique; il  peut  mouvoir  sa  langue,  ses  lèvres,  son  gosier  et  son 
larynx,  et  ses  muscles  expressifs  ou  mimiques  ne  sont  point 
paralysés.  S’il  est  incapable  d’émettre  des  sons  articulés  ce  n’est 
pas  là  le  fait  d’une  paralysie  des  muscles  de  la  phonation, 
mais  cela  dépend,  comme  le  dit  le  Prof.  Charcot,  de  la  perte 
de  la  mémoire  des  associations  musculaires  qui  sont  nécessaires 
à i’articulation  des  sons.  De  même  l’agraphique  n’est  pas  un 
paralytique  ; les  muscles  de  ses  mains  sont  intacts;  s’il  n’écrit 
pas,  c’est  qu’d  a oublié  les  mouvements  harmoniques  néces- 
saires pour  tracer  les  caractères  graphiques.  — Comme  le 
disent  fort  bien  Pitres  et  François  Franck,  ce  n’est  pas  sa 
main  qui  refuse  d’écrire,  c’est  son  cerveau  qui  est  devenu 
incapable  de  le  diriger.  Il  y a amnésie  motrice  partielle,  mais 
non  paralysie.  — Du  reste,  s’il  fallait  faire  une  preuve  plus 
complète,  nous  dirions  qu’il  est  des  destructions  du  pied  de  la 
3e  circonvolution  frontale  gauche  sans  paralysie,  comme  cela 
a été  fort  bien  observé  par  Ramonat  et  Frébault  (Soc.  anal. 
30  avr.  1881), 

Mais  il  n’y  a pas  que  des  centres  d’expression  dans  les  hémis- 
phères du  cerveau.  A côté  de  ces  centres,  il  en  est  d’autres 
qui  sont  des  centres  de  motricité  à action  localisée.  Les  uns 


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actionnent  les  muscles  de  la  face,  les  autres  les  muscles  des 
membres.  Or,  il  est  à remarquer  que  les  lésions  en  rapport 
avec  les  troubles  moteurs  qui  annihilent  l’expression  des  signes, 
et  celles  qui  amènent  les  troubles  moteurs  des  membres  et  de 
la  face  (hémiplégie)  sont  principalement  situées  dans  les  cir- 
convolutions qui  avoisinent  le  sillon  de  Rolando  [circonvolu- 
tions rolandiques).  C’est  pour  cette  raison  qu’on  a appelé 
cette  région  des  hémisphères  zone  psycho -motrice.  Mais 
comme  les  centres  localisés  dans  cette  zone  semblent  égale- 
ment présider  à la  sensibilité,  ainsi  qu’il  appert  des  observa- 
tions de  Tripier,  Pétrina,  Munk,  Schiff,  etc  , on  les  a encore 
appelés  centres  sensüiw-moteurs . 

Ferrier,  Munk,  Luciani,  Tamburini,  Horsley,  etc.,  dans 
leurs  recherches  sur  le  chien  et  le  singe,  ont  considérablement 
étendu  la  zone  des  centres  sensoriels  et  moteurs  à la  surface 
du  cerveau , et  l’anatomo-pathologie  chez  l’homme  rétrécit 
également  de  jour  en  jour  le  champ  de  la  zone  dite  latente  de 
l’écorce.  Mais  de  ce  que  l’on  n’a  pas  encore  pu  découvrir  de 
centres  à fonctions  bien  déterminées  et  spécialisées  dans  cette 
zone , est-ce  à dire  qu’elle  n’est  point  chargée  d’une  mission 
physiologique  spéciale?  Faut-il  attribuer  particulièrement  au 
lobe  frontal  un  rôle  psychique  et  au  lobe  occipital  des  fonctions 
instinctives?  Des  faits  d’ordre  biologique  empruntés  à l’anato- 
mie comparée  et  à l’Anthropologie  semblent  plaider  en  faveur 
de  cette  hypothèse  sans  qu’on  puisse  encore  à l’heure  qu’il  est 
avoir  une  opinion  bien  arrêtée  sur  la  matière.  Ce  qui  parait 
hors  de  toute  contestation  c’est  que  dans  le  cerveau  l’innom- 
brable colonie  de  cellules  groupées  en  foyers  hiérarchisés  et 
communiquant  tous  les  uns  avec  les  autres  comme  l’appareil 
transmetteur  est  relié  à l’appareil  récepteur  par  le  cable  dans 
nos  appareils  téléphoniques,  représente  des  organes  de  sensi- 
bilité et  de  mouvement,  dont  les  éléments  sont  incessamment 
le  siège  de  phénomènes  réflexes  plus  ou  moins  compliqués  ; 
c’est-à-dire  qu’au  fond,  le  réseau  des  cellules  des  centres  ner- 
veux est  un  vaste  atelier  où  se  transforme  X énergie. 


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Les  lésions  destructives  (ramollissements,  foyers  hémorrha- 
giques, etc.),  des  centres  corticaux  produisent  la  paralysie  ; les 
lésions  irritatives  (péri encéphalite  diffuse,  méningite,  tumeurs, 
gommes  syphilitiques,  etc.),  engendrent  des  troubles  convul- 
sifs localisés  [épilepsie  jacksonniennè)  notés  depuis  longtemps 
déjà  par  Hughlings  Jackson.  Mais  ces  lésions  déterminent  en 
outre  un  affaiblissement  des  fonctions  psychiques  générales  et 
les  lésions  irritatives  peuvent  conduire  à des  convulsions 
généralisées  simulant  l’épilepsie  vraie,  ce  qui  prouve  que  s’il 
y a dans  J’écorce  du  cerveau  des  appareils  jouissant  d’une 
certaine  autonomie,  il  n’en  est  pas  moins  vrai  qu’il  y a entre 
ces  appareils  une  solidarité  telle  que  la  lésion  d’un  seul  appa- 
reil de  cette  confédération  ne  peut  être  frappé  sans  qu’immé- 
diatement  l’ensemble  reçoive  le  choc  et  tombe  en  souffrance. 
Cette  solidarité  est  aussi  capable , rappelons-le , de  rendre 
compte  des  suppléances  fonctionnelles , dont  la  suppléance 
de  la  3e  frontale  gauche  par  la  3e  frontale  droite  dans  l’aphasie 
motrice  est  un  des  plus  beaux  exemples  qu’on  puisse  citer. 
C’est  en  vain,  semble- t-il  en  effet,  que  Carville  et'ÜURET  sur  le 
chien,  Luciani  et  Tamburini  sur  le  singe,  ont  prétendu  que  la 
suppléance  d’un  hémisphère  par  l’autre  est  inadmissible,  sous  le 
prétexte  que  si,  après  la  destruction  des  centres  psycho-moteurs 
du  côté  droit,  l’animal  étant  d’abord  paralysé,  puis  guéri,  on 
enlevait  les  centres  du  côté  gauche  il  n’y  avait  pas  paralysie 
des  deux  côtés.  L’exemple  du  cerveau  de  Bichat  plaide  assez 
contre  une  telle  interprétation,  puisque  comme  on  le  sait  ce 
grand  homme  n’avait  guère  qu’un  hémisphère  avec  lequel  il 
avait  pensé  et  parlé  dans  sa  trop  courte  vie.  Mais  à défaut  de 
cette  preuve,  qui  paraîtrait  peut-être  insuffisante,  — et  bien  que 
nous  n’ignorions  pas  que  la  question  des  suppléances  dans  les 
hémisphères  du  cerveau  est  encore  très  controversée  —,  les 
récentes  expériences  de  Galerani  et  Stéfani,  qui  démon- 
trent la  suppléance  des  lobes  optiques  (chez  les  Oiseaux) , 
semblent  de  nature  à entraîner  la  conviction. 


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Les  faits  si  curieux  de  dynamogènie  et  à' inhibition  étudiés 
et  rassemblés  avec  tant  d’ingéniosité  et  de  labeur  par  Brown- 
Seqüard,  s’ils  ouvrent  une  nouvelle  voie  à la  physiologie  des 
centres  nerveux,  sont-ils  de  nature,  comme  on  l’a  prétendu, 
à être  opposés  à la  doctrine  des  localisations  cérébrales  ? — 
Nous  ne  le  croyons  pas.  — Kosjewnikoff,  Charcot,  Marie, 
etc.,  n’ont- ils  pas  vu  des  scléroses  systématiques,  des  cordons 
latéraux  (sclérose  latérale  amyotrophique)  s’accompagner  de 
dégénération  de  la  capsule  interne,  de  la  couronne  rayonnante, 
et  même  de  la  région  rolandique  psycho-motrice  des  hémis- 
phères cérébraux  ? Et  d’autre  part,  ne  sait-on  pas  qu’à  la  suite 
de  lésions  corticales  du  cerveau  (régions  rolandiques)  il  y a 
dégénérescence  du  faisceau  pyramidal , et  que  l’ablation 
expérimentale  ou  la  destruction  pathologique  des  zones 
psycho-motrices  donne  lieu  à la  paralysie  motrice  des  membres 
du  côté  opposé  à la  lésion?  Les  observations  de  Charcot, 
Pitres,  Westphall,  etc.,  sur  l’homme  malade  ; les  expériences 
de  Fermer,  Güdden,  Monakow,  Munck,  Luciani  et  Tambu- 
rini,  etc.,  sur  le  chien  ou  le  singe,  et  l’étude  du  développement 
des  faisceaux  de  la  moelle  épinière  et  du  cerveau  faite  par 
Flechsig,  Pierret,  Edinger,  Kahler,  etc.,  ne  laissent  aucun 
doute  à cet  égard. 

L’expérimentation  unie  à l’observation  clinique  a démontré, 
quand  on  a eu  soin  de  déterminer  exactement  la  topographie 
des  lésions  du  centre  ovale , que  les  lésions  destructives 
siégeant  dans  les  faisceaux  préfontaux,  occipitaux  ou  tempo- 
raux ne  déterminent  par  elles-mêmes  aucun  trouble  persistant 
de  la  motilité  volontaire.  Au  contraire,  les  altérations  de  la 
région  fronto-pariétale  du  centre  ovale,  c’est-à-dire  des  fais- 
ceaux qui  vont  aux  régions  psycho -motrices  de  l’écorce , 
produisent  constamment  des  paralysies  persistantes  du  côté 
opposé  du  corps,  plus  ou  moins  limitées  (monoplégies),  ou 
étendues  à toute  la  moitié  du  corps  et  de  la  face  (hémiplégie), 
avec  dégénération  consécutive  du  faisceau  pyramidal  de  la 


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moelle  épinière.  Les  ablations  des  yeux  chez  les  jeunes  animaux, 
d’autre  part,  et  les  atrophies  des  circonvolutions  occipitales 
observées  à la  suite,  ne  sont-elles  pas  venues  fournir  une 
nouvelle  preuve  d’existence  de  centres  visuels  corticaux  ? 

L’existence  de  centres  sensoriels  et  sensitivo-moteurs  à 
fonctions  distinctes  et  déterminées  dans  l’écorce  du  cerveau 
une  fois  mise  hors  de  doute,  il  n’y  avait  qu’un  pas  pour  atteindre 
l’ère  nouvelle  prédite  par  S.  Pozzi  dans  sa  remarquable  étude 
du  crâne,  à savoir  : La  trépanation  guidée  par  les  localisa- 
tions du  cerveau. 

Une  fois  cette  notion  acquise,  devait,  en  effet,  fatalement, 
logiquement,  se  présenter  à l’esprit  l’étude  des  rapports  entre 
l’écorce  et  la  boîte  crânienne,  pour  arriver  à ce  résultat 
d’ouvrir  le  crâne  en  regard  du  centre  lésé  et  le  débarrasser 
de  l’obstacle  qui  nuit  ou  entrave  son  lonctionnement.  En 
d’autres  termes,  le  problème  de  la  topographie  crânio-céré- 
brale  naquit  le  jour  où  l’on  remarqua  qu’une  fracture  du  crâne, 
qu’un  abcès,  qu’un  épanchement  sanguin  développé,  dans  les 
méninges  ou  le  cerveau  déterminait  une  abolition  dos  mouve- 
ments qui  sont  commandés  par  un  département  nettement 
déterminé  de  l’encéphale. 

Gratiolet,  le  premier,  entra  dans  la  voie  le  jour  où  il  classait 
les  races  humaines  en  races  frontales,  et  races  par ièto-occipi- 
tales.  — Sans  doute  , la  surface  du  cerveau  ne  se  moule  pas 
exactementsurl’endocrâne,ouplutôtilestcertainquerexocrâne 
ne  traduit  pas  exactement  le  relief  des  lobes  et  circonvolutions 
du  cerveau  ; — sans  doute,  les  bosses  des  phrénologistes  ne 
correspondent  qu’exceptionnellement  à un  développement 
corrélatif  de  la  circonvolution  sous-jacente  quelque  exubérante 
que  celle-là  soit,  mais  il  n’en  demeure  pas  moins  vrai  que  dans 
l’ensemble  la  forme  et  les  proportions  du  cerveau  peuvent  être 
appréciées  par  celles  du  crâne,  et  que  l’on  peut  ainsi  juger 
d’une  façon  assez  sensiblement  exacte  des  dimensions  relatives 
des  lobes  du  cerveau. — Ce  qui  revient  à dire  que  les  varia- 


tions  physiologiques  des  diamètres  du  crâne,  quoique  assez 
étendues,  ne  sont  pas  suffisamment  exagérées  pour  fausser  nota- 
blement les  points  de  repère  que  l’on  établit  en  topographie  cra- 
nio-cérébrale,  les  proportions  d’une  même  ligne  dans  un  même 
crâne  pouvant  être  considérées,  au  fond,  comme  sensiblement 
égales. 

Gratiolet,  le  premier,  en  1857,  rechercha  les  rapports  de 
la  suture  coronale  avec  le  sillon  de  Rolando,  et  d’autre  part, 
ceux  de  la  scissure  pariéto-occipitale  avec  la  suture  lambdoïde. 
La  défectuosité  de  son  procédé  le  conduisit  à une  double 
erreur. 

En  1861,  P.  Broca  reprit  cette  question,  et  à l’aide  du 
procède  des  fiches  qu’il  inventa  à cet  effet,  il  fit  voir  à Gra- 
tiolet lui- même  dans  quelle  erreur  il  était  tombé  en  admet- 
tant que  la  scissure  perpendiculaire  externe  est  de  beaucoup 
postérieure  à la  suture  lambdoïde,  et  que  la  scissure  rolandique 
est  sensiblement  sous-jacente  à la  suture  coronale. 

Bischoff,  en  1868,  dans  un  travail  considérable  sur  les  cir- 
convolutions cérébrales  de  l’homme,  donna  à son  tour  quelques 
indications  sur  la  topographie  cranio-cérébrale.  Le  procédé 
qu’il  employa  est  précisément  le  même  qu’avait  employé  P. 
Broca,  mais  Bischoff  paraît  avoir  ignoré  le  procédé  de  l’ana- 
tomiste français.  11  faut  attendre  1873  pour  rencontrer  un 
mémoire  complet  sur  la  question.  Ce  mémoire  sorti  du  labo- 
ratoire du  Pr  Landzert,  est  du  slave  Heftler 

Ce  travail  n'avait  pas  encore  franchi  la  frontière  russe,  qu’à 
son  tour  le  Pr  Turner  (1873-74)  publiait  un  mémoire  sur  le 
même  sujet.  De  même  que  Bischoff  avait  rencontré  Broca 
sans  le  savoir,  Turner  rencontrait  également  Landzert  et 
Heftler,  car  son  procédé  comme  celui  des  anatomistes  russes 
est  un  procédé  graphique.  Les  résultats  de  Turner,  basés  sur 
un  petit  nombre  d’observations,  ne  paraissent  d’ailleurs  pas 
très  exacts,  nous  le  verrons  plus  loin. 

En  1875-76,  Ch  Fèrê,  reprit  la  question  à l’instigation  de 


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P.  Broca  qui,  lui-même  encore  une  fois,  revenait  sur  la 
matière  en  1876. 

Depuis  Ecker  (1876),  De  la  Foulhouze  (1876),  Lucas- 
Championnière  (1878),  puis  plus  récemment  Reid,  Horsley, 
Thane,  W.  Hare,  S.  Müller,  L.  Dana,  W.  Anderson  et  G.  H. 
Marins,  P Poirier,  sont  entrés  dans  la  lice  et  la  topographie 
cranio-encéphalique  leur  est  redevable  d’importantes  acqui- 
sitions. La  Thèse  de  L.  A.  Müller  surtout,  faite  sous  l’inspi- 
ration du  Pr  Burckhardt  (1889),  et  le  remarquable  travail  que 
le  Pr  P.  Poirier  a présenté  dernièrement  au  Congrès  de 
Berlin  (1890)  nous  arrêteront  plus  loin. 

A notre  tour  nous  avons  fouillé  la  question  sous  la  direction 
du  PrDEBIERRE. 

A l’aide  du  procédé  que  nous  décrirons  sous  le  nom 
de  procédé  de  V autogravure  du  cerveau,  nous  avons  obligé  le 
cerveau  à inscrire  lui-même  ses  sillons  et  ses  saillies  à la 
surface  de  l’endocrâne.  Cette  empreinte  était  ensuite  reportée 
sur  Texocrâne  à l’aide  de  nombreux  trous  percés  à la  drille  et 
dessinée  à l’encre.  Les  trous  servaient  alors  à passer  des  fiches 
que  nous  enfoncions  dans  le  cerveau  et  ainsi  le  procédé  des 
fiches  de  P.  Broca  nous  servait  de  procédé  de  contrôle . 

A l’aide  de  notre  méthode,  on  le  verra,  nous  sommes  par- 
venus à dessiner  à la  surface  extérieure  du  crâne  avec  une 
exactitude  parfaite,  les  principales  scissures  qui  limitent  les 
circonvolutions  majeures  du  cerveau.  — Ce  dessin  une  fois 
acquis,  nous  n’avions  plus  qu’à  rechercher  si  à l’aide  de  lignes 
géométriques  et  de  lignes  proportionnelles,  il  ne  serait  pas 
possible  d’établir  et  de  tracer  à la  surface  de  la  tête  des  points 
de  repère  qui  permissent  à l’opérateur  d'aborder  d’une  façon 
rapide  et  précise,  la  surface  de  telle  circonvolution  qu’il 
voudrait  par  une  fenêtre  faite  au  crâne  et  taillée  au  trépan . 
Cette  méthode  qui,  au  prime  abord,  paraît  aussi  simple  que 
facile,  est  entourée  de  grandes  difficultés  et  longtemps  nous 
avons  cherché  1 s procédé  pratique  tant  désiré.  Le  problème  en 


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effet,  est  celui-ci  : étant  donnés  des  symptômes  d’excitation  ou 
de  paralysie  dans  une  région  du  corps,  découvrir  avec  sûreté 
le  centre  cortical  psycho-moteur  du  cerveau  que  l’on  considère 
comme  frappé  d’une  lésion  qui  engendre  les  symptômes  déjà 
cités.  Certes , nous  ne  voyons  pas  à travers  la  paroi  du 
crâne  le  sillon  de  Rolando,  nous  ne  voyons  pas  le  pli  courbe, 
mais  nous  sommes  arrivés  à connaître  leur  siège  et  à pouvoir 
affirmer  qu’ils  se  trouvent  au-dessous  d’un  point  que  nous 
avons  su  déterminer. 

Maintenant,  si  quelque  chirurgien  plus  curieux  que  les 
autres  nous  disait  : tout  cela  est  fort  bien,  votre  méthode  est 
excellente,  mais  ce  qui  vaudrait  peut-être  mieux  encore,  c’est 
que  vous  nous  disiez  quand  on  doit  trépaner , et  si  l'on  doit 
appliquer  la  trépanation  ; en  d’autres  termés  si  un  chirurgien 
s’avisait  de  nous  objecter  qu’il  aurait  été  urgent  que  nous 
établissions  les  indications  et  contre-indications  du  trépan , 
à celui-là  nous  répondrions  que  cette  questionne  fait  pas  partie 
du  programme  que  nous  nous  sommes  tracé,  et  qu’elle  ne 
rentre  pas  dans  le  cadre  de  notre  sujet  ; que  les  indications 
de  la  trépanation  varient  presque  autant  que  les  cas  et  les 
sujets  eux-mêmes,  et  que  nous  nous  en  remettons  complète- 
ment dans  ces  circonstances  à son  flair  et  à son  tact.  Nous 
ajouterions  cependant  encore  qu’étant  données  les  conditions 
actuelles  de  la  chirurgie,  dès  lors  que  l’on  a soin  d'opérer 
antiseptiquement,  ou  que  l’on  peut  opérer  aseptiquement,  ce 
qui  vaut  encore  mieux,  l’opération  du  trépan  ne  fait  courir 
directement  aucun  risque  au  malade  ou  au  blessé,  ce  qui  doit 
encourager  le  chirurgien  à devenir  téméraire  , — le  mot  nous 
échappe,  qu’on  nous  le  pardonne,  — et  à ne  pas  craindre  un 
échec  dans  les  résultats  qu’il  attend  de  l’opération  en  ce  qui 
concerne  la  cessation  des  phénomènes  morbides  contre  les- 
quels il  dirige  la  trépanation. 

Ceci  dit,  voici  le  plan  que  nous  suivrons  dans  l’exposé  de 
notre  travail. 


- 17  - 


Nous  donnerons  d’abord  l’exposé  des  procédés  employés 
pour  les  déterminations  de  topographie  crânio-cérébrale  ; 
puis  pour  chaque  sillon  et  circonvolution  un  historique  aussi 
complet  que  possible. 

Nous  exposerons  ensuite  le  résultat  de  nos  expériences. 

Nous  terminerons  par  quelques  considérations  sur  les  pro- 
cédés à employer  pour  découvrir,  facilement  et  exactement  les 
centres  moteurs. 

Cette  disposition  des  matières  nous  a paru  la  plus  logique  et 
la  plus  rationnelle. 


Tel  qu’il  est , notre  travail  est- il  parfait  ? Loin  de  nous  la 
prétention  de  l’affirmer.  Mais  ce  que  nous  avons  le  devoir  de 
dire,  c’est  qu’il  fait  l’historique  complet  de  la  question  ; c’est 
qu’il  simplifie  et  précise  les  procédés  et  qu’il  met  entre  les 
mains  du  chirurgien  qui  se  décidera  à appliquer  une  couronne 
de  trépan  sur  le  crâne , une  méthode  aussi  simple  et  aussi 
rapide  que  sûre  pour  découvrir  les  centres  corticaux  des 
hémisphères  du  cerveau.  En  cela,  nous  croyons  avoir  accompli 
un  réel  progrès  sur  nos  devanciers,  — et  ce  qui  est  plus  digne 
d’attention  et  de  remarque,  — un  progrès  en  thérapeutique 
chirurgicale.  Enfin,  à l’exemple  de  Montaigne,  nous  aussi  nous 
pourrions  écrire  en  frontispice  de  ce  travail  : « C’est  icy  un  livre 
de  bonne  foy  ».  (1). 

Œuvre  laborieuse  , résultat  de  longues  et  patientes  recher- 
ches, nous  présentons  notre  mémoire  avec  confiance  à la  haute 
appréciation  de  la  Faculté. 


(1)  Toutes  les  pièces  (crânes  et  cerveaux)  qui  ont  servi  à exécuter  ce 
travail  sont  conservées  à l’Institut  anatomique  de  la  Faculté. 


2 


— 19  - 


CHAPITRE  PREMIER. 

PROCÉDÉS  DE  TOPOGRAPHIE  CRANIO- 
ENCÉPHALIQUE. 


De  nombreux  procédés  ont  été  employés  pour  les  détermi- 
nations de  topographie  cranio-cérébrale.  Nous  allons  les  passer 
rapidement  en  revue. 

Procédé  de  Cirât  fol  et  : MOULES  INTRACRANIENS. 

Gratiolet  n’a  pas  publié  le  procédé  qu’il  avait  employé 
mais  l’a  communiqué  en  1862  à Broca  qui  l’a  fait  connaître. 

Gratiolet  coulait  du  plâtre  dans  la  cavité  crânienne,  puis 
traçait  sur  le  moulage  ainsi  obtenu  les  sutures  et  les  scissures, 
en  prenant  des  mesures  sur  le  cerveau  exposé  devant  lui . 

On  a reproché  à ce  procédé  l’absence  de  points  de  repère 
communs  au  crâne  et  au  cerveau,  et  la  déformation  de  ce 
dernier,  sorti  de  la  boîte  crânienne. 

Procédé  de  P.  Broca  : FICHES. 

Avant  de  se  servir  des  fiches,  Broca  pratiquait  des  coupes 
sur  des  têtes  fraîches,  pour  ses  déterminations  de  topographie 
cranio-cérébrale.  Ce  procédé  ne  permettait  qu’une  seule  expé- 
rience sur  chaque  individu. 


— 20  - 


En  1861,  Broca  inventa  le  procédé  « Des  fiches  ».  — Ce 
procédé  consiste  à enfoncer  à travers  le  crâne  préalable- 
ment dénudé  des  chevilles  de  bois  dans  le  cerveau , par  de 
petites  perforations  faites  à la  drille  ou  au  poinçon.  Les  fiches 
sont  de  2 à 3 centim.  pour  la  surface,  et  de  3 à 5 et  plus  pour 
la  profondeur. 

Les  fiches  enfoncées,  on  procède  à la  coupe  du  crâne  suivant 
le  plan  glabello-iniaque.  Puis  on  extrait  le  cerveau  dans  la 
calotte,  on  pose  le  cerveau  sur  sa  base  et  on  enlève  les  mé- 
ninges. On  mesure  les  distances  qui  séparent  les  fiches  des 
sillons,  directement  sur  le  cerveau,  en  tenant  compte  des  défor- 
mations subies,  et  on  les  rapporte  au  crâne,  ou  on  les  mesure 
sur  le  crâne,  « après  avoir  tracé  sur  lui  la  topographie  cranio- 
cérébrale  à la  place  respective  qu’elle  doit  occuper  relativement 
aux  perforations  ».  (De  la  Foülhoüze). 

Toutes  les  mensurations  sont  prises  dans  le  sens  antéro- 
postérieur et  transversal,  jamais  d’obliques. 

Broca  s’est  servi  de  neuf  fiches,  dont  six  pour  les  scissures, 
et  trois  supplémentaires  pour  les  sillons.  Il  enfonce  trois  fiches 
dans  la  suture  coronalo  pour  les  mesures  « rolando-coronales  » 
(fiches  bregmatique,  stéphanique,  ptérique);  deux  fiches  dans  la 
suture  lamdoïde  pour  les  mesures  « occipito-lambdoïdiennes  » 
(fiches  lambdoïde  interne  et  lambdoïde  moyenne)  ; une  fiche  au 
point  culminant  de  la  suture  écailleuse  (fiche  temporale)  pour 
la  mesure  « sylvio-temporale  ».  La  fiche  ptérique  sert  en  outre 
pour  la  détermination  de  la  scissure  de  Sylvius. 

Les  trois  fiches  supplémentaires  pour  les  sillons  sont  les 
fiches  frontale  et  pariétale,  enfoncées  au  sommet  des  bosses  de 
même  nom,  et  une  fiche  obélique.  D’après  Broca  lui-même, 
les  fiches  frontale  et  pariétale  sont  difficiles  à placer,  et  il  faut 
le  plus  souvent,  pour  trouver  la  bosse  pariétale,  faire  tomber 
sur  la  suture  sagittale  une  perpendiculaire  arrivant  au  point  le 
plus  élevé  de  l’obélion. 

Broca  a indiqué  les  avantages  de  son  procédé,  facile,  rapide 


- 21  - 


ne  détériorant  pas  le  crâne.  Il  permet  d’obtenir  des  dessins 
plans  ou  des  dessins  sur  le  relief  du  crâne,  ce  que  ne  peuvent 
donner  les  procédés  graphiques.  Toutefois,  il  reconnaît  l’avan- 
tage des  méthodes  graphiques,  quand  on  ne  craint  pas  une 
grande  dépense  de  temps,  et  quand  on  désire  avoir  l’ensemble 
des  rapports  topographiques  cranio -cérébraux  chez  un  ou 
plusieurs  sujets. 

De  la  Foulhouze  (1876)  a employé  le  procédé  de  Broca. 
Poirier  s’en  est  également  servi  dans  la  plupart  des  cas.  Il 
injecte  artères  et  veines.  Ses  expériences  ont  porté  sur  50 
adultes  des  deux  sexes  et  20  enfants. 

Procédé  de  Bîscliofr  (1868). 

C’est  le  procédé  de  Broca  qui  a changé  de  nom  en  Allemagne, 
mais  qui  ne  diffère  de  celui  de  Broca  que  parce  que  Bischoff 
a employé  des  chevilles  de  fer  au  lieu  de  chevilles  de  bois. 


Procédé  de  HePtler  (1873)  : NORMAS  CRANIENNES. 

Ce  procédé  a été  inspiré  à Heftler  parle  professeur  Landzert 
C’est  un  procédé  graphique,  qui  s’exécute  de  la  façon  sui- 
vante : on  détache  du  tronc  la  tête  avec  le  cou,  on  rase  les  che- 
veux, et  on  injecte  dans  les  carotides  une  solution  alcoolique  de 
chlorure  de  zinc  additionnée  de  glycérine  et  d’acide  phénique. 
On  place  la  tête  dans  une  caisse  cubique  et  on  y coule  du  plâtre. 

On  enlève  ensuite  une  paroi  de  la  caisse  et  la  couche  de 
plâtre  correspondants  de  façon  à découvrir  un  des  côtés  de  la 
tête,  et,  au  moyen  du  diopter  de  Lucœ  (instrument  qui  donne 
des  projections  géométrales,  et  évite  les  erreurs  de  perspec- 
tive), on  fait  au  crayon  noir  un  premier  dessin  des  contours  de 
la  tête.  On  enlève  ensuite  toutes  les  parties  molles,  et  on  fait 
au  crayon  rouge  un  second  dessin  que  l’on  superpose  au 
précédent. 


— 22  — 


Enfin,  on  enlève  à la  scie  la  portion  de  crâne  mise  à nu,  on 
détache  les  méninges,  et  on  dessine  circonvolutions  et  scissures 
au  crayon  violet,  à l’aide  du  même  moyen  et  sur  le  même 
dessin. 

Heftler  a ainsi  expérimenté  sur  10  têtes  pour  chacune  des 
4 normas  crâniennes  : 10  têtes  de  profil, 

10  en  position  verticale, 

10  — antérieure, 

10  — postérieure, 

en  tout  28  hommes  et  12  femmes. 

Heftler  reproche  à son  procédé  deux  causes  d’erreur: 

1°  La  rétraction  du  cerveau  produite  rapidement  par  la  chlo- 
rure de  zinc  ; 

2°  L’ébranlement  causé  par  la  scie. 


Fig.  1 Construite  par  le  Pr  Debierre  d’après  les  indications  de  Heftler. 
— Norma  lateralis. 

G,  glabelle.  — B,  bregma.  — La,  Lambda.  — I,  Inion  — C,  suture  coronale. 

— L,  suture  lambdoïde.  — EE,  suture  pariéto-temporale.  — P,  ptérion.  — 
c,  stéphanion.  — A,  astérion.  — SS,  scissure  de  Sylvius.  — R R,  scissure 
de  Rolando.  — II,  sillon  iDterpariétal.  — P,  scissure  perpendiculaire  externe. 

— tt,  ligne  courbe  temporale.  — F1,  F2,  F3,  lre,  2e,  3e,  circonvolutions 
frontales. — Fa,  cire,  frontale  ascendante.  — T1,  T2,  T3,  lre,  2e,  8e  cire,  tempo- 
rales. — Pc,  lobule  du  pli  courbe  — P/,  cire,  pariétale  inférieure.  — Ps, 
cire,  pariét.  supérieure.  — Lpc,  pli  courbe.  — O1,  O2,  O3,  lre,  2l,  3e,  cire, 
occipitales.  — S l,  sinus  latéral.  — Ce,  cervelet 


- 23- 


Fig.  1.  — Rapports  du  crâne  et  du  cerveau  d’après  Heftler. 


- 24  - 


Procédé  de  Turner  (1873)  : AIRES  CRANIENNES. 

Ce  procédé  est  également  un  procédé  graphique,  mais  il  est 
tout  différent  du  dernier. 

Turner  commence  par  diviser  chaque  moitié  du  crâne  en 
10  aires  limitées  par  des  lignes  fixes.  Il  découpe  le  crâne  à la 
scie  en  suivant  ces  lignes  et  examine  les  circonvolutions  sous- 
jacentes  à chacune  de  ces  aires. 

Voici  ces  10  aires  crâniennes.  Tout  ce  qui  est  en  avant  delà 
suture  coronale  est  la  région  præcoronale  ou  frontale.  La  suture 
lambdoïde  limite  en  avant  la  région  post-lambdoïdienne  ou 
occipitale  (limitée  en  bas  par  l’inion  et  la  ligne  courbe  supé- 
rieure de  l’occipital).  La  région  pariétale  est  divisée  en  deux 
par  une  ligne  verticale,  menée  de  la  suture  squameuse  direc- 
tement en  haut  à la  suture  sagittale  à travers  la  bosse  parié- 
tale : on  obtient  ainsi  une  région  antérieure  post-coronale  ou 
antéro-pariétale  , et  une  postérieure  prælambdoïdionne  ou 
postéro-pariétale. 

La  ligne  courbe  temporale  divise  les  régions  frontale  et  parié- 
tale chacune  en  deux  parties,  l’une  inférieure,  l’autre  supé- 
rieure. 

Sous  la  suture  sphéno-pariétale,  se  trouve  la  région  sphé- 
noïdale, et  sous  la  suture  squameuse,  la  région  temporale. 

Enfin,  la  région  frontale  supérieure  est  divisée  en  deux  par 
une  ligne  antéro-postérieure  parallèle  à la  suture  métopique. 
partant  du  bord  supérieur  de  l’orbite,  et  allant  rejoindre  la 
suture  coronale  à travers  la  bosse  frontale. 

Nous  avons  ainsi  les  10  aires  crâniennes  : 

1°  Frontale  ou  præcoronale  supérieure  : 

2°  — — moyenne  ; 

3°  — — inférieure  ; 

4°  Antéro-pariétale  ou  post-coronale  supérieure  ; 

5°  — — inférieure  ; 


- 25  - 


6°  Postéro-pariétale  ou  prælambdoïdienne  supérieure  ; 
7°  — — inférieure  ; 

8°  Post-lambdoïdienne  ou  occipitale  ; 

9°  Sphénoïdale; 

10°  Squamoso-temporale. 


Eig.  2.  — Rapports  des  circonvolutions  et  du  crâne  d’après  Turner. 

R,  scissure  de  Rolaudo. — PO,  scissure  perpendiculaire  externe. — S S,  scissure  de 
Sylvius.  — X,  centre  de  la  bosse  pariétale.  — SF,  aire  frontale  supérieure.  — 
M F,  aire  frontale  moyenne.  — IF,  aire  frontale  inférieure.  — SAP,  I A P, 
aires  antéro-pariétales  supérieure  et  inférieure.  — O,  aire  occipitale  — S q, 
aire  squamoso-temporale.  — AS,  aire  ali-sphénoïdale. 


On  a reproché  à ce  procédé  de  devenir  inexact  à la  fin  de 
l’opération  , à cause  de  l’aplatissement  du  cerveau.  En  outre, 


- 26  - 


Broca  (1876)  fait  remarquer  que  Turner  ne  figure  que  la  norma 
latérale  ou  de  profil,  et  que  le  nombre  de  ses  observations  est 
probablement  très  restreint. 

J’ajouterai  que  la  section  du  crâne  par  petits  morceaux  et 
en  suivant  rigoureusement  des  lignes  courbes  me  semble  d'une 
difficulté  d’exécution  peu  engageante. 

Procédé  de  Féré  (1875).  COUPES  ET  CONGÉLATION. 

Pour  les  parties  superficielles  du  cerveau.  Feré  s’est  servi 
du  procédé  de  Broca,  mais  il  s’est  attaché  à maintenir  la  tête 
dans  la  position  verticale  pour  pratiquer  ses  expériences  (1). 
Il  a appliqué  le  procédé  chez  54  vieilles  femmes  (1875)  et  8 vieil- 
lards (1876). 

Pour  les  parties  profondes,  corps  strié  et  couche  optique, 
Féré  a pratiqué  des  coupes  horizontales  et  verticales  sur  des 
cerveaux  congelés.  — Poirier  a eu  recours  3 fois  à la  congé- 
lation, et  Symington  (Edimbourg,  1887)  Ta  également  employée 
4 fois. 


Procédé  d'Ecker  (1876). 

Voici  le  procédé  d’EcKER  d’après  la  traduction  de  Broca 
dans  la  Revue  d’anthropologie  : « J’ai  scié  une  tête  fraîche  sur 
la  ligne  médiane,  après  avoir  indiqué  la  position  des  sutures  à 
l’aide  des  fiches  introduites  suivant  le  procédé  de  Bischoff- 
Broca  ; alors,  j’ai  extrait  les  deux  moitiés  du  cerveau  ; je  des- 
sine au  moyen  du  diopter  (de  Lucœ)  les  principaux  sillons  et  cir- 
convolutions avec  les  fiches , et  faisant  reposer  les  deux 


(1)  Il  pratique  comme  Broca  les  perforations  à 15  millim.  de  la  ligne 
médiane  pour  éviter  le  sinus  longitudinal. 

Pour  faire  apparaître  les  sutures  chez  les  vieillards,  il  les  enduit  d’encre 
qui  pénètre  dans  les  interstices  et  les  fait  ressortir  (Féré,  1876). 


— 27  - 


hémisphères  horizontalement  sur  leur  plan  de  section,  je  les 
conserve  dans  une  solution  de  chlorure  de  zinc,  et,  plus  tard, 
dans  l’alcool.  Prenant  alors  les  deux  moitiés  du  crâne,  j’enlève 
la  dure-mère,  je  dessine  sur  leur  face  interne,  avec  de  la  laque 
blanche,  le  trajet  des  sutures,  et  j’y  coule  du  plâtre  (probable- 
ment du  plâtre  coloré)  (1).  Sur  le  moule  intracrânien  ainsi 
obtenu,  les  sutures  se  dessinent  en  blanc,  et  lorsqu’on  compare 
le  moule  avec  le  cerveau,  les  rapports  de  celui-ci  avec  la  sur- 
face de  celui-là  se  laissent  apprécier  avec  toute  l’exactitude 
désirable.  » 

Ecker  a fait,  par  ce  procédé,  des  recherches  sur  un  crâne 
d’un  jeune  allemand,  afin  de  connaître  les  rapports  cranio- 
cérébraux  normaux  et  pour  pouvoir  ensuite  les  comparer  à 
ceux  de  6 crânes  déformés  (fiatheads,  têtes  plates)  de  l’Orégon 
et  1 crâne  de  l’Alaska. 

Son  procédé  est  en  somme  un  arrangement  mitigé  des  pro- 
cédés de  Gratiolet  et  de  Broca. 


Procédé  de  W.  Anderson  et  Makins  (1889). 

Ce  procédé  est  à peu  de  chose  près,  comme  nous  le  verrons, 
celui  que  nous  avons  employé. 

Il  se  compose  de  trois  séries  d’opérations.  Anderson  et 
Marins  ont  fait  leurs  expériences  sur  56  sujets  ; 6 pour  la  pre- 
mière série  d’opérations,  20  pour  la  seconde  et  30  pour  la 
troisième. 

1°  Ils  enlèvent  la  moitié  de  la  voûte  du  crâne  de  façon  à 
découvrir  un  hémisphère  et  ses  méninges.  Ils  incisent  la  dure- 
mère  pour  permettre  de  reconnaître  les  scissures  de  Rolando, 
de  Sylvius  et  perpendiculaire  externe.  Ensuite,  la  dure-mère 


(1)  Nous  avons  trouvé  dans  le  texte  le  mot  « Leimausguss  » dont  le 
sens  littéral  est  « moule  en  colle  forte  ». 


- 28  — 


est  recousue,  et  ils  tracent  en  couleur  à sa  surface  les  contours 
des  sillons.  La  calotte  crânienne  est  remise  en  place  , et  la 
tête  est  retournée  de  façon  à faire  imprimer  sur  l’intérieur  du 
crâne  les  sillons  tracés  à la  couleur.  La  calotte  crânienne  est 
enlevée  de  nouveau.  On  perfore  le  crâne  sur  le  trajet  des 
sillons,  afin  de  permettre  de  tracer  à sa  surface  un  plan  du  cer- 
veau suffisamment  exact  pour  servir  de  base  aux  expériences 
suivantes. 

2°  Les  recherches  précédentes  ont  permis  de  trouver  à la 
surface  de  crâne  des  points  de  repère  pour  la  détermination 
des  sillons  et  circonvolutions.  Pour  vérifier  l’exactitude  des 
premiers  résultats,  on  enfonce  des  fiches  par  des  perforations 
faites  au  niveau  des  points  cherchés  du  cerveau . 

L’ablation  de  la  calotte  laisse  voir  quelles  ont  été  les  erreurs. 

Anderson  et  Marins  représentent  sur  un  seul  schéma  du 
crâne  les  points  qui  ont  correspondu  aux  différents  endroits 
cherchés  des  sillons.  Ils  obtiennent  ainsi  une  figure  pointillée 
indiquant  toutes  les  variations  de  situation  des  sillons  qu'ils 
ont  observées.  Ils  construisent  trois  lignes  qui  servent  à toutes 
leurs  déterminations  topographiques  (Voyez  fig.  7 et  8). 

3°  Ils  ont  en  outre  fait  une  longue  série  d’expériences  pour 
vérifier  les  rapports  du  cerveau  avec  les  sutures  et  bosses  du 
crâne. 

Le  procédé  d’ Anderson  et  Marins  nous  paraît  très  satisfai- 
sant, mais  divisé  comme  il  l’est  en  trois  parties,  il  demande 
pour  être  appliqué  un  grand  nombre  de  cadavres. 


Procédé  de  HiiKler  (1889). 

Ce  procédé,  tout  différent  des  autres,  et  employé  dans  un 
but  différent,  a été  indiqué  à Müller  par  le  professeur 
Burcrhardt.  Il  permet  de  découvrir  tous  les  points  du  cerveau 


- 29  - 


sans  s’inquiéter  des  sutures.  La  méthode  est  simple,  en  voici 
l’exposé  : 

Müller  commence  par  déterminer  le  contour  horizontal  du 
crâne  en  suivant  la  ligne  naso-iniaque  qui  se  trouve  dans  le 
plan  de  Rieger.  Ce  plan  correspond  à peu  près  à la  base  du 
cerveau.  Le  point  antérieur,  point  frontal,  se  trouve  sur  la 
ligne  médiane,  à la  hauteur  des  bords  inférieurs  des  milieux 
des  sourcils  et  correspond  à la  suture  naso-coronale.  Le  point 
postérieur  est  Limon  ou  protubérance  occipitale  externe. 
Pour  construire  la  première  ligne,  qu’il  appelle  l’arc  horizontal, 
Müller  réunit  ces  deux  points  en  passant  au-dessus  du  pavillon 
de  l’oreille.  Il  construit  une  seconde  ligne  antéro-postérieure 
réunissant  les  mêmes  points  et  passant  sur  la  ligne  médiane  ; 
c’est  l'arc  sagittal.  Les  longueurs  de  ces  deux  arcs  sont  mesu- 
rées en  centimètres,  puis  divisées  en  centièmes  parties,  et 
toutes  les  mesures  à prendre  sur  ces  arcs  seront  désormais 
comptées  en  centièmes  d’arc. 

Ceci  fait,  et  après  avoir  pris  les  mesures  : indice  céphalique, 
distance  bi-auriculaire , Müller  enlève  les  téguments  et 
reprend  les  mêmes  mesures  sur  le  crâne  en  se  guidant  sur  des 
marques  soigneusement  faites  après  les  premières  mesures  aux 
points  de  départ  de  ces  mesures.  On  remplace  ensuite  les 
téguments  par  une  épaisseur  égale  d’étoffe.  On  fixe  le  mètre 
qui  sert  à mesurer  les  arcs,  et,  on  construit  7 lignes  de  jonc- 
tion allant  d’un  arc  à l’autre,  et  placés  à une  distance  de  10/100 
d’arc  les  unes  des  autres.  Ces  lignes  de  jonction  sont  divisées 
en  centièmes  parties,  et  on  note  des  « centres  de  trépanations  » 
à 20,  30,  40,  50  etc.,  centièmes  selon  les  lignes,  en  comptant 
toujours  à partir  de  l’arc  horizontal.  On  obtient  ainsi  38  centres 
ainsi  numérotés  : 


- 30  - 


SÉRIES. 

Sur  les  perforations  faites 
sur  la  ligne  de  jonction  qui 

réunit  les % des 

deux  arcs. 

A °/0  sur  la 

ligne  de  jonction. 

Se  trouvenl 
A gauche. 

t les  centres 
A droite. 

I 

20 

50 

1 

2 

1 

l 30 

3 

4 

II 

30  « 

| 60 

5 

6 

i 25 

7 

8 

III 

40  < 

50 

9 

10 

‘ 75 

11 

12 

20 

13 

14 

IV 

50  < 

) 40 

15 

16 

) 60 

17 

18 

80 

19 

20 

20 

21 

22 

V 

60  < 

| 40 

23 

24 

) 60 

25 

26 

80 

27 

28 

> 25 

29 

30 

VI 

70  < 

50 

31 

32 

' 75 

33 

34 

VII 

80 

) 30 

35 

36 

) 60 

37 

38 

Puis  Müller  pratique  en  ces  points  déterminés  des  couronnes 
de  trépan  d’un  diamètre  de  deux  centimètres  ; il  déchire  la 
dure-mère  aux  endroits  trépanés  et  colore  au  bleu  de  méthyle 
les  parties  du  cerveau  qui  apparaissent  par  la  perforation. 

Sa  méthode  lui  a permis  d’étudier  à quels  points  du  cerveau 
correspondent  ces  38  trous,  et,  en  outre,  de  rechercher  des 


- 31  - 


lignes  spéciales  correspondant  à des  points  plus  particulière- 
ment intéressants.  — Il  a appliqué  son  procédé  sur  14  crânes, 
mais  dans  les  4 premiers,  les  trous  ont  été  faits  d’une  façon 
différente  et  les  résultats  ne  peuvent  être  comparés.  Dans  2 
autres  crânes,  les  lignes  de  jonction  ont  été  placées  un  peu  en 
avant,  de  façon  à éviter  les  sutures  , mais  de  permettre  néan- 
moins de  comparer  les  résultats. Total  483  trous.  (V.  fig.  3 et  4). 

Les  10  individus  étaient  6 hommes  et  4 femmes  de  17  à 71 
ans.  Il  a obtenu  des  résultats  un  peu  variables  à cause  : 

1°  Des  variétés  individuelles  : 

2°  De  la  déformation  du  cerveau  dans  le  décubitus  dorsal, 
déformation  qu’il  a étudiée  spécialement  ; 

3°  De  la  situation  variable  de  l’inion. 

Procédé  de  Zernov  (1890). 

Plus  récemment  encore  Zernoy  a employé  un  procédé  qui 
nous  paraît  se  rapprocher  beaucoup  de  celui  de  Mùller.  Il 
donne  les  contours  de  n’importe  quelle  partie  du  cerveau 
rapportés  sur  un  réseau  analogue  à celui  des  cartes  géogra- 
phiques. On  détermine  ainsi  chaque  point  de  l’encéphale  à 
l’aide  de  degrés  de  longitude  et  de  latitude  Zernoy  a cons- 
truit un  encéphalomètre  à cet  usage  et  établi  des  tables  permet- 
tant de  déterminer  la  partie  du  crâne  correspondant  à tel  ou 
tel  point  du  cerveau. 


— 32  — 


Position  des  centres  de  trépanation  de  Muller  sur  la  surface  du  crâne  (fig.  3) 
et  du  cerveau  (fig.  4).  Les  centres  de  trépanation  sont  numérotés  ; en  outre,  les 
chiffres  au-dessous  du  trait  dans  les  cercles  de  la  figure  3 indiquent  à quelle  hau- 
teur en  centièmes  de  la  ligne  de  jonction  se  trouvent  ces  centres.  Les  deux  arcs 
horizontal  et  sagittal  sont  divisés  en  dixièmes  aux  points  marqués  10,  20,  30,  etc., 
et  les  divisions  correspondantes  des  deux  arcs  sont  reliées  par  les  lignes  de  jonc- 
tion sur  lesquelles  se  trouvent  les  centres. 


- 33  — 


Procédé  de  Féré  pour  les  enfants. 

Féré,  en  1877,  pour  l’étude  du  développement  du  cerveau 
considéré  dans  ses  rapports  avec  le  crâne,  a employé  un 
procédé  spécial  : 

Chez  les  enfants , après  avoir  dénudé  le  crâne,  il  enfonce 
dans  les  fontanelles  des  chevilles  destinées  à maintenir  les 
rapports  du  cerveau  et  du  crâne,  puis  il  incise  la  membrane 
interpariétale,  le  long  de  la  ligne  sagittale  en  dehors  de  la 
faux  du  cerveau  et  sépare  le  pariétal  du  frontal  jusqu’au 
ptérion  et  de  l’occipital  jusqu’à  l’astérion.  La  dure-mère  est 
incisée  sur  les  mêmes  lignes.  L’écartement  des  pariétaux  que 
l’on  peut  ainsi  obtenir  suffit  pour  voir  le  sillon  deRolando  et  la 
scissure  perpendiculaire  externe.  Pour  étudier  leurs  rapports  , 
il  suffit  de  mesurer  les  distances  qui  séparent  le  sillon  de 
Rolando  du  bord  de  l’os  frontal , et  la  scissure  perpendiculaire 
externe  du  bord  de  l’occipital.  Pour  la  scissure  de  Sylvius  , il 
faut  détacher  complètement  le  pariétal  du  temporal,  ce  qui, 
d’après  Féré  lui-même,  est  très  peu  satisfaisant,  parce  qu’a- 
lors  « rien  n’empêche  plus  l’affaissement  » du  cerveau. 


Procédé  de  Dana  (1889). 

Dana  s’est  également  servi  d’un  procédé  spécial  pour  les 
enfants  (5  observations). 

Il  commence  par  dessiner  la  position  théorique  des  scissures 
sur  le  cuir  chevelu.  Il  fait  un  trou  directement  dans  le  cerveau 
aux  différents  points  dont  il  faut  établir  les  rapports,  et  injecte 
un  liquide  de  teinture.  La  moitié  de  la  calotte  crânienne  est 
alors  enlevée,  les  points  d’injection  étudiés  en  rapport  avec  les 
circonvolutions,  et  l’on  mesure  les  distances  des  points  obtenus 
aux  points  théoriques. 


/ 


- 34  - 

Nous  pouvons  encore  décrire  rapidement  ici  deux  procédés 
spéciaux,  l’un  pour  découvrir  les  régions  motrices,  l’autre  pour 
la  recherche  du  sillon  de  Rolando. 

Procédé  de  Seeligmüllcr  (1877). 

Seeligmüller,  pou  r découvrir  la  région  motrice , scie  une  bande 
d’os  large  de  4 centim.,  qui  commence  entre  les  bosses  fron- 
tales et  court  vers  l’occiput  en  suivant  la  ligne  médiane  et  se 
termine  à 3 centim.  en  arrière  de  la  petite  fontanelle.  Ensuite, 
il  opère  sur  chaque  moitié  du  crâne  deux  sections  plus  ou 
moins  verticales.  La  coupe  antérieure  commence  à 2 centim. 
en  arrière  de  l’extrémité  médiane  de  la  suture  coronale  et  se 
termine  à 1 centim.  en  arrière  de  l’extrémité  latérale  de  cette 
même  suture  au  niveau  de  la  suture  pariéto-temporale.  La 
seconde  coupe  se  trouve  à environ  3 centim.  en  arrière  de  la 
précédente  et  court  parallèlement  à elle  ou  en  convergeant  un 
peu.  Ensuite,  il  coupe  à l'endroit  de  la  suture  pariéto-tempo- 
rale les  ponts  d’os  qui  tiennent  encore,  et  obtient  une  fenêtre 
qui  découvre  les  régions  motrices. 

Seeligmüller  par  ce  procédé  doit  fatalement  se  trouver  tou- 
jours trop  en  avant. 

Procédé  de  Cliiorugi  (1886). 

Chiarugi,  en  vue  de  déterminer  le  sillon  de  Rolando,  emploie 
le  procédé  suivant  : 

11  cherche  les  deux  extrémités  de  la  scissure  au  moyen  du 
procédé  de  Rroca,  puis  scie  le  crâne  circulairement,  enlève  le 
cerveau,  incise  la  dure-mère  pour  découvrir  le  sillon  et  voit  si 
les  fiches  sont  bien  enfoncées  dans  les  extrémités  cherchées. 
S’il  y a une  erreur,  il  la  note  ; en  tout  cas,  elle  est  insignifiante. 
Ensuite,  il  moule  la  cavité  crânienne,  et  avant  d’enlever  la 
calotte,  marque  le  moule,  en  passant  une  fiche  trempée  à 


- 35  - 


l’encre  dans  les  perforations.  Les  erreurs  notées  précédem- 
ment sont  reportées  sur  le  moule. 

Voulant  à notre  tour  étudier  la  question  de  la  topographie 
crânio- cérébrale,  nous  avons  passé  en  revue  les  différents  pro- 
cédés employés  jusqu’ici.  Celui  de  Gratiolet  ne  pouvait  nous 
arrêter,  il  a conduit  l’habile  anatomiste  qui  l’employait  à des 
erreurs  considérables.  Celui  de  Broca  est  sans  doute  un  pro- 
cédé suffsamment  exact,  bien  que  prêtant  encore  à l’erreur, 
mais  il  ne  met  pas  sous  les  yeux  les  relations  complètes  du 
crâne  et  du  cerveau,  et  c’est  pour  cette  raison  que  nous  avons 
laissé  de  côté  cette  méthode  et  que  nous  avons  employé  un 
procédé  graphique.  Parmi  ces  procédés,  le  plus  exact  nous 
paraît  être  celui  de  Heftler,  mais  il  est  très  long,  très  compliqué, 
exige  beaucoup  de  cadavres,  et  nous  lui  avons  préféré  une 
modification  du  procédé  d’ Anderson  et  Marins  due  au  profes- 
seur Debierre  et  dont  nous  allons  donner  l’exposé. 

Procéilé  de  l’autogravure  cérébrale 

(Debierre  et  Le  Fort). 

Ce  procédé  consiste  à faire  imprimer  au  cerveau  lui-même 
ses  sillons  et  circonvolutions  sur  le  crâne.  Voici  les  divers 
temps  de  l’opération.  On  fait  sur  une  tête  fraîche  une  incision 
au  cuir  chevelu  allant  d’une  oreille  à l’autre.  Les  deux  lam 
beaux  sont  rejetés  l’un  en  avant,  l’autre  en  arrière.  On  enlève 
à la  scie  la  moitié  (gauche)  de  la  calotte  crânienne  en  prenant 
bien  garde  de  ne  pas  entamer  ni  la  dure-mère  ni  surtout  le 
cerveau . La  section  horizontale  du  crâne  se  fait  en  suivant  le 
plan  glabello-iniaque  horizontal;  la  section  verticale  à 1 centim. 
de  la  ligne  médiane. 

La  dure-mère  est  mise  à nu , puis  incisée  sur  son  bord 
sagittal  à lctml/2  ou  2 centim.  de  la  ligne  médiane  , et  deux 


- 36  - 


fentes  perpendiculaires  à cette  première  incision  sont  prati- 
quées l’une  à la  partie  antérieure,  l’autre  à la  partie  posté- 
rieure de  la  membrane  fibreuse,  de  façon  à pouvoir  ainsi  en 
écarter  un  panneau.  Le  cerveau  est  examiné  avec  soin , on 
reconnaît  toutes  les  scissures  et  sillons  après  avoir  délicate- 
ment détaché  la  pie-mère  , et , réappliquant  sur  le  cerveau  la 
dure-mère  bien  essuyée,  on  dessine  à l’encre  à sa  surface  , à 
mesure  qu’on  en  recouvre  le  cerveau,  les  sillons  et  circonvo- 
lutions avec  lesquelles  elle  est  en  rapport.  La  dure-mère  doit 
être  replacée  très  exactement  dans  la  position  qu'elle  occupait 
d’abord , opération  qui  demande  le  plus  grand  soin.  Pour 
empêcher  que  le  cerveau  ne  se  déforme , on  laisse  le  plus 
de  dure-mère  possible  en  avant  et  en  arrière  ; celle-ci  le 
maintient.  Quand  tous  les  sillons  et  toutes  les  circonvolutions 
sont  dessinées  sur  la  dure-mère,  on  recoud  cette  membrane  et 
on  repasse  les  premiers  traits  avec  une  couleur  grasse.  La 
voûte  du  crâne  bien  essuyée  est  remise  en  place,  et  en  retour- 
nant la  tête , on  obtient  sur  l'endocrâne  le  tracé  des  sillons 
et  circonvolutions.  Les  traits  sont  repassés  à l’encre , et  l’on 
pratique  des  perforations  au  moyen  d’une  drille  armée  d’un 
foret  le  long  des  sillons  que  l’on  désire  étudier.  On 
obtient  ainsi  sur  la  surface  externe  du  crâne  le  tracé  des 
sillons  et  des  circonvolutions;  mais,  pour  éviter  toute  erreur, 
nous  nous  sommes  toujours  servis  du  procédé  de  contrôle 
suivant  : 

Le  crâne  est  remis  en  place  ; on  enfonce  par  chacune  des 
perforations  de  petites  fiches  en  fer  ou  en  bois  dans  la  subs- 
tance cérébrale , et  le  crâne  de  nouveau  enlevé , on  examine 
l’endroit  où  les  fiches  sont  tombées. 

Si  les  fiches  sont  tombées  exactement  dans  le  sillon  , on  le 
dessine  sur  l’exocrâne  en  se  guidant  sur  la  ligne  générale  des 
perforations.  Si  les  fiches  sont  tombées  à quelques  millimètres 
du  sillon  , on  reporte  sur  le  crâne  la  distance,  mais  augmentée 


- 37  - 


proportionnellement  au  rapport  des  diamètres  crâniens  aux 
diamètres  cérébraux. 

On  obtient  ainsi  sur  la  surface  du  crâne  la  représentation 
exacte  des  circonvolutions  cérébrales  sous-jacentes. 

Nous  avons  appliqué  ce  procédé  de  recherches  topogra- 
phiques sur  20  sujets  d’âge  et  de  sexe  différents.  On  verra 
plus  loin  les  résultats  que  nous  avons  obtenus. 

C’est  le  procédé  courant  dont  nous  nous  sommes  servis  ; 
mais  sur  certaines  têtes,  et  pour  être  plus  sûrs  que  le  cerveau 
ne  subissait  aucune  déformation  pendant  l’opération , nous 
avons  suivi  une  méthode  différente  qui,  du  reste,  nous  a prouvé 
que  notre  procédé  général  était  bon  et  que  nous  pouvions 
entièrement  nous  fier  à lui.  Cette  méthode  consiste  à mettre 
à nu  la  dure-mère  comme  précédemment  ; mais  , au  lieu 
d'abattre  un  panneau  de  cette  coque  fibreuse  pour  mettre  à 
jour  la  surlace  du  cerveau  , nous  lui  faisons  simplement  une 
fenêtre  rectangulaire  le  long  du  trajet  approximativement 
connu  du  sillon  de  Rolando.  Cela  fait,  nous  déchirons  la  pie- 
mère  avec  précaution  pour  mettre  à nu  le  sillon  ; et  celui-ci 
une  fois  bien  reconnu  , nous  traçons  son  siège  exact  sur  le 
petit  pont  de  dure-mère  que  nous  avons  abattu  ; puis,  nous 
relevons  ce  pont  ; nous  le  suturons  soigneusement  au  reste  de 
la  dure-mère,  et  il  ne  reste  plus  dès  lors  qu’à  suivre  la  ligne 
précédemment  tracée  à l’encre  avec  le  pinceau  trempé  dans  un 
mastic  coloré  pour  obtenir  l’impression  du  sillon  sur  l’endo- 
crâne.  On  peut  successivement  opérer  de  la  sorte,  on  le  conçoit, 
sur  les  autres  scissures.  Le  procédé  n a qu’un  tort,  c’est  d’exi- 
ger beaucoup  de  temps.  Nous  avons  encore  opéré  différemment 
pour  atteindre  une  précision  plus  grande.  Le  pont  de  dure-mère 
précédent  une  fois  rabattu  , nous  découvrons  la  scissure  que 
nous  voulons  mettre  à la  lumière  en  déchirant  la  pie-mère  ; 
puis,  avant  de  remettre  ce  pont  en  place,  nous  le  faisons  tremper 
un  certain  temps  dans  de  l’essence  de  térébenthine,  ou  mieux  de 
l’éther,  nous  l’étalons  sur  un  petit  liège  sans  le  tirailler  et  lors- 


- 38  - 

qu’il  est  evenu  transparent , nous  le  suturons  comme  nous 
faisons  dans  notre  procédé  ordinaire.  11  laisse  alors  voir  à 
travers  lui  le  sillon  cherché,  et  il  ne  reste  qu’à  le  dessiner  à 
sa  surface  avec  le  pinceau  chargé  de  matière  colorante.  On 
peut  aussi  remplacer  le  panneau  de  dure-mère  que  l’on  abrase 
alors  complètement  par  une  baudruche  transparente  qui 
laisse  voir  la  surface  du  cerveau  comme  au  travers  d’une 
vitre. 


- 39  - 


CHAPITRE  IL 

CRANE  ET  CERVEAU.  - RAPPORTS  DES  LOBES 
CÉRÉBRAUX. 


1.  — Le  crâuc  et  le  cerveau. 

L’étude  de  la  topographie  cranio-cérébrale  doit  être  précédée 
d’une  étude  rapide  du  crâne  et  du  cerveau.  Nous  nous  conten- 
terons de  renvoyer  le  lecteur  aux  figures  que  nous  avons 
jointes  à notre  travail.  L’une  (fig.  5)  représente  le  crâne  avec 
ses  sutures,  et  donne  l’indication  de  ses  points  singuliers. 
L’autre  (fig.  6j  est  un  schéma  des  circonvolutions  cérébrales. 

Voici  en  outre  quelques  dimensions  en  centimètres  du  crâne 
et  de  ses  diamètres  intéressantes  à connaître. Elles  sont  extraites 
d’un  travail  important  de  Dana  (1889). 

ADULTES. 


M. 

F. 

Variations  physiol. 

Circonférence  totale  du  crâne.. 

52 

50 

48,5 

à 57,4 

Arc  bi-auriculaire 

32 

31 

28,4 

à 35 

Volume  du  crâne  (1) 

1500 

1300 

1201 

à 1751 

Arc  naso-occipital 

32 

31 

28, 

à 38 

Arc  naso-bregmatique.  » 

12,5 

12 

10,9 

à 14,9 

Arc  bregmato-lambdatique. . . 

12,5 

11,9 

9,1 

à 14,4 

Arc  lambdato-occipital 

7,0 

7,1 

Diamètre  antéro-postérieur  . . . 

17,7 

17,2 

16,5 

à 19,0 

» transverse  maximum 

14,6 

14,0 

13, 

à 16,5 

Indice  céphalique 

82,2 

83,8 

76, 

à 87 

Hauteur  de  la  face 

12,37 

10,5 

à 14,4 

Hauteur  maxima  du  crâne 

13,3 

12,3 

11,5  à 15 

(1)  D’après  Huschke  et  Benedikt. 


- 40  — 


Fig.  5.  — Crâne  avec  l’indication  de  ses  sutures,  de  ses  points  singuliers 
et  des  principaux  plans,  en  usage  dans  les  études  anthropologiques . 

or,  stéphanion  (1). 


Glabelle, 


Na£boib. 


'Inion, 


(1)  Nous  avons  placé  le  stéphanion  à l’endroit  où  la  suture  coronale 
est  croisée  par  la  ligne  courbe  temporale  inférieure,  et  non  par  la  supé- 
rieure, comme  on  le  fait  généralement,  parce  que  les  descriptions  de  Broca  se 
rapportent  au  point  inférieur  et  non  au  supérieur,  comme  l’indiqueraient  ses 
figures.  On  devrait  désigner  ces  deux  points  (quand  ils  existent  tous  deux), 
sous  les  noms  de  stéphanion  supérieur  et  de  stéphanion  inférieur  pour 
éviter  toute  confusion. 


- 41  - 


JP 


Fig.  6.  — Schéma  des  circonvolutions  cérébrales  de  l’homme. 

c,  scissure  de  Rolando.  — SS',  scissure  de  Sylvius.  — S" , branche 
verticale  de  la  scissure  de  Sylvius.  — po , . scissure  pariéto-occipitale.  — 
f1,  i2,  sillons-frontaux  supérieur  et  inférieur.  — f3,  sillon  précentral  ou  préro- 
landique.  — ip,  sillon  interpariétal  — t',  1er  sillon  temporal  ou  scissure 
parallèle  de  Gratiolet.  — t2,  2e  sillon  temporal.  0,02,  1er  et  2e  sillons  occi- 
pitaux. — F,  lobe  frontal.  — P,  lobe  pariétal.  — O,  lobe  occipital  — T,  lobe 
temporo-sphénoidal.  — Fi,  F^,  F3,  lre  2e  et  3e  circonvolutions  frontales.  — 
A,  circonvolut.  frontale  ascendante.  B,  circonv.  pariétale  ascendante.  — P4 
lobule  pariétal  supérieur.  — P2,  lobule  du  pli  courbe.  — P2',  pli  courbe.  — 
Oj,  O2,  O3,  T6  23  et  3e  circonv.  occipitales.  — Tj,  T2,  T3,  lre,  2°  et  3e  circonv. 
temporales. — cm,  terminaison  du  sillon  calloso- marginal . 


- 42  - 


Les  variations  physiologiques  des  diamètres  du  crâne  sont 
assez  étendues,  comme  on  peut  le  voir,  mais  les  proportions 
d’une  même  ligne  dans  un  même  crâne  ne  sont  pas  suffisamment 
variables  pour  fausser  notablement  les  points  de  repère  que 
nous  aurons  à établir  bientôt. 

Notamment  en  ce  qui  concerne  les  variations  dépendant  de 
l’âge,  Dana  dit  que  le  crâne  change  considérablement  pendant 
la  première  année  et  qu’il  continue  à s’accroître  rapidement 
jusqu’à  4 ans  pour  croître  ensuite  plus  lentement.  A la  fin  de 
la  7e  année,  il  a presque  acquis  sa  forme  et  ses  dimensions 
définitives,  plus  précoces  chez  les  filles. 

Les  différences  sexuelles  ont  été  formulées  par  Broca.  Il  a 
démontré  qu’elles  ne  sont  pas  absolues.  Elles  consistent 
surtout  dans  l'effacement  des  saillies  et  la  diminution  des  dia- 
mètres. 


55. — Rapports  tics  contours  «le  l’Iicmisplicrc  cérébral. 

La  détermination  des  rapports  des  lobes  cérébraux  a été 
l’objet  de  nombreuses  recherches.  Nous  ne  rapporterons  ici 
que  ce  qui  a trait  aux  contours  de  l’hémisphère  cérébral,  car 
les  limites  des  lobes  entre  eux  correspondent  soit  à des  scis- 
sures qui  feront  l’objet  d’une  élude  particulière,  soit  à des 
lignes  fictives  qui  ne  servent  qu’à  faciliter  les  descriptions. 

Pourtant,  nous  ferons  remarquer  avec  Turner  (1873)  que  les 
lobes  ne  correspondent  pas  précisément  aux  os  du  crâne  de 
même  nom  qu’eux.  En  effet,  le  lobe  frontal  s’étend  très  loin  en 
arrière  sous  l’os  pariétal,  le  lobe  pariétal  est  beaucoup  plus 
petit  que  l’os  de  même  nom,  qui  recouvre  parfois  une  partie  du 
lobe  occipital.  Le  lobe  temporal  également  dépasse  la  portion 
écailleuse  du  temporal. 

Etudions  maintenant  les  rapports  du  bord  interne  du  cerveau 
et  ceux  du  bord  externe. 


- 43  - 


a)  Bord  interne  de  ly hémisphère. 

Il  y a peu  de  chose  à dire  sur  le  bord  interne  de  l’hémis- 
phère cérébral.  IL  suit  la  ligne  médiane  du  crâne. 

Horsley  (1887)  fait  remarquer  que,  par  suite  de  la  déviation 
à droite  du  sinus  longitudinal  supérieur,  l'hémisphère  droit, 
arrive  seulement  au  niveau  de  la  ligne  qui  joint  l’extrémité  des 
dentelures  de  la  suture  sagittale,  tandis  que  l’hémisphère  gauche 
s’étend  jusqu’à  la  ligne  médiane.  Faisons  toutefois  remarquer 
que  tous  les  anatomistes  ne  placent  pas  le  sinus  à droite,  mais 
les  uns  à gauche,  et  d’autres  au  milieubienque  le  plus  souvent, 
il  faut  le  dire,  il  empiète  sur  le  côté  droit. 

b)  Bord  externe  de  V hémisphère. 

Le  bord  externe  du  cerveau  peut  se  diviser  en  trois  parties  : 
une  partie  frontale,  correspondant  au  lobe  frontal  ; une  partie 
temporo-sphénoïdale,  et  une  partie  occipitale. 

Le  bord  inférieur  du  lobe  frontal  est  en  rapport  avec  le 
plancher  de  la  fosse  cérébrale  supérieure. 

Pour  Heftler  (1878),  « la  pointe  du  lobe  frontal  se  trouve 
entre  la  suture  naso-frontale  et  la  ligne  qui  réunit  le  bord 
supérieur  des  deux  orbites.  Le  bord  inférieur  de  chaque  hémis- 
phère se  dirige  en  dehors,  presque  parallèlement  avec  le  bord 
supérieur  de  l’orbite,  qui  en  est  éloigné  deôcentim.  ; et  même, 
plus  en  dehors , cette  distance  augmente  , à cause  de  l’abais- 
sement du  bord  supra-orbital.  Enfin,  la  distance  verticale 
entre  le  bord  inférieur  du  lobe  frontal  et  l’angle  formé  par  le 
bord  supérieur  du  corps  de  l’os  zygomatique  et  l’arcade  zygo- 
matique est  égale,  en  moyenne,  à 26  millimètres.  » 

Broca  (1876)  montra  que  la  ligne  sus-orbitaire , passant 
transversalement  au  dessus  des  arcades  orbitaires,  établit  la 
démarcation  entre  le  crâne  facial  et  le  crâne  cérébral. 

Dana  (1889)  fait  commencer  le  lobe  frontal  immédiatement 
en  arrière  de  l’os  frontal,  dont  l’épaisseur  varie  de  2 à 8 mill. 


- 44  - 


Poirier  (1890)  qui  a fait  une  étude  toute  spéciale  de  la  déter- 
mination de  la  limite  inférieure  du  cerveau,  a trouvé  le  bord 
inférieur  et  externe  du  lobe  frontal  situé  à une  distance  variant 
entre  6 et  12  millim.  au-dessus  de  la  moitié  externe  de  l’ar- 
cade orbitaire  ; ce  bord  se  relève  ensuite  un  peu  (8  à 15  millim.) 
au  niveau  de  l’apophyse  orbitaire  externe.  En  avant  au  con- 
traire , il  se  rapproche  du  rebord  orbitaire , et  tout-à-fait  en 
dedans  il  descend  beaucoup  plus  bas  qu’à  sa  partie  interne  ; là 

11  répond  à peu  de  chose  près  à la  suture  fronto-nasale. 

Les  bords  antérieur  et  inférieur  du  lobe  temporal  font 
partie  de  la  ligne  de  contour  du  cerveau. 

Ils  correspondent  à la  fosse  cérébrale  moyenne. 

Selon  Heftler  (1873)  « le  bord  antérieur  du  lobe  est  situé  à 
2 cent.  4 en  moyenne , en  dehors  du  bord  externe  de  l’orbite. 
Le  bord  inférieur  du  lobe  temporal,  à l’endroit  où  il  devient 
son  bord  antérieur,  est  éloigné  de  l’arcade  zygomatique  de 

12  millim.  (en  chiffres  moyens)  : plus  tard,  il  s’approche  peu  à 
peu  de  l’arcade  zygomatique  et  atteint,  dans  le  voisinage  de 
l’articulation  de  la  mâchoire  inférieure,  presque  le  bord  supé- 
rieur de  l’arcade  zygomatique  ; mais,  pour  la  plupart  du  temps, 
il  est  éloigné  de  cette  arcade  de  3 à 4 millim.  » 

Féré  (1875)  fait  cette  remarque  que  la  pointe  du  lobe  moyen 
s’avance  de  3 ou  4 millim.  en  avant  du  bord  postérieur  de  la 
petite  aile  du  sphénoïde,  mais  peut  se  prolonger  à 10  et  même 
25  ; un  instrument  pénétrant  dans  la  fosse  temporale  à un 
centimètre  en  arrière  de  l’aphophysé  orbitaire  externe  peut 
donc  toucher  quelquefois  le  lobe  sphénoïdal  (Féré). 

Reid  (1884)  place  le  bord  inférieur  du  lobe  temporal  plus 
bas  que  ne  le  faisait  Heftler  : pour  lui,  ce  bord  correspond 
au  bord  supérieur  de  l’apophyse  zygomatique,  et  à une  ligne 
menée  de  J’extrémité  de  cette  apophyse  à un  point  situé  à 
moitié  route  entre  l’inion  et  le  bord  postérieur  de  la  base  de 
l’apophyse  mastoïde.  Son  bord  antérieur  s’avance  jusqu’à 
l’apophyse  orbitaire  de  l’os  malaire. 


- 45  - 


Dana  (1889)  limite  le  bord  inférieur  du  lobe  temporal  au 
moyen  d'une  ligne  menée  d’un  point  situé  à environ  12  mill 
au-dessus  du  zygoma  et  du  méat  auditif  à l’astérion,  et  conti- 
nuée par  la  ligne  courbe  occipitale  supérieure.  Pour  le  bord 
antérieur,  il  admet  les  conclusions  de  Reid. 

Poirier  (1890)  place  la  pointe  du  lobe  à 15  millim.  en  arrière 
du  bord  externe  de  l’apophyse  orbitaire  et  à 2 contim . au- 
dessus  de  l’apophyse  zygomatique.  De  là,  le  bord  inférieur  se 
dirige  « obliquement  en  bas  et  en  arrière  vers  le  conduit 
auditif,  et  vient  effleurer  le  bord  supérieur  de  l’apophyse  zygo- 
matique au  niveau  de  la  cavité  glénoïde  ».  Poirier  fait  remar- 
quer qu’à  ce  niveau,  le  cerveau  n’est  séparé  de  l’extérieur  du 
crâne  que  par  une  lamelle  très  mince  et  toujours  transparente. 
Au-delà,  le  bord  du  lobe  se  relève  un  peu  pour  passer  au- 
dessus  du  trou  auditif  externe  à une  distance  de  4 à 10  millim., 
et  arriver  au  niveau  du  bord  postérieur  et  supérieur  du  rocher; 
puis  il  descend  très  obliquement  et  fait  partie  du  lobe  occi- 
pital. 

Le  bord  inférieur  du  lobe  occipital  fait  suite  au  bord  tem- 
poral ; il  correspond  au  sinus  latéral  et  à l’insertion  de  la 
tente  du  cervelet,  et  sur  le  crâne  à la  ligne  courbe  occipitale 
supérieure  de  l’astérion  à l’inion  (Heftler,  Broca,  Reid, 
Dana,  Poirier). 

Nous  verrons  toutefois  que  la  protubérance  occipitale 
externe  ou  inion  n’a  pas  des  rapports  constants  avec  l’extré- 
mité du  sinus  latéral  (Rieger). 


- 46  - 


CHAPITRE  III. 

SCISSURE  DE  ROLANDO. 


Rapports  avec  le  crâne, 

1°  Extrémité  supérieure  de  la  scissure. 

La  détermination  sur  le  crâne  de  la  position  du  sillon  de 
Rolando,  une  des  trois  grandes  scissures  du  cerveau , est  de 
la  plus  haute  importance.  Cette  scissure  est  en  effet,  comme 
la  dit  Lucas-Championnière,  «le  centre  de  figure  de  la  région 
motrice.  » — Pour  la  plupart  des  auteurs  il  limite  en  arrière 
le  lobe  frontal,  et  en  avant  le  lobe  pariétal. 

Gratiolet,  en  1857,  essaya  le  premier  d’en  déterminer  les 
rapports.  De  ses  recherches,  il  conclut  que  ce  sillon  corres- 
pond à la  suture  coronale,  et  que  scissure  et  suture  sont  dans 
le  même  plan. 

Quatre  ans  plus  tard,  Broca  (1)  releva  l’erreur  de  Gratiolet 
en  démontrant  que  la  scissure,  en  réalité,  se  trouve  en  arrière 
de  la  suture.  D’après  lui,  Yextrèmüê  supérieure  du  sillon, 
dont  nous  nous  occuperons  d’abord,  est  située  au  moins  à 
4 centim.  en  arrière  du  bregma  (maximum  63  millim.  chez  un 
épileptique).  Plus  tard,  en  1871,  il  modifia  ses  premières  con- 
clusions, obtenues  d’après  ses  observations  relevées  sur  onze 
sujets  (hommes  adultes)  et  éleva  sa  moyenne  à 47  millim. 


Broca,  1861,  Bull.  Soc.  anat.,  p.  340 


— 47  — 


Bischoff  (1868) , place  l’extrémité  postérieure  du  lobe 
frontal  à 2 centim.  au  moins  en  arrière  du  bregma  ; mais 
Bischoff  ne  comprend  pas  la  circonvolution  frontale  ascen- 
dante dans  le  lobe  frontal.  Or  l’épaisseur  de  cette  circonvo- 
lution étant,  selon  Broca,  de  près  de  2 centim.,  on  peut  juger 
de  la  place  que  Bischoff  assignait  au  sillon  de  Rolando. 

Turner  (1873) , après  des  recherches  faites  en  Écosse , 
évalue  à 2 pouces  (51  millim.)  la  distance  rolando  bregmatique. 
Il  a vu  cette  distance  réduite  à un  pouce  1/2  (38  millim.'! 

La  même  année,  en  Russie,  Heftler,  par  un  procédé  tout 
différent  arrive  à un  résultat  analogue  à celui  de  Broca 
(48  millim.  comme  distance  moyenne). 

Depuis,  différents  auteurs  se  sont  occupés  de  la  question. 
Ils  ont  respectivement  trouvé  les  distances  suivantes  : 

Féré  (1875)  . ...  45  millim.  chez  la  femme. 

De  la  Foulhouze  (1)  (1876)  38  à 63  millim. 

Kcker  (1876) . ..  38  millim. 

Féré  et  Broca  (1876) 47  à 48  millim.  chez  l’homme. 

Féré  (1877) 47mm,3. 

Lucas-Championnière  (1878)  55  millim. 

A.-W.  Hare  (1884)  (2)  ....  47miû,6. 

Basset  (3) 48mm,3  à 56mm,6. 

Chiarugi  (1886)  (4) 52mm,2  à 53mm,5. 


(1)  Les  observations  de  de  la  Foulhouze  se  rapportent  à 4 vieillards  et 
5 adultes.  La  distance  de  63  millim  a été  observée  par  lui  sur  une  arabe 
de  25  ans  ; les  autres  distances  n’ont  pas  dépassé  54  millim. 


(2)  Hare  a fait  11  expériences  et  a trouvé  des  distances  variant  entre 
1 pouce  3/8  et  2 1/4  (35  millim.  et  57)  en  moyenne  1 p.  7/8  (47mm,6). 

(3)  Voici  les  mesures  rolando-bregmatiques  d'après  Passe t • 

56m,6 
48m,3 
50m,8 
51,n,3 

chiffres  suivants  comme  distances  rolando- 


u l brachycéphales 

( dolichocéphales 
^ ( brachvcéphales 

dolichocéphales 


les 


(4)  Chiarugi  a indiqué 
bregmatiques  : 

Chez  les  brachycéphales  : 53,nm,5  (47  à 63,5) 
— dolichocéphales  : 52mm,2  (44,5  à 62,5) 
Ses  recherches  ont  porté  sur  12  individus. 


Férè  surtout  a fait  sur  ce  sujet  de  nombreuses  expériences 
et  publié  beaucoup.  Ses  premiers  résultats  (1875)  furent 
obtenus  par  l’examen  de  54  vieilles  femmes  dont  les  cerveaux 
avaient  16  centim.  de  long  en  moyenne.  Le  sommet  du  sillon 
de  Rolando  était  situé  environ  à 111  millim.  de  l’extrémité 
antérieure  et  à 49  millim.  de  l’extrémité  postérieure  du  cer- 
veau (en  projection).  La  distance  rolando-bregmatique  avait 
un  maximum  de  57  millim.  Depuis,  ses  nouvelles  recherches, 
personnelles  ou  en  collaboration  avec  Broca,  lui  permirent  de 
confirmer  ses  conclusions  premières.  Il  fixa  (1877)  à 47mm,3  la 
moyenne  de  la  distance  Rolando-bregmatique  chez  l’homme. 

Broca  (1877)  avait  attiré  l’attention  sur  une  cause  d’erreur 
dans  l’évaluation  de  cette  distance  : souvent  le  sillon  de  Rolando 
arrivé  près  de  la  ligne  médiane  fait  un  crochet  qui  reporte  de 
1,2  et  même  3 centim.-  en  arrière  son  extrémité  supérieure. 
Il  empiète  ainsi  sur  le  lobe  pariétal,  ce  qui  peut  créer  des 
malentendus. 

Passet  fait  également  une  rectification  dans  ses  calculs 
quand  l’extrémité  supérieure  du  sillon  se  dévie  brusquement 
en  arrière.  Chiarugi  croit  cette  rectification  inutile,  parce 
que,  dans  ce  cas,  il  y a souvent  une  courbure  compensatrice 
du  sillon  en  avant  ; à son  avis,  la  correction  serait  dangereuse 
et  pourrait  compromettre  l’exactitude  des  résultats. 

Nos  recherches  sur  la  distance  rolando-coronale  supérieure 
ou  rolando-bregmatique  nous  ont  donné  les  résultats  suivants: 
la  distance  moyenne  est  de  49mm55  ; le  minimum  a été  de  40, 
et  le  maximum  de  62.  A l’encontre  des  résultats  de  Passet  et 
de  Chiarugi,  nous  avons  trouvé  les  distances  plus  grandes 
chez  les  dolichocéphales  (51 mm)  que  chez  les  brachycéphales 
(48m,n).  A priori,  ce  fait  semblait  probable,  le  diamètre  antéro- 
postérieur de  la  tête  étant  plus  long. 


- 49  — 


Détermination  de  V extrémité  supérieure  du  silton 
de  Rolando  par  le  bregma . 

Sur  le  crâne,  le  point  de  repère  le  plus  voisin  du  sillon  de 
Rolando  est  le  bregma.  On  a donc  cherché  des  procédés 
capables  de  déterminer  ce  point  avec  certitude. 

Broca,  pour  y arriver,  s’est  appuyé  sur  ce  fait  que  le  plan 
passant  par  le  bregma  et  les  2 conduits  auditifs  externes  est 
vertical  et  sensiblement  perpendiculaire  au  plan  horizontal 
spino-auriculaire  de  Camper  passant  par  l’épine  nasale  et  les 
2 conduits.  Il  fit  construire  un  appareil  (1)  composé  d’une 
équerre  formée  de  2 tiges  flexibles  réunies  à angle  droit  par 
un  tourillon.  On  fixe  le  tourillon  dans  l’oreille  ; la  branche 
horizontale  est  placée  dans  le  plan  spino-auriculaire  de  Camper, 
sous  l’épine  nasale  par  conséquent;  la  branche  verticale  rabat- 
tue vient  passer  au  sommet  de  la  tête  sur  le  bregma.  Ce  point 
déterminé  au  moyen  de  l’équerre  (bregma-céphalométrique), 
il  suffit  pour  trouver  l’extrémité  supérieure  du  sillon  de 
Rolando,  de  mesurer  la  distance  déjà  connue  qui  le  sépare 
de  la  partie  supérieure  de  ce  sillon. 

Outre  l’équerre  de  Broca,  Lucas-Championnière,  1878,  indi- 
que plusieurs  procédés  de  détermination  du  bregma.  La 
palpation  seule  suffit  parfois.  A son  défaut  on  peut  se  contenter 
d’un  ruban  métrique  placé  autant  que  possible  dans  un  plan 
vertical,  la  tête  étant  dans  le  regard  horizontal  ; dans  ce  cas 
la  partie  médiane  de  l’arc  bi- auriculaire  ainsi  tracé,  indique  le 
bregma.  On  peut  se  servir  également  d’un  carton  échancré 
embrassant  la  tête,  et  traversé  perpendiculairement,  à hauteur 
de  l’œil,  par  un  crayon  placé  dans  le  plan  horizontal.  Le  milieu 
du  carton  passe  sur  le  bregma  au  sommet  de  la  tête.  Pour 
trouver  l’extrémité  supérieure  du  sillon  de  Rolando,  Lucas- 
Championnière  mesure  sur  la  ligne  médiane  55  millim.  à partir 


(1)  L’appareil  de  Broca  a été  décrit  pour  la  première  fois  dans  les 
Bulletins  de  la  Société  d' Anthropologie,  1873,  2me  série,  tome  VIII,  p.147. 

4 


- 50  - 


du  bregma.  Selon  lui  en  effet  : 1°  le  chiffre  donné  par  Broc  a 
comme  distance  Rolando-bregmatique  est  trop  faible  ; 2°  le 
sillon  de  Rolando  ne  se  dirige  pas  en  droite  ligne  : il  se  recourbe 
à sa  partie  supérieure  ; or  peu  importe  son  extrémité  réelle  ; 
ce  qu’il  faut  déterminer  exactement,  c’est  le  point  où  il  abou- 
tirait s'il  avait  une  direction  rectiligne.  En  outre,  chez  la 
femme,  il  faudrait  compter  50  millim.  au  lieu  de  55  (4  ans 
avant  ses  derniers  travaux  Lucas-Championnière  avait  indiqué 
48  millim.  seulement  chez  la  femme). 

Pour  trouver  le  bregma , il  suffit  d’après  Fraenkel  de 
promener  l'ongle  d’avant  en  arrière  sur  le  crâne,  au  niveau 
de  la  ligne  médiane.  Lorsque  l’expérimentateur  arrive  sur  le 
bregma,  le  patient  accuse  de  la  douleur,  comme  il  en  accuse- 
rait d’ailleurs  pour  toute  autre  suture.  Le  fait  ne  semble  pas 
être  assez  constant  pour  être  d'un  grand  secours.  Au  reste, 
comme  le  fait  remarquer  Poirier,  les  sutures  disparaissent 
souvent  avec  l’âge.  Nous  avons  vu  un  crâne  dans  le  bregma 
duquel  était  développé  un  os  wormien  de  plus  de  5 centim.; 
malgré  la  persistance  des  sutures , le  résultat  du  procédé  de 
Fraenkel  aurait  été  absolument  trompeur  dans  ce  cas. 

L’équerre  de  Broc  a qui,  semble- t-il,  reste  le  mode  de  déter- 
mination le  plus  exact  du  bregma,  a ses  inconvénients.  Féré 
et  Broca  lui-même,  ont  montré  que  le  point  (bregma-cépha- 
lométrique)  trouvé  avec  cet  instrument,  ne  correspond  pas 
exactement  au  bregma  crâniométrique.  En  général  celui-ci 
est  en  arrière  du  premier,  à 9 millim.  environ.  Il  ne  faut  pas 
oublier  d’ailleurs  que  l’écart  peut  être  porté  à 3 centim.,  par 
suite  des  variations  dans  l'épaisseur  des  téguments  qui  recou- 
vrent l’épine  nasale  et  dans  la  forme  de  la  sous-cloison.  Pour 
ces  deux  raisons,  l'équerre  peut  être  inclinée  plus  ou  moins  en 
avant.  Aussi  dans  la  pratique  faut-il,  selon  Féré,  reculer  d’un 
centimètre  environ  le  bregma  indiqué  par  l’équerre. 

La  détermination  du  bregma  est  donc  chose  difficile.  11 
n’y  a aucune  précision  d’après  Féré  si  on  l’établit  par 
simple  construction  à vue  d’œil  du  plan  auriculo-bregmatique 


- 51  - 


de  Busic.  Quant  au  procédé  de  Lucas-Championnière  , il  le 
trouve  impraticable,  à cause  de  l’impossibilité,  dans  la  plupart 
des  cas , de  placer  le  sujet  dans  la  position  du  regard  hori- 
zontal. Si  l’on  se  sert  de  l’équerre  de  Broca,  la  difficulté 
reste  grande,  et  il  faut  tenir  compte  de  l’obliquité  du  conduit 
auditif  externe  évaluée  d’après  les  recherches  de  Fèré  et  de 
Terrillon  à un  centimètre  environ. 

Il  faut  d’ailleurs  ne  négliger  aucun  détail  pour  se  servir  avec 
fruit  de  l’équerre  de  Broca.  Le  tourillon  doit  être  enfoncé 
profondément  dans  l'oreille  gauche,  pour  redresser  le  conduit 
auditif  externe  ; la  lame  verticale  doit  être  recourbée  vers 
l’oreille  droite  de  manière  que  le  bord  postérieur  réponde  à la 
base  du  tragus  et  non  à son  sommet  ; ceci  toujours  à cause  de 
l’obliquité  du  conduit.  La  branche  horizontale  doit  être  placée  sur 
la  lèvre  supérieure  et  immédiatement  sous  la  sous-cloison.  Dans 
ces  conditions  c’est  le  bord  postérieur  de  la  lame  verticale  qui 
indique  le  brégma  céphalométrique.  (Fèré,  1881,  1886,  1890). 

Malgré  toutes  ces  difficultés,  Fèré,  pour  ses  déterminations 
cranio-cérébrales,  commence  toujours  par  construire  les  plans 
auriculo-bregmatique,  et  .glabello-lambdoïdien.  Poirier  re- 
connaît également  que  le  bregma  craniométrique  et  le  bregma 
céphalométrique  ne  coïncident  pas.  Ils  seraient  distants  l’un  de 
l’autre  en  moyenne  de  15  millim.,  ce  qui  donnerait  par  le  pro- 
cédé de  Lucas-Championnière  une  extrémité  supérieure  du 
sillon  de  Rolando  à 70  millim  en  arrière  du  bregma  au  lieu  de 
48  millim.,  chiffre  donné  par  Heftler,  Broca,  Fèré  et  Poirier 
lui-même,  d’où  erreur  de  2 centim..  D’ailleurs  le  procédé  de 
Lucas-Championnière  expérimenté  sur  10  cadavres,  n’a  réussi 
qu’une  fois  ; 9 fois  il  a donné  un  point  situé  trop  en  arrière.  — 
Muller  a fait  les  mêmes  essais  et  a obtenu  le  même  résultat. 
En  pratique  ce  procédé  a,  entre  les  mains  du  professeur  Ver- 
neuil,  donné  une  erreur  de  3 centimètres  (1). 


(1)  Thiery,  Bull,  de  la  Soc.  anat.  1890. 


- 52  — 


Bergmann,  Merkel  et  la  plupart  des  auteurs  allemands 
trouvent  l’extrémité  supérieure  de  la  scissure  de  Rolando,  sur 
le  vivant,  en  élevant  sur  une  ligne  horizontale  une  perpendi- 
culaire passant  juste  derrière  l’apopl^se  mastoïde,  et  remontant 
jusqu’à  la  ligne  sagittale.  Ce  procédé  qui  est  aussi  celui  de 
Reid  (1884)  manque  de  précision  (Poirier). 


Détermination  de  V extrémité  supérieure  du  sillon 
de  Rolando  par  sa  position  sur  l’arc  sagittal. 

Dans  ces  dernières  années,  on  a cherché  (anglais  et  amé- 
ricains surtout)  à déterminer  l’extrémité  supérieure  du  sillon 
de  Rolando,  non  plus  en  mesurant  la  distance  qui  le  sépare  du 
Bregma,  mais  par  sa  position  sur  la  ligne  glabello-iniaque, 
abstraction  faite  des  sutures.  W.  Hare,  en  1884,  établit  le 
rapport  de  la  distance  glabello-rolandique,  à la  distance  gla- 
bello-iniaque ou  arc  sagittal.  11  le  trouve  de  55,7  pour  100  avec 
des  variations  toujours  inférieures  à 1/3  de  pouce.  Ses  expé- 
riences sont  au  nombre  de  onze.  Il  enlève  un  côté  de  la  calotte 
crânienne,  la  dure-mère,  puis  la  pie-mère,  après  l’avoir  en 
partie  détachée  par  un  courant  d’eau  (ce  qui  nous  paraît  avoir 
dû  changer  quelque  peu  les  rapports).  Il  enfonce  ensuite  une 
épingle,  au  niveau  du  sillon  de  Rolando,  dans  la  faux  du 
cerveau,  et  mesure  dès  lors  ses  distances. 

Thane,  de  Londres,  modifie  la  loi  de  Hare  en  prenant  au 
lieu  des  -yQQQ  de  l’arc  sagittal,  la  moitié  de  cet  arc  plus  un  demi 
pouce.  Ce  procédé  plus  simple  semble  moins  exact,  à supposer 
toutefois  que  le  chiffre  557  soit  l’expression  de  la  vérité,  ce  que 
nos  recherches  n’ont  pas  confirmé. 

Selon  Horsley  (1887)  la  distance  à ajouter  en  arrière  du  point 
mi-sagittal  serait  encore  de  1/2  pouce,  comme  l’avait  conseillé 
Thane,  dont  il  accepte  le  procédé. 


- 53  — 


Enfin,  en  avril  1889,  Anderson  et  Marins  ont  trouvé  l'extré- 
mité supérieure  du  sillon  de  Rolando  entre  le  point  mi-sagittal 
et  un  point  situé  à 3/4  de  pouce  en  arrière  (lcent90)  c’est-à-dire 
que  pour  la  découvriron  devra  appliquer  le  trépan  à 3/8  de  pouce 
(Ocent.95  en  arrière  du  point  sagittal  moyen,  (Y.  fig.  7 et  8). 

Quant  au  bregma  il  serait  situé  aux  2/5  de  la  ligne  sagittale 
à partir  delà  glabelle.  Sa  situation  peut  varier  de  plus  de  1/2 
pouce. 

Dana,  la  même  année,  avait  reconnu  le  peu  de  rigueur  de 
la  méthode  de  Broca.  et  adopté  le  procédé  de  Hare.  Pour 
lui,  comme  l’arc  naso-occipital  tourne  autour  de  28  à 38  cen- 
tim.,  le  point  cherché  oscille  entre  157  et  268  millim.  à partir 
de  la  glabelle. 

Poirier  ayant  constaté  la  difficulté  d’établir  exactement  la 
glabelle,  a proposé  comme  point  de  repère  la  suture  fronto- 
nasale,  « le  point  nasal.  » Pour  l’Inion  il  conseille  quand  011  ne 
peut  le  déterminer  facilement,  de  faire  fléchir  la  tête  de  façon 
à tendreleligament  cervical  postérieur  qui  s’insère  à cettesaillie, 
ou  de  suivre  la  ligne  courbe  occipitale  supérieure  qui  y aboutit. 
Quant  aux  déterminations  de  l’extrémité  supérieure  du  sillon 
de  Rolando  faites  par  les  auteurs  anglais  et  américains,  elles 
s’accordent  parfaitement  avec  les  résultats  obtenus  par  Poirier 
(40  observations).  Néanmoins,  comptant  à partir  du  « point 
nasal  »,  cet  anatomiste  conseille  de  mesurer  2 centimètres 
en  arrière  du  point  mi-sagittal,  — Dans  un  cas,  sur  le  vivant, 
il  n’a  pu  trouver  l’inion.  Aussi  pour  des  cas  analogues,  et 
comme  moyen  de  contrôle  dans  les  autres,  conseille-t-il  de 
mesurer  18  centim.  à partir  du  point  nasal  sur  la  ligne  sagit- 
tale. Il  s’appuie  sur  les  données  suivantes  résultant  de  ses 
expériences  : l’arc  naso-bregmatique  est  de  123  millim.  en 
moyenne,  la  distance  rolando-coronale  supérieure  d’un  peu 
plus  de  5 centim.,  au  total  18  centim.  1/2  ou  18  pour  les 
grosses  têles,  17  pour  les  petites.  Ce  procédé  lui  adonné 
d’excellents  résultats,  mais  il  est  inapplicable  aux  enfants. 


- 54  - 


D’après  nos  recherches,  le  sillon  de  Rolando  serait  situé 
plus  en  avant  que  ne  le  disent  les  anatomistes  anglais  et 
américains.  Nous  avons  en  effet  trouvé  l’extrémité  supérieure 

de  l’arc  sagittal,  mais  aux 


de  la  scissure  non  pas  aux 
532 

ïôôô 
phales 


557 

1000 


en  moyenne  et  plus  en  avant  encore  chez  les  dolichocé- 


(h20\ 

\iooo, 


j . Chez  les  brachycéphales,  le  sommet  de  la  scis- 
sure serait  aux  environ  de  l’arc  sagittal. 

Quatre  trépanations  faites  d’après  ces  données,  deux  chez 
un  dolichocéphale  et  deux  chez  un  brachycéphale,  nous  ont 
permis  de  découvrir  très  exactement,  au  centre  de  notre 
couronne  de  trépan  le  sillon  de  Rolando. 

Nous  avons  mesuré  également  la  distance  qui  sépare  la 
glabelle  du  sillon  de  Rolando.  Cette  distance  est  d’environ 
173  millim.,  un  peu  plus  forte  (7  à 8millim.)  chez  les  brachycé- 
phales que  chez  les  dolichocéphales. 


2°  Extrémité  inférieure  de  la  scissure. 

Détermination  de  l'extrémité  inférieure  du  sillon 
de  Rolando. 

J/extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando,  de  même  que 
la  supérieure,  est  située  en  arrière  de  la  suture  coronale,  mais 
à une  distance  moindre,  comme  l’avait  déjà  fait  remarquer 
P.  Rroca  en  1861. 

Les  évaluations  de  cette  distance  « rolando-coronale  infé- 
rieure » ont  été  les  suivantes  : 


Broca  1871 15  millim.  environ  chez  l’homme. 

Heftler  1873 28  — 

Turner  1873 38  — (minimum  33). 

Féré  1875 25  à 30  millim. 

Ecker  1876 17  millim.  (sur  un  allemand). 


— 55  — 


De  la  Foulhouze  (1)  1876 23  à 44  millim. 

Féré  1882 28  millim.  chez  38  hommes. 

— — 27  — chez  34  femmes. 

Passet  (2) 19mm,6  à 30ram,l. 

Chiarugi  1886 27mm,9  (brachycéphales)  23  à 35,5. 

- 26mra,7  (dolichocéphales)  23  à 30,5. 

Féré,  1875,  fixe  l’extrémité  externe  et  antérieure  du  sillon 
de  Rolando  à 71  millim.  de  l’extrémité  antérieure  du  cerveau 
et  à 89  millim.  de  l’extrémité  postérieure,  sur  des  cerveaux 
de  16  centim.  Quant  à la  distance  de  la  suture  coronale  à 
la  partie  inférieure  du  sillon  de  Rolando,  il  fait  remarquer 
que  « le  sillon  s’arrête  au  moins  à un  centimètre  plus  haut  que 
la  suture  qui  devient  plus  oblique  dans  la  partie  inférieure  ; 
de  sorte  qu’à  son  extrémité  externe,  il  reste  2 1/2  à 3 centim. 
en  arrière  de  l’extrémité  externe  de  la  suture  coronale,  qui 
correspond  à l’intervalle  des  2 plis  de  la  troisième  circonvolu- 
tion frontale.  » — Rroca  fait  la  même  remarque , et  cherche 
la  distance  de  l’extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando  à la 
scissure  coronale  sur  une  ligne  horizontale.  Cette  ligne  passe 
à quelques  millimètres  au-dessus  de  la  scissure  de  Sylvius. 
D’après  lui , cette  notion  suffit  pour  la  détermination  de  la 
hauteur  de  l’extrémité  du  sillon.  Heftler  mesure  cette 
hauteur  par  les  rapports  de  la  ligne  horizontale  avec  la  suture 
temporo-pariétale  ; la  distance  du  point  cherché  à l’origine 
de  la  suture  varierait  entre  2 et  5 millim. 


(1)  Les  observations  de  de  La  Foulhouze  se  rapportent  h 5 adultes  et 
4 vieillards.  Il  a trouvé  chez  les  5 adultes  des  distances  de  23  à 44,  23  : 
(1  femme)  26  (1  femme,  1 homme)  32  (1  femme)  44  (une  femme  arabe), 
et  chez  les  4 vieillards,  de  25  à 31  millimètres. 

brachycéphales 
dolichocéphales 
brachycéphales 
dolichocéphales 


(2)  Passet  a trouvé hommes. 


femmes . 


24mm,9 

19mm, 6 
20mm,6 
30mm,l 


- 56  — 


Chez  le  vivant,  Lucas-Championnière  a le  premier  donné 
un  procédé  de  détermination  de  l’extrémité  inférieure  du 
sillon  de  Rolando  à la  surface  du  crâne.  Pour  y arriver,  il 
s’est  inspiré  de  la  méthode  de  Broca  pour  rechercher  le  centre 
du  langage  articulé,  méthode  que  nous  exposerons  plus  loin. 
Voici  ce  que  dit  Lucas-Championnière  : « On  prend  un  point 
derrière  l’apophyse  orbitaire  externe  au  point  où  la  base  de 
cette  apophyse  se  recourbe  et  se  relève  pour  se  continuer 
avec  la  crête  temporale  de  l’os  frontal.  On  tire  une  ligne  hori- 
zontale de  7 centim.  On  élève  à la  partie  postérieure  de  cette 
ligne  une  perpendiculaire  de  3.  Celle-ci  détermine  un  point 
vers  l’extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando  pas  tout  à 
fait  au  bout  de  ce  sillon  ».  La  tête  doit  être  dans  le  regard 
horizontal.  — Pour  la  femme,  d’après  le  même  auteur,  les 
mesures  doivent  être,  de  65  millim.  sur  la  ligne  horizontale  et 
de  3 centim.  sur  la  verticale.  — Mais  la  ligne  horizontale  est 
difficile  à tracer  ; aussi  Ranney  conseille-t-il  sur  le  vivant  de 
mener  à partir  de  l’apophyse  orbitaire  externe  une  parallèle 
à la  ligne  qui  unit  l’extrémité  des  incisives  supérieures  au  point 
le  plus  inférieur  de  l’apophyse  mastoïde.  La  ligne  ainsi  tracée 
est  horizontale  et  plus  facile  à mener  d’après  Ranney. 

Poirier  trouve  que  c’est  encore  là  bien  compliquer  la  ma- 
nœuvre. Le  procédé  de  Lucas  Championnière  pour  le  point 
inférieur  lui  a donné  (7  fois  sur  10)  de  meilleurs  résultats 
que  celui  du  même  auteur  pour  la  recherche  de  l’extrémité 
supérieure  du  sillon. 

Férè  pour  déterminer  le  point  rolandique  inférieur 
commence  par  tracer,  comme  d’ailleurs  pour  toutes  ses  autres 
recherches  de  topographie  cran io-céréb raie,  les  2 plans  glabello- 
lambdoïdien  et  auriculo-bregmatique.  « L’extrémité  inférieure 
du  sillon  de  Rolando  se  trouve  de  45  à 55  millim  en  arrière 
de  l’apophyse  orbitaire  externe  à peu  près  à 1 centim.  au-dessus 
du  plan  glabello  lambdoïdien  et  sensiblement  à la  même 
distance  en  arrière  du  plan  vertical  ou  auriculo-bregmatique. 


- 57  - 


— Ce  procédé  nécessite  la  construction  de  deux  plans  difficiles 
à tracer,  surtout  si  l’on  se  contente  dans  tous  les  cas  de 
rechercher  la  situation  du  lambda  avec  le  doigt,  ce  qui  n’est 
pas  toujours  aussi  facile  que  le  dit  Férè  (1).  Quant  au  bregma. 
nous  l’avons  déjà  vu,  Fèré  lui-même  reconnaît  combien  il  est 
difficile  de  le  percevoir  sur  le  vivant. 

Les  auteurs  allemands,  Bergmann,  Merkel  élèvent  sur  une 
ligne  horizontale  une  perpendiculaire,  partant  de  l’articulation 
temporo-maxillaire  : cette  perpendiculaire  vient  couper  l’extré- 
mité inférieure  du  sillon  de  Rolando  à 5 centim.  au-dessus  de 
l’articulation. 

Poirier  trouve  celte  méthode  très  inexacte  et  place  l’extré- 
mité inférieure  du  sillon  non  a 5 centim.,  mais  bien  à 7 et  quel- 
quefois 8 centim.  au-dessus  de  l’articulation. 

Reid  use  d’un  procédé  analogue.  Il  trace  une  ligne  basilaire, 
menée  de  la  partie  inférieure  du  bord  sous-orbitaire  au  milieu 
du  méat  auditif;  sur  cette  ligne  et  par  la  dépression  anti- 
tragienne,  il  élève  une  perpendiculaire.  Le  point  où  celle-ci 
coupe  la  scissure  de  Sylvius  (déterminée  préalablement  par 
Reid)  correspond  à l’extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando 
ou  plutôt  au  point  où  celui-ci  aboutirait  si  on  le  prolongeait 
jusqu’à  la  scissure  de  Sylvius. 

Dana  conseille  de  tracer  une  ligne  du  stéphanion  à l’astérion 
et  une  seconde  ligne  du  méat  auditif  externe  au  bregma.  Le 
point  d’intersection  sera  juste  au-dessus  de  l’extrémité 
inférieure  du  sillon  de  Rolando  à un  cent,  environ  de  la 
scissure  de  Sylvius.  L’astérion  se  sent  facilement  d’ordinaire 
juste  en  arrière  de  la  partie  supérieure  de  l’apophyse 
mastoïde. 


(1)  Pour  Poirier  on  peut  souvent  trouver  le  lambda  à travers  les  tégu- 
ments ; si  on  n’y  arrive  pas  il  faut  savoir  que  la  distance  qui  le  sépare  de 
l’inion  est  de  6 à 7 centim. 


- 58  - 


Anderson  et  Marins  ont  cherché  non  point  l’extrémité  infé- 
rieure du  sillon  de  Rolando,  mais,  comme  Reid,  le  point  où  le 
sillon  prolongé  aboutirait  à la  scissure  de  Sylvius  ; ce  point 
siégerait  sur  ce  qu’ils  appellent  la  « ligne  squameuse  »,  entre 
le  point  de  jonction  de  cette  ligne  avec  la  « ligne  frontale  » 
et  un  autre  situé  à 3/4  de  pouce  (lcent-90)  en  avant.  On  le 
découvrirait  donc  suivant  eux  en  appliquant  le  trépan  à 3/8 
de  pouce  (0cent-95)  en  avant  du  point  de  jonction  ; les  mômes 
auteurs  auraient,  3 fois,  trouvé  le  sillon  de  Rolando  prolongé 
réellement  jusqu’à  la  scissure  de  Sylvius  (1).  Au  reste  cette 
extrémité  inférieure  du  sillon  semble  à Poirier  être  moins  fixe 
que  la  supérieure.  (V.  fig.  7 et  8). 

Chiarugi,  1886,  a mesuré  les  distances  qui  la  séparent  de  la 
glabelle. 

11  a obtenu  : 


Brachycéphales 104,9 

Dolichocéphales 102,1 

Hommes 107,3 

Femmes 103 


25  fois  sur  25,  Poirier  a réussi  à tomber  exactement  sur  la 
partie  inférieure  du  sillon  de  Rolando,  en  se  comportant  de 
la  façon  suivante  : il  reconnaît  et  trace  au  crayon,  l’arc  zygo- 
matique ; il  élève  sur  cet  arc  une  perpendiculaire  passant 
exactement  au  devant  du  tragus  dans  la  dépression  préauricu- 
laire  ; puis  il  compte,  à partir  du  trou  auditif,  7 centim.  sur 
cette  perpendiculaire.  Pour  les  enfants  au  lieu  de  7 centim.  il 
fait  mesurer  les  7/17  de  la  perpendiculaire  prolongée  jusqu’à 
la  ligne  sagittale,  ce  qui  revient  à prendre  à partir  du  trou 


(1)  Nous  avons  également  trouvé  plusieurs  fois  cette  disposition  qui  ne 
nous  paraît  pas  aussi  rare  qu'on  le  croit  généralement. 


- 59  - 


auditif  la  moitié  moins  un  travers  de  doigt  de  la  distance 
auri-sagittale,  procédé  vrai  pour  tous  les  âges. 

Nous  verrons  à propos  du  trajet  du  sillon  de  Rolando  que  la 
plupart  des  auteurs  anglais  et  américains  déterminent  son 
extrémité  inférieure  d’une  façon  indirecte. 

Nous  avons  recherché  la  valeur  de  la  distance  rolando-coro- 
nale  inférieure.  Nous  l’avons  trouvée  de  29  à 30  millim.  un  peu 
plus  forte  (1  millim.  ou  2)  chez  les  dolichocéphales  que  chez 
les  brachycéphales , comme  la  distance  rolando-bregma- 
tique.  La  distance  qui  sépare  l’extrémité  inférieure  du  sillon  de 
Rolando  de  l’apophyse  orbitaire  externe  est,  d’après  nos  obser- 
vations, de  60  à 61  millim.,  plus  forte  chez  les  dolichocéphales 
que  chez  les  brachycéphales. 

Quant  à la  détermination  de  l’extrémité  inférieure  dé  la 
scissure  sur  le  vivant,  nous  indiquerons  à propos  du  trajet  de 
la  scissure  le  procédé  que  nous  conseillons. 

3°  Trajet  de  la  scissure. 

Détermination  du  trajet  de  la  scissure  de  Rolando. 

Entre  ses  deux  extrémités,  le  sillon  de  Rolando  ne  parcourt 
pas  un  trajet  rectiligne  ; il  affecte  souvent  les  formes  les  plus 
bizarres,  comme  Anderson  et  Marins  l’ont  montré  dans  une 
figure  où  ils  représentent  un  certain  nombre  de  sillons  pris  au 
hasard. 

Néanmoins,  certaines  courbures  paraissent  plus  fréquentes, 
c’est  ainsique  Broca,  en  1876,  a décrit  une  flexuosité  du  sillon 
au  niveau  de  l’extrémité  de  la  2e  circonvolution  frontale; 
courbure  qui  rapprocherait  le  sillon  de  la  suture  coronale, 
quelquefois  assez  pour  qu'il  soit  plus  près  de  la  suture  en  son 
milieu  qu'à  son  extrémité  inférieure.  En  1861  Broca  disait  . 
« à 4 centim.  de  la  ligne  médiane,  le  sillon  n’est  plus  situé  qu'à 
2 centim.  au  moins,  3 au  plus  en  arrière  de  la  suture.  » 

Muller  parle  d’une  courbure  fréquente  en  sens  opposé. 


- 60  - 


Anderson  et  Marins  ont  généralement  trouvé  : 1°  une  forte 
courbure  à convexité  postérieure rlans  le  1/3  supérieur;  2°  une 
autre  moins  accusée,  moins  constante  et  en  sens  inverse  de  la 
première,  située  près  de  l’extrémité  inférieure 

Bien  d’autres  auteurs  ont  écrit  sur  le  trajet  du  sillon  de 
Rolando.  mais,  pour  ne  pas  sortir  de  notre  sujet,  nous  allons 
nous  occuper  de  la  manière  de  déterminer  une  « ligne  rolan- 
dique  »,  donnant  sur  le  crâne  la  direction  moyenne  de  la 
scissure  en  question. 

Cette  ligne  rolandique  a été  le  plus  souvent  tracée  en  réunis- 
sant par  une  ligne  droite  les  deux  extrémités  du  sillon  préala- 
blement déterminées.  C’est  le  procédé  qui  paraît  le  plus  simple 
et  le  plus  précis;  mais  depuis  quelques  années  les  anatomistes 
anglais  et  américains  ont  cherché  l’angle  formé  par  la  réunion 
du  Rolando  et  de  la  ligne  médiane  sagittale , et  ont  appliqué 
cette  donnée  pour  trouver  la  situation  de  la  ligne  rolandique. 

Hare,  en  1884,  a le  premier  usé  de  ce  procédé.  Il  évalue 
l’angle  fait  en  avant  par  le  Rolando  et  l’arc  sagittal  à 67°,  et 
lui  reconnaît  des  variations  pouvant  aller  de  60°  à 73°. 

Giacomini  avait  évalué  l’angle  rolando-sagittal  à 60°  (57  1/2 
à 62  1/2).  Hamy  à 70°. 

En  1888,  Hare  décrivit  un  instrument  servant  à tracer  sur  le 
crâne  la  ligne  rolandique  d’après  langle  rolando-sagittal.  Cet 
instrument  est  le  cyrtomètre  du  Dr  Claude  Wilson  dont  l’idée 
première  serait  due  au  professeur  Chiene.  Il  se  compose  de 
trois  tiges  de  fer  doux  nickelé.  La  plus  large  est  appliquée 
autour  de  la  tête,  dans  le  plan  glabello-iniaque.  Sur  elle  tombe 
perpendiculairement  une  branche  plus  étroite,  et  qui  doit  se 
placer  le  long  de  la  ligne  sagittale  à partir  de  la  glabelle.  Sur 
cette  branche  sont  gravées  deux  séries  de  lettres,  majuscules 
et  minuscules,  placées  de  façon  qu’une  majuscule  étant  sur 
l’inion,  à l’extrémité  de  l’arc  sagittal,  la  minuscule  correspon- 
dante soit  aux  557/1000  de  l’arc,  et  indique  par  conséquent  le 
sommet  de  la  scissure.  Enfin,  une3<:  tige  mobile  et  mince  glisse 


- 61  - 


le  long  de  la  dernière  en  faisant  avec  elle  un  angle  de  67°.  La 
minuscule  qui  correspond  à la  majuscule  placée  sur  Timon 
étant  sous  l’extrémité  supérieure  de  cette  tige,  la  scissure 
correspond  à la  tige. 

Hare  donne  au  sillon  une  longueur  de  3 pouces  3/8  (85mm,7), 
ce  qui  porte  à 7/16  de  pouce  (llmm,l)  les  variations  dans  la 
position  de  l’extrémité  inférieure  de  la  ligne  rolandique  déter- 
minée par  son  procédé. 

Horsley  avait,  l’année  précédente,  décrit  un  appareil  ana- 
logue. Sur  une  tige  en  fer  doux  nickelé  de  10  pouces  que  l’on 
place  sur  la  ligne  sagittale,  s’articulent  deux  tiges  plus  courtes 
faisant  chacune  avec  la  première  un  angle  en  avant  de  67°. 
Ces  branches  courtes  sont  graduées  en  pouces.  Le  sommet 
de  l’angle  se  place  1/2  pouce  (12mm,7)  derrière  la  ligne  médiane 
sur  l are  sagittal.  La  graduation  permet  de  mesurer  la  longueur 
de  la  ligne  rolandique  , et  de  fixer  ainsi  l'extrémité  inférieure 
du  sillon. 

Le  cyrtomètre  de  Dana  consiste  également  en  deux  tiges 
articulées  l’une  sur  l’autre  sous  un  angle  de  67°,  et  dont  Tune 
se  place  sur  la  ligne  sagittale,  tandis  que  l’autre  indique  la 
ligne  rolandique.  C’est,  en  somme,  l’appareil  de  Hare  . mais 
Dana  y remplace  les  lettres  majuscules  et  minuscules  par  des 
chiffres  correspondant  aux  longueurs  de  Tare.  En  outre,  il  a 
ajouté  une  branche  qui  permet  de  déterminer  la  scissure  de 
Sylvius. 

Cet  instrument  permet  de  déterminer  les  2/3  supérieurs  du 
sillon,  environ  56  millim.,  selon  Dana  ; le  1/3  inférieur,  environ 
21  millim  , a une  direction  un  peu  plus  verticale  que  la  tige. 
Le  sillon  aurait  une  longueur  totale  de  85  millim. 

Anderson  et  Marins  ont  mesuré  l’angle  rolando-sagittal 
avec  des  goniomètres  faits  de  segments  de  voûte  crânienne. 
Sur  8 têtes  (16  scissures),  ils  Tout  trouvé  entre  55°  et  70°,  sur 
12  autres  entre  60°  et  65°. 

Poirier  a trouvé  des  variations  assez  étendues  de  l’angle 
rolando-sagittal  mesuré  chez  50  sujets. 


_ 62  - 


Le  premier  qui  ait  cherché  à déterminer  le  sillon  de  Rolando 
au  moyen  d’un  angle  est  Giacomini  (1882;.  Il  conseille  do 
prendre  sur  l’arc  vertical  bi -auriculaire  un  point  situé  à mi- 
distance  de  la  ligne  sagittale  et  du  méat  auditif,  et  de  ce  point, 
de  tracer  en  arrière  et  en  haut  une  ligne  qui  fasse  avec  l’arc 
un  angle  de  30  à 35  degrés 

En  1886,  dans  un  but  différent  de  celui  poursuivi  par  Hare, 
Ghiarügi  avait  cherché  la  valeur  de  l'angle  rolando-sagittal. 
Il  avait  également  indiqué  les  longueurs  du  sillon  de  Rolando. 
Voici  ses  résultats  d’après  des  expériences  sur  21  crânes  (1)  : 

Brachycéphales. 64°, 4 

Dolichocéphales 63°,  6 

Hommes.  65°,  1 

Femmes 63°, 8 

Différences  maxima 9° 

Longueurs  de  la  scissure  : 


relatives 

absolues 

Brachycéphales 

82mm,7 

1 14mm,7 

Dolichocéphales 

79mm,l 

114mm,5 

Hommes 

83mu,,9 

115mm,3 

Femmes 

80mm,7 

114mm,4 

Nous  avons  également  mesuré  l’angle  rolando-sagittal.  Nous 
nous  sommes  servi  d’un  instrument  dû  au  PrDEBiERRE  et  dont 
nous  donnons  la  photographie  (voy.  pl.  I,  T).  Le  goniomètre 
céphalique , comme  l’a  appelé  son  inventeur,  se  compose 
essentiellement  d’un  rapporteur  circulaire  dont  on  peut  fixer 
facilement  le  centre  sur  le  point  correspondant  au  sommet  du 
Rolando  préalablement  déterminé.  Une  branche  flexible  se 
place  le  long  du  trajet  du  Rolando  et  est  prolongée  au-delà  du 


(1)  Les  21  sujets  étaient  : brachycéphales  16,  dolichocéphales  5,  hom- 
mes : 6,  femmes  : 15. 


- 63  - 


centre  (dans  l’autre  moitié  du  diamètre)  par  une  branche  rigide 
qui  donne  sur  le  rapporteur  des  indications  très  nettes,  de 
sorte  que  l’instrument  peut  servir  soit  à déterminer  l’angle, 
soit,  l’angle  étant  déterminé,  à trouver  le  sillon  sur  un  crâne 
recouvert  des  téguments.  Nous  avons  obtenu  comme  résultats  : 

Angle 68°,  1 

Minimum 64° 

Maximum 74° 

Brachycéphales 68°,  1 

Dolichocéphales 68°.  1 

Contrairement  à l’opinion  de  Hare,  nous  a vous  trouvé  que 
déterminer  le  trajet  du  sillon  de  Rolando  au  moyen  de  l’angle 
qu’il  forme  avec  le  plan  médian  sagittal  est  un  procédé  peu 
précis.  L’angle  par  lui-même  est  assez  variable  ; et,  en  outre, 
malgré  l’emploi  des  goniomètres,  il  est  toujours  un  peu  difficile 
de  mesurer  un  angle  sur  une  surface  courbe  ; c’est  pourquoi, 
après  maintes  recherches  , nous  avons  adopté  le  procédé  sui- 
vant très  simple  , très  facile  à exécuter  et  ne  nécessitant  pas 
l’usage  d’instruments  spéciaux.  Nous  déterminons  d'abord  le 
point  correspondant  au  sommet  du  sillon  de  Rolando  sur  la 
ligne  sagittale,  d’après  les  indications  que  nous  avons  données 
à propos  de  sa  position  relative  sur  cette  ligne  ; nous  joignons 
ensuite  directement  ce  point  à un  autre  situé  sur  le  milieu  du 
bord  supérieur  de  l’arcade  zygomatique , toujours  facile  à 
trouver  sur  le  crâne.  La  ligne  obtenue  par  ce  procédé  corres- 
pond aussi  exactement  que  possible  à la  ligne  rolandique  , et 
les  trépanations  que  nous  avons  pratiquées  pour  vérifier  son 
exactitude  nous  ont  donné  les  résultats  les  plus  satisfaisants. 

Si  l’on  veut  connaître  la  situation  exacte  de  l’extrémité  infé- 
rieure du  sillon  de  Rolando,  il  suffit  de  tracer  la  ligne  « orbito- 
lambdoïdienne  »,  qui  correspond  à la  scissure  de  Sylvius 
(Y.  Scissure  de  Sylvius),  et  de  prendre  sur  la  « ligne  rolan- 
dique » un  point  situé  de  10  à 15  millim.  au-dessus  de  cette 
dernière  ligne.  (Voy.  fig.  15). 


CHAPITRE  IV. 


SCISSURE  DE  SYLVIUS. 


Knpports  avec  le  crâne. 

Cette  scissure  n’est  pas  en  totalité  à la  surface  externe  du 
cerveau , sa  première  partie  est  en  rapport  avec  la  base  du 
crâne  et  ne  nous  occupera  pas;  aussi,  considèrerons-nous 
comme  scissure  de  Sylvius  seulement  sa  portion  externe.  Cette 
portion  externe  se  divise  en  deux  parties  : l’une,  scissure  de 
Sylvius  proprement  dite , branche  horizontale , et  l’autre , 
branche  verticale  delà  scissure,  beaucoup  plus  petite  et  même 
inconstante. 

La  partie  antérieure  de  la  scissure  de  Sylvius  répond  à la 
ptère.  Comme  De  la  Foulhouze  l’a  fait  remarquer  (1876), 
cette  disposition  est  nécessitée  par  la  base  du  crâne  : les  apo- 
physes d’Ingrassias  pénétrant  dans  la  fosse  de  Sylvius,  il  s’en- 
suit que  la  scissure  de  Sylvius  sera  toujours  comprise  entre 
les  deux  angles  de  la  ptère. 

Pour  Broca  (1876),  elle  est  de  4 à 5 millim.  en  arrière  du 
ptérion  ou  angle  antérieur  de  la  ptère  (maximum  15  millim. 
chez  un  nègre).  Les  autres  anatomistes  n'ont  fait  évidemment 
qu’affirmer  ce  fait  (Turner,  Horsley,  Dana,  Poirier). 

A peine  la  scissure  de  Sylvius  a-t-elle  commencé  son  trajet 
sur  la  face  externe  du  crâne  qu’elle  fournit  une  branche 
antérieure  verticale. 


- 65  - 


Cette  branche  coïncide  assez  exactement  avec  la  partie  infé- 
rieure de  la  suture  coronale.  La  distance  qui  l’en  sépare  est  au 
plus  de  quelques  millimètres  (Broca,  1876).  L’endroit  où  se  fait 
la  division  en  deux  branches  de  la  scissure  de  Sylvius  corres- 
pond, suivant  Heftler  (1873),  au  sommet  de  l’union  de  la 
grande  aile  du  sphénoïde  avec  la  suture  temporo-pariétale  (ou 
angle  postérieur  de  la  ptère),  c’est-à-dire  à 13  millim.  en 
arrière  de  la  suture  fronto-pariétale.  C’est  aussi  l’opinion  de 
Poirier.  D’après  Heftler  encore,  la  branche  antérieure  se 
dirige  parallèlement  à la  suture  coronale  et  monte  ensuite  en 
haut  et  en  arrière  en  finissant  sur  la  ligne  courbe  temporale. 
Nous  venons  de  voir  que  Broca  la  plaçait  un  peu  plus  en 
avant. 

Thane  (1885)  place  la  bifurcation  de  la  scissure  de  Sylvius  à 
1 pouce  l/4(31mm,7)  en  arrière  de  l’apophyse  orbitaire  externe, 
et  à 1/4  de  pouce  (6mm,3)  au-dessus  de  son  niveau. 

Horsley  (1887)  donne  à la  branche  verticale  de  la  scissure 
de  Sylvius  une  direction  autre  que  celle  indiquée  par  Heftler; 
elle  se  dirige  selon  lui  en  haut  et  en  avant,  en  prolongeant  la 
direction  de  la  suture  sphéno-squameuse,  mais  commençant  à 
1 ou  2 millim.  en  avant  d’elle.  Elle  se  trouve  immédiatement 
en  avant  de  l’extrémité  inférieure  de  la  suture  coronale. 

Hare  (1888)  trouve  cette  branche  en  rapport  avec  la  partie 
supérieure  de  la  suture  sphéno-temporale. 

Sur  12  crânes,  Dana  (1889)  a trouvé  la  branche  antérieure 
trois  fois  immédiatement  en  arrière  de  la  ptère  (et  dans  ces 
trois  cas  la  ptère  était  avancée)  ; et  neuf  fois  entre  les  branches 
de  la  ptère. 

La  branche  principale  de  la  scissure  de  Sylvius  correspond 
en  avant  à la  partie  antérieure  de  la  suture  écailleuse  d’après 
Bischoff  (1868).  Le  trajet  moyen,  selon  Heftler  (1873)  coïncide 
avec  la  même  suture. 

Pour  Turner  (1873),  la  scissure,  après  avoir  passé  entre  les 
deux  branches  de  la  ptère  gagne  la  suture  squameuse,  passe 


5 


- 66  - 


obliquement  sous  la  partie  supérieure  et  antérieure  de  l’écaille 
temporale,  puis  croise  de  nouveau  la  suture  , et  sort  sous  le 
pariétal. 

Ecker  (1876)  fait  passer  la  scissure  et  la  suture  au  même 
niveau  d’abord,  puis  la  suture  quitte  à angle  aigu  la  scissure 
pour  passer  en- dessous  sur  le  lobe  temporal. 

De  la  FouLHOüze  (1876),  sur  9 sujets,  a toujours  trouvé  la 
scissure  de  Sylvius  au-dessus  du  point  culminant  de  la  suture 
écailleuse,  à une  distance  qui  a varié  entre  0 et  10  millim. 

Pour  Broca  (1876),  l'extrémité  de  la  scissure  se  trouve 
approximativement  sur  la  ligne  qui  réunit  le  stéphanion  à la 
« fiche  lambdoïdienne  moyenne  »,  et  c’est  au  moyen  de  sa  dis- 
tance à ces  deux  points  qu’il  fixe  la  position  de  l’extrémité  de 
la  scissure.  La  ligne  est  à peu  près  horizontale.  Broca  n’a  pas 
donné  de  chiffres. 

Pozzi  (1877)  admet  que  le  trajet  moyen  de  la  scissure  dépasse 
presque  toujours  plus  ou  moins  la  suture,  surtout  en  arrière. 

Férè  (1881-1886)  dit  que  dans  les  deux  sexes,  la  scissure  de 
Sylvius,  dans  sa  moitié  antérieure,  suit  assez  exactement  la 
suture,  puis  qu’elle  se  recourbe  en  haut  en  se  dirigeant  au-des- 
sous et  en  arrière  de  la  bosse  pariétale. 

Horsley  (1887)  lait  passer  la  scissure,  comme  presque  tous 
les  anatomistes,  très  près  de  la  suture  squameuse  : elle  passe 
à 1/2  millim.  environ  au-dessus  de  cette  dernière  qu’elle  suit 
jusqu’à  son  point  culminant,  et  de  là  s’incurve  un  peu  en  haut 
vers  le  centre  de  la  bosse  pariétale  qu’elle  atteint  presque. 

Pour  Hare  (1888),  la  scissure  passe  au  sommet  de  la  suture, 
d’où  elle  remonte  vers  la  bosse  pariétale. 

Pour  Poirier  (1890),  elle  va  d’abord  rejoindre  l’angle  pos- 
térieur de  la  ptère  (union  des  sutures  temporo-pariétale  et 
sphéno-pariétale),  et  suit  dès  lors  la  suture  sur  une  longueur 
d’environ  4 centim.  Assez  souvent  elle  est  un  peu  plus  élevée 
que  cette  dernière.  Elle  l’abandonne  ensuite  et  se  dirige  très 


obliquement  en  haut  et  en  arrière,  pour  aller  se  terminer  un 
peu  au-dessous  et  en  arrière  de  la  bosse  pariétale. 

Nous  avons  pris,  en  vue  de  déterminer  les  rapports  de  la 
scissure  de  Sylvius,  un  certain  nombre  de  mensurations  qui 
nous  ont  donné  les  résultats  suivants  (V.  les  tableaux)  : 

L’origine  de  la  scissure  de  Sylvius  se  trouve  en  moyenne  à 
27  millim.  de  l’apophyse  orbitaire  externe  ; la  scissure  passe 
ensuite  toujours  au-dessus  de  la  suture  temporale,  pour  se 
trouver  de  4 à 5 millim.  au-dessus  d’elle,  environ  au  niveau  du 
point  le  plus  élevé  de  la  suture  ; elle  fait  dans  cette  première 
partie  de  son  trajet  un  angle  de  59°8  en  moyenne  avec  le  plan 
orbito- auriculaire,  toujours  facile  à tracer;  arrivée  au  niveau 
de  la  verticale  qui  passe  par  le  milieu  du  méat  auditif,  elle  se 
trouve  à une  hauteur  de  6 centimètres  au-dessus  de  ce  méat  ; 
sa  partie  postérieure  fait  avec  le  sillon  de  Rolando  un  angle 
très  variable  d’environ  50°  ; l’extrémité  de  la  scissure  de 
Sylvius  se  trouve  à une  distance  très  peu  constante  de  la 
scissure  de  Rolando  et  de  la  suture  sagittale;  son  trajet  moyen 
correspond  assez  exactement  à une  ligne  qui  va  de  l'apophyse 
orbitaire  externe  (à  l’endroit  où  son  bord  postérieur  se  recourbe 
pour  former  le  commencement  de  la  ligne  courbe  temporale), 
au  lambda,  et  son  extrémité  postérieure  se  trouve  sur  une 
ligne  qui  réunit  le  sommet  du  sillon  de  Rolando  à l’astérion. 
Nous  indiquerons  dans  quelques  instants  comment,  à l'aide  de 
ces  données,  nous  déterminons  sur  le  crâne  la  scissure  de 
Sylvius. 

Détcrmiuation  «le  la  scissure  «le  Sylvius. 


Les  rapports  que  nous  venons  d’indiquer  pourront  aider 
dans  la  recherche  de  la  scissure  de  Sylvius  le  chirurgien  qui 
a mis  une  partie  du  crâne  à nu,  et  lui  montrer  s’il  est  dans  la 
bonne  voie,  mais  ne  permettent  absolument  pas  de  déterminer 


- 68  - 


sur  le  crâne  recouvert  de  téguments  la  position  de  cette  scissure 
les  sutures  étant  à ce  niveau  profondément  cachées  sous  le 
muscle  temporal.  C’est  pourquoi  on  a cherché  plusieurs  procédés 
que  nous  allons  exposer. 

Hare  (1889)  trace  une  ligne  allant  de  l’apophyse  orbitaire 
externe  à l’inion.  En  arrière  du  premier  point,  il  prend  1 pouce 
1/8  (28mm6)  sur  cette  ligne.  Le  point  ainsi  trouvé  correspond 
à l’extrémité  antérieure  de  la  scissure  de  Sylvius.  (Sur 
11  cas , la  scissure  a été  une  fois  portée  à 1/8  de  pouce  en 
avant  ; c’est  la  plus  grande  variation  observée  par  Hare).  Pour 
trouver  la  direction  de  la  scissure,  Hare  tire  de  ce  premier 
point  une  ligne  droite  vers  la  bosse  pariétale. 

Reid  (1884),  dans  le  même  but,  trace  une  ligne  partant  d’un 
point  situé  à 1 pouce  1/4  (31mm7)  en  arrière  de  l'apophyse  orbi- 
taire externe,  et  aboutissant  à 3/4  de  pouces  (19mm;  au-dessous 
de  la  bosse  pariétale.  En  outre,  il  détermine  la  branche  ascen- 
dante de  la  scissure  en  menant  une  ligne  verticale  d’environ 
1 pouce  (25mm4)  et  partant  d’un  point  situé  à 3/4  de  pouce 
(19mm)  en  arrière  de  l’extrémité  antérieure  de  la  première 
ligne,  c’est-à-dire  deux  pouces  (50mm8)  en  arrière  et  un  peu 
au-dessus  de  l’apophyse  orbitaire  externe. 

Pour  déterminer  la  position  de  la  première  partie  de  la 
scissure  de  Sylvius  , Férè  trace  d’abord  les  deux  plans  : 
auriculo  - bregmatique  de  Busk  et  glabelio  - lambdoïdien 
de  Hamy.  Le  glabello-lambdoïdien  « passe  très  près,  assez 
souvent  à quelques  millimètres  au-dessus  de  la  partie  supé- 
rieure de  l’écaille  temporale,  dont  le  point  culminant  corres- 
pond à peu  près  à l’endroit  où  elle  est  coupée  par  le  plan 
auriculo-bregmatique.  Le  point  d’intersection  des  deux  plans, 
vertical  et  horizontal,  peut  donc,  avec  la  région  ptérique, 
donner  la  direction  approximative  de  la  scissure  de  Sylvius 
dans  sa  première  portion,  la  scissure  se  trouvant  à 2 ou  3 
millim.  de  la  ligne  indiquée  par  ces  points  ». 

Le  même  reproche  peut  être  fait  à ce  procédé  qu’à  celui  dont 


Ferê  s’est  servi  pour  la  recherche  du  sillon  de  Rolando,  c’est 
la  difficulté  de  déterminer  les  deux  plans. 

Horsley  (1887)  détermine  l’origine  de  la  scissure  de  Sylvius 
en  déterminant  le  ptérion  qui  lui  correspond.  Le  ptérion  est 
à mi-distance  d’une  ligne  verticale  située  entre  le  stépha- 
nion  et  le  bord  supérieur  du  milieu  do  l’arcade  zygoma- 
tique. D’après  Horsley  , on  peut  facilement  trouver  le  stépha- 
nion  en  suivant  d’une  part  la  suture  coronale,  facile  à 
sentir  avec  le  doigt  et  d’autre  part  ligne  courbe  temporale  que 
l’on  rend  sensible  en  faisant  contracter  le  temporal.  Nous  ne 
croyons  pas  que  ce  procédé  suffise  à déterminer  le  stéphanion, 
pour  la  seule  raison  qu’il  arrive  parfois  que  même  sur  le 
crâne  nu,  on  ne  peut  le  trouver. 

Anderson  et  Marins  (1889)  pour  déterminer  la  scissure 
commencent  par  construire  « une  ligne  frontale  »,  menée  d’un 
point  mi-sagittal  au  devant  du  conduit  auditif  externe  « point 
antitragien  » (Voy.  fig.7  et  8)  ; puis  ils  mènent  une  « ligne  squa- 
meuse »,  partant  de  l’apophyse  orbitaire  externe , et  passant 
par  l’union  du  1/3  inférieur  avec  le  1/3  moyen  de  la  ligne 
frontale.  Pour  ces  auteurs  , l’extrémité  antérieure  (apparente) 
de  la  scissure  se  trouve  sur  « la  ligne  squameuse  » de  1 pouce 
1/8  à 1 pouce  1/2  (28mm6  à 38mœl)  au  delà  de  l’apophyse  orbi- 
taire externe,  ou  environ  à 5/12  de  la  distance  de  l’apophyse 
à la  « ligne  frontale  » (V.  fig.  5 et  6). 

La  bifurcation  de  la  scissure  est  située  sur  la  « ligne  squa- 
meuse » entre  1 pouce  1/2  (38mm,l)  et  2 pouces  (50mm,8)  en 
arrière  de  l’apophyse  orbitaire  externe  ou  à 7/12  de  la  distance 
de  cette  apophyse  à la  « ligne  frontale  ». 

Le  trajet  de  la  branche  horizontale  entre  la  bifurcation  et  la 
ligne  frontale  correspond  presque  à la  ligne  squameuse,  et  il 
correspond  a a prolongement  de  cette  ligne  en  arrière  sur  une 
longueur  égale.  La  scissure  tourne  ensuite  en  haut  environ 
1/2  pouce  (12mm7)  parallèlement  à la  ligne  frontale.  Mais 
cette  terminaison  est  si  inexacte,  qu’un  cercle  d’un  pouce  de 


- 70  - 


Fig.  7.  — Détermination  des  sillons  et  circonvolutions  du  cerveau  sur  le 
crâne  mis  à nu.  — Les  scissures  sont  représentées  en  bleu  et  les 
sutures  en  rouge.  (D’après  W.  Anderson  et  G.  Marins). 


B B',  ligne  squameuse  ou  oblique;  — A A7,  ligne  frontale;  — RR.  sillon  de 
Rolando  ; — S S S,  scissure  de  Sylvius  ; — L.  suture  lambdoïde  ; — E E E, 
suture  temporale;  — cc,  suture  coronale  : — x,  stéphanion.  — 1,  commen- 
cement de  la  suture  de  Sylvius  (à  5/12  de  la  distance  du  point  angulaire  B' 
au  point  squameux,  situé  à l’intersection  des  deux  lignes  frontale  et  squameuse); 
— 2,  bifurcation  de  la  scissure  de  Sylvius  (aux  T/12  de  la  même  distance);  — 
3,  terminaison  de  la  scissure  de  Sylvius,  à 1/2  pouce  (12iuni,7)  du  point  pariétal 
B,  mesuré  sur  une  ligne  parallèle  à la  ligne  frontale;  — 4,  extrémité  supé- 
rieure du  sillon  de  Rolando,  à 3/8  de  pouce  (9nun,5)  en  arrière  du  point 
mi-sagittal  ; — 5,  extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando,  à 3/8  de  pouce 
(9mm,5)  en  avant  du  point  squameux  (sur  la  ligne  squameuse)  ; — 6,  scissure 
pariéto-occipitale.  aux  7/12  de  la  distance  entre  le  point  mi-sagittal  et  le  point 
iniaque. 


I 


- 71  - 


Point  m i - sagittaL 


Fig.  8.  — Détermination  des  scissures  sur  le  crâne  recouvert  de  ses 
téguments.  — Les  scissures  sont  rep  esentées  en  bleu.  (D’après 
W.  Anderson  et  G.  Marins). 

1,  commencement  de  la  suture  de  Sylvius  (à  5/12  de  la  distance  du  point  angu- 
laire B'  au  point  squameux,  situé  à l’intersection  des  deux  lignes  frontale  et 
squameuse)  ; 2,  bifurcation  de  la  scissure  de  Sylvius  (aux  *7/12  de  la  même 

distance)  ; 3,  terminaison  de  la  scissure  de  Sylvius,  à 1/2  pouce  (1 2mm,,7) 

du  point  pariétal  B,  mesuré  sur  une  ligne  parallèle  â la  ligne  frontale  ; — 
4,  extrémité  supérieure  du  sillon  de  Rolando,  à 3/8  de  pouce  (9mni,5)  en 
arrière  du  point  mi-sagittal  ; — 5,  extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando, 
à 3/8  de  pouce  (9mm,5>)  en  avant  du  point  squameux  (sur  la  ligne  squameuse). 


diamètre  n'a  pas  suffi  à couvrir  toutes  les  variations  que  les 
deux  auteurs  ont  trouvé  dans  leurs  20  sujets.  La  bosse  parié- 
tale est  presque  toujours  située  près  du  point  en  question. 

Dana  (1889)  a indiqué  un  long  procédé  de  détermination  de 
la  scissure  de  Sylvius.  IJ  trace  d’abord  une  ligne  verticale  du 
stéphanion  au  milieu  de  l’arcade  zygomatique.  Puis,  il  mène 
de  l'apophyse  orbitaire  externe  une  ligne  horizontale  j usqu’à 
la  partie  la  plus  élevée  de  la  suture  squameuse,  ligne  qu’il 
prolonge  en  arrière  en  la  recourbant  graduellement  de  façon 
à atteindre  la  bosse  pariétale.  Le  point  de  jonction  des  deux 
lignes  se  trouve  à l’origine  de  la  scissure  de  Sylvius.  La  ligne 
verticale  correspond  à peu  près  à la  branche  antérieure  ou 
verticale  de  la  scissure,  qui  est  cependant  située  un  peu  plus 
en  avant  et  qui  a environ  25  millim.  d’étendue.  La  partie  pos- 
térieure de  la  ligne  horizontale  marque  la  position  de  la 
branche  postérieure  de  la  scissure. 

Ce  procédé  n’est  pas  plus  pratique  que  celui  de  Horsley. 
Dana  a adopté  la  méthode  du  chirurgien  anglais  pour  déterminer 
le  ptérion.  Il  considère  la  règle  posée  par  lui  comme  assez  exacte 
pour  être  adoptée,  bien  qu’il  n’ait  pas  toujours  trouvé  le  ptérion  à 
la  place  indiquée.  Le  ptérion  est  situé  à 45  millim.  de  l’apo- 
physe orbitaire  externe,  entre  35  et  58  millim.  Nous  aimerions 
mieux  ce  procédé  de  détermination,  bien  que  le  ptérion  ait  une 
situation  très  variable  par  rapport  à l'apophyse  ; pour  Féré, 
la  distance  de  l’un  à l’autre  ne  serait  que  de  18  millim. 

Dana  a ajouté  à son  cyrtomètre  une  tige  mobile  sur  la 
branche  horizontale  de  l’instrument.  Cette  tige  doit  être  placée 
de  façon  que  son  extrémité  soit  au  niveau  de  l’apophyse  orbi- 
taire externe.  Son  bord  supérieur  indique  le  trajet  de  la 
scissure  de  Sylvius  quand  son  bord  inférieur  passe  tangentielle- 
ment  à la  suture  squameuse.  Mais  Dana  n’indique  pas  quel 
angle  doit  faire  cette  tige  avec  la  branche  horizontale. 

Poirier,  après  avoir  reproché  au  procédé  de  Hare  d’avoir 
recours  à un  point  de  repère  aussi  difficile  à trouver  que  l’est  la 


bosse  pariétale,  conseille  le  procédé  suivant  : faites  passer  un 
plan  par  la  suture  naso-frontale  et  le  sommet  du  lambda  : ce 
plan  coupera  le  crâne  suivant  une  ligne  naso-lambdoïdienne 
qui  suit  sur  une  longueur  de  4 à 6 cent,  la  portion  externe  de 
la  scissure  de  Sylvius  jusqu’au-dessus  du  conduit  auditif.  Cette 
ligne,  qui  aurait  l’avantage  d’être  des  plus  faciles  à tracer, 
passerait  en  moyenne  (d’après  des  mesures  prises  sur  25 
crânes)  à 6 cent,  au  dessus  du  trou  auditif.  Quant  au  lambda, 
Poirier  le  place  à 7 centim.  au-dessus  del'inion. 

Le  procédé  que  nous  conseillons  pour  découvrir  la  scissure 
de  Sylvius  est  très  analogue  à celui  du  prof.  Poirier,  mais,  au 
lieu  de  tracer  une  ligne  naso-lamdoïdienne,  nous  traçons  une 
ligne  « orbito-lambdoïdienne  »,  qui  lui  correspond  sensible 
meut  et  est  plus  facile  à conduire.  Le  point  où  le  bord  postérieur 
de  l’apcphyse  orbitaire  externe  se  relève  pour  former  la  ligne 
courbe  temporale  se  sent  bien  chez  tous  les  sujets.  Pour  le 
lambda,  si  on  ne  le  sent  pas  facilement  avec  le  doigt,  on  peut 
le  déterminer  par  sa  distance  de  l’inion  plus  facile  à trouver 
surtout  si,  à l’exemple  de  Poirier,  on  fait  fléchir  fortement 
la  tête  pour  tendre  le  ligament  cervical  postérieur  qui  s’insère 
à cette  protubérance. 

Le  lambda  est  situé  à environ  64  miilim.  de  l’inion  chez  les 
brachycéphales,  et  à environ  72  miilim.  chez  les  dolichocé- 
phales. La  différence  . comme  on  le  voit , mérite  d’être  notée. 
Si  l’on  veut  déterminer  le  lambda  par  sa  situation  sur  l’arc 
sagittal  en  mesures  proportionnelles,  on  saura  que  la  distance 
inio-lamboïdienne  est  les  21/100  de  l’arc  sagittal  (20/100  chez 
les  brachycéphales,  22/100  chez  les  dolichocéphales). 


CHAPITRE  V. 


SCISSURE  PERPENDICULAIRE  EXTERNE. 


Rapports  de  la  scissure. 

Gratiolet,  en  1857,  crut  trouver  cette  scissure  très  en 
arrière  de  la  suture  lambdoïde  ; il  en  fut  étonné  car  il  s’atten- 
dait à les  voir  coïncider. 

Pourtant,  Broca  démontra  4 ans  plus  tard  qu’elles  se  cor- 
respondent presque  toujours.  Elles  sont  rarement  éloignées 
de  plus  de  5 millimètres,  jamais  de  15.  La  scissure  peut  être  en 
avant  (1  à 4 millim.)  quelquefois  en  arrière;  exceptionnelle- 
ment elle  croise  obliquement  la  suture  (Broca). 

Heftler  en  1873,  remarqua  à son  tour  que  le  sommet  de  la 
scissure,  se  trouve  assez  souvent  au  niveau  de  la  suture  et  que 
son  trajet  lui  correspond  ou  la  croise. 

Pour  Féré  la  scissure  occipitale  externe  répond  dans  les 
deux  sexes  à peu  près  constamment  au  lambda.  Il  observa  cette 
disposition  35  fois  sur  54  femmes  et  4 fois  sur  8 hommes. 
Dans  21  cas  la  scissure  était  en  avant  (de  1 à 4 millim.)  ; dans 
deux  cas  elle  était  en  arrière  (2  à 3 millim.). 

Broca  et  de  la  Foulhouze  (1876)  firent  remarquer  une  obli- 
quité assez  fréquente  delà  scissure  par  rapport  à la  surface,  si 
bien  qu’une  fiche  enfoncée  à un  centimètre  en  dehors  de  la 
ligne  médiane  sur  la  lambda  (fiche  lambdoïdienne),  tombe  fré- 
quemment à 3 ou  4 millimètres  en  arrière  de  la  scissure  qui 


— 15  — 


pourtant  est  traversée  profondément.  — La  «fiche  temporale» 
leur  fit  faire  la  même  remarque  à propos  de  la  scissure  de 
Sylvius.  — Chez  5 adultes  et  4 vieillards  de  la  Foulhouze 
n’a  jamais  rencontré  la  scissure  en  arrière  de  la  suture. 

(Distances  : en  dedans  : adultes  : 0,  0,  0, 3, 15  (chez  un 
nègre)  ; vieillards  : 7, 10,  4, 15  ; et  en  dehors  : adultes  : 15, 9, 
0,  —3, 12  ; vieillards  : 17, 9, 0, 18). 

Turner  (1874)  place  la  scissure  en  avant  de  la  suture,  en 
dedans  à 0,7  ou  0,8  pouce  (18  à 20  millim.).  Il  reconnaît  les 
variations  dues  aux  différences  individuelles  1°  dans  la  confor- 
mation du  cerveau  ; 2D  dans  le  mode  d’ossification  de  l’écaille 
occipitale  à sa  partie  supérieure. 

Ecker  (1876)  a trouvé  chez  un  allemand  la  scissure  à 7 milli- 
mètres en  avant  de  la  suture.  La  scissure  et  la  suture  se  cor- 
respondaient à peu  près. 

Pozzi  (1877)  admet  les  résultats  de  Broca.  La  déformation  du 
cerveau  serait  d’après  lui  la  cause  d’erreur  dans  les  résultats 
donnés  par  le  procédé  de  Turner  (1). 

Hare  (1884)  a vu  la  scissure  perpendiculaire  externe  et  la 
suture  lambdoïde  coïncider  dans  un  cas.  Mais  dans  10  autres, 
la  scissure  était  en  moyenne  antérieure  de  5/8  de  pouce 
(16  millimètres).  En  1888,  il  porte  ces  chiffres  à 1/4  ou  1/2 
pouce  (6mm,3  à 12nim,7). 

Passet  place  la  scissure  en  avant  de  la  suture  de  : 


Hommes 

Femmes. 


Brachycéphales 0mm,6 

Dolichocéphales 0 ,2 

Brachycéphales 0mm,9 

Dolichocéphales 0 ,3 


Horsley  (1887)  place  la  scissure  à 2 ou  3 millim.  en  avant 
du  lambda. 


(1)  Une  erreur  typographique  semble  avoir  dénaturé  les  conclusions  de 
Turner  dans  l’ouvrage  de  Pozzi. 


Dana  (1889).  un  peu  en  avant. 

Pour  Poirier  (1890),  elle  répond  à peu  près  exactement  au 
lambda,  mais  il  l’a  souvent  trouvée  de  2 à 5 millim.  en  avant. 


Détermination  île  la  scissure. 


Mais  ces  rapports  quelqu’intéressants  qu’ils  soient  ne  nous  per- 
mettent pas  toujours  de  déterminer  sur  le  crâne  recouvert  de 
téguments  la  situation  de  la  scissure. 

Le  lambda  se  sent  rarement  en  effet  sans  difficulté.  Même 
sur  le  crâne  nu  sa  position  est  quelquefois  impossible  à recon- 
naître, par  disparition  de  ia  suture.  Aussi  plusieurs  procédés 
ont-ils  été  successivement  employés  pour  cette  déterminatiou. 
Ainsi  Férê  (1876),  qui  pour  trouver  la  scissure  prend  le  lambda 
comme  point  de  repère,  reconnaît  les  difficultés  qui  s’opposent 
parfois  à sa  détermination  II  conseille  alors  de  mener  un  plan 
par  la  glabelle  d’une  part  et  par  le  diamètre  transverse  frontal 
minimum  d’autre  part;  ce  plan  passera  par  le  lambda  : ce  sera 
le  plan  glabello-lambdoïdien.  Mais  ce  procédé  est-il  bien  pra- 
tique ? 

Pour  Reid  la  situation  de  la  scissure  est  des  plus  variables  ; 
pour  la  déterminer  il  prolonge  jusqu’à  la  partie  médiane  une 
ligne  droite  passant  par  un  point  situé  à un  pouce  1/4  (32  mill.) 
en  arrière  de  l'apophyse  orbitaire  externe,  et  par  un  second 
point  à 3/4  de  pouce  (19  millim.)  en  dessous  du  sommet  delà 
bosse  pariétale. 

Dana  fait  observer  combien  Reid  place  la  scissure  en  avant 
du  lambda.  La  bosse  pariétale,  en  outre,  nous  le  verrons  plus 
loin,  est  le  plus  souvent  impossible  à déterminer. 

Hare  (1884),  use  d'un  procédé  tout  différent.  Il  trace  préala- 
blement la  scissure  de  Rolando,  puis  mesure  la  distance  de  la 
scissure  perpendiculaire  externe  à ce  sillon.  Cette  distance 
varie  de  1 1/2 à 2 1/2  de  pouce  (38  millim.  à 57  millim.)  d’après 


— 77  — 


ses  recherches  sur  onze  individus.  La  moyenne  est  donc  de 
1 7/8  (48  millim.).  — En  1888,  il  évalue  la  distance  à 2 pouces 
(50mm,8).  Ce  chiffre  nous  paraît  encore  infiniment  trop 
faible. 

Passet  a indiqué  comme  distances  du  sillon  de  Rolando  à la 
suture  lambdoïde  les  longueurs  suivantes  : 


Anderson  et  Marins  (1889),  placent  la  scissure  aux  7/12  de  la 
distance  entre  le  point  sagittal  moyen  et  Timon.  Pour  la  décou- 
vrir, ils  conseillent  toutefois  de  l’écarter  un  peu  de  la  ligne 
médiane,  afin  d’éviter  le  sinus  longitudinal.  Le  point  déterminé 
par  ce  procédé  se  trouve  très  près  du  lambda.  Pour  trouver 
celui-ci  il  suffit  de  mesurer  sur  la  ligne  médiane,  à partir  de 
l’inion,  un  peu  moins  de  1/5  de  la  distance  glabello-iniaque.  Les 
résultats  ainsi  obtenus,  peuvent  varier  de  7/8  de  pouce 
(22  millim.). 

Enfin,  Dana  conseille  le  procédé  suivant  : 

Cherchez  le  lambda  et  déterminez  un  pointa  3 millim.  en 
avant  de  lui  ; tirez  de  ce  point  une  ligne  faisant  un  angle  droit 
avec  la  scissure  interhémisphérique  et  s’étendant  à environ 
22mm,5  de  chaque  côté  de  la  ligne  médiane.  Si  vous  ne  pouvez 
reconnaître  directement  la  situation  du  lambda,  mesurez  l'arc 

92  g 

naso-occipital  et  prenez-en  les à partir  de  l’Inion.  Cette 
longueur  indique  d’après  Bénédikt  la  distance  du  lambda  à 


Extrémité  inférieure. 


Extrémité  supérieure 
du  sillon. 


Hommes . . . 

Femmes 

Hommes . . . 
Femmes 


Brachycéphales. . 94mm,8 

Dolichocéphales.  104  ,8 

Brachycéphales. . 93n,m,3 

Dolichocéphales . 88  ,6 

Brachycéphales. . 66mm,4 

Dolichocéphales . 73  ,1 

Brachycéphales..  59mm,5 
Dolichocéphales . 63  ,5 


- 78  - 


l’inion;  elle  est  en  moyenne  de  7cm-,42  chez  l’homme  adulte; 
elle  est  d’un  peu  plus  de  1 millim.  plus  grande  chez  la  femme 
(Dana).  Ces  chiffres  sont  un  peu  plus  forts  que  ceux  que  nous 
avons  obtenus  (Y.  scissure  de  Svlvius). 

En  somme,  la  scissure  perpendiculaire  interne  se  trouve  un 
peu  en  avant  du  lambda  (0mm,6  chez  les  dolichocéphales,  lmm,6 
chez  les  brachycéphales,  d'après  nos  recherches).  Il  faut  donc, 
pour  la  déterminer,  rechercher  le  lambda.  Nous  ne  reviendrons 
pas  sur  les  procédés  employés  pour  cette  recherche , nous  les 
avons  énoncés  plus  haut. 

La  scissure  a une  direction  perpendiculaire  à la  ligne 
médiane,  aussi , pour  la  tracer  sur  le  crâne  , conseillons-nous 
de  la  tracer  des  deux  côtés,  à droite  et  à gauche  de  la  suture 
sagittale  ; les  erreurs  apparaissent  plus  facilement  de  la  sorte. 
La  ligne  de  la  scissure  prolongée  doit  aboutir  à l’astérion.  Ce 
point  est  un  de  ceux  qu’on  peut  le  plus  facilement  trouver  sur 
le  crâne.  Il  est  situé  juste  en  arrière  de  la  base  de  l’apophyse 
inastoïde,  et  correspond  à une  dépression  souvent  assez  pro- 
fonde. Quand  on  ne  le  sent  pas  avec  le  doigt,  on  peut  néan- 
moins fixer  sa  position  en  sachant  qu’il  est  situé  à peu  près  au 
niveau  du  bord  supérieur  de  l’aicade  zygomatique,  et  sur  le 
prolongement  du  bord  postérieur  de  l’apophyse  inastoïde. 


CHAPITRE  VI. 


SILLONS  ET  CIRCONVOLUTIONS  DU  LOBE 
FRONTAL. 


Le  lobe  frontal  est  situé  en  avant  de  la  scissure  de  Rolando. 

Sa  face  externe,  la  seule  que  nous  ayons  à considérer,  com- 
prend quatre  circonvolutions,  qui  sont  : la  frontale  ascendante 
et  les  3 circonvolutions  frontales  désignées  sous  le  nom  de 
lre,  2e,  3e  circonvolutions  frontales  (antéro-postérieures)  eu 
commençant  par  en  haut. 

Frontale  ascendante  et  sillon  précentral. 

Cette  circonvolution,  que  tous  les  auteurs  ne  regardent  pas 
comme  faisant  partie  du  lobe  frontal,  court  en  avant  du  sillon 
de  Rolando  et  en  arrière  des  3 circonv.  frontales,  dont  elle  est 
séparée  par  le  sillon  précentral,  prérolandique,  ou  frontal 
transverse. 

Heftler,  en  1873,  a trouvé  ce  sillon  à une  distance  de  20  à 
40  millim.  en  arrière  de  la  suture  coronale  à la  partie  supé- 
rieure et  à 10  millim.  environ  à la  partie  inférieure.  Turner 
indique  que  la  circonvolution  frontale  ascendante  se  trouve 
dans  ce  qu’il  appelle  Y « aire  antéro-pariétale  »,  c’est-à-dire 
derrière  la  suture  coronale,  le  1/3  inférieur  dans  l’aire  infé- 
rieure, et  les  2/3  supérieurs  dans  l’aire  supérieure. 

Mais  il  la  recule  un  peu,  puisqu’il  place  les  origines  des 


— 80  - 


3 circonvolutions  frontales  en  arrière  de  la  suture  coronale 
aux  distances  suivantes  : pour  la  lre,  1 pouce,  2 ou  1,3  (30mm,5 
à 33)  ; pour  la  2e,  1 pouce  environ  (25mm,4)  et  pour  la  3e,  un 
peu  moins  d’un  pouce. 

De  même  Broca,  de  la  Foulhouze  et  la  plupart  des  auteurs 
qui  se  sont  occupés  de  la  question  ont  trouvé  inutile  de  déter- 
miner cette  circonvolution  et  le  sillon  plus  ou  moins  complet 
qui  la  borde  en  avant,  étant  connu  qu’ils  sont  parallèles  à la 
scissure  de  Rolando.  C’est  aussi  lavis  de  Poirier. 

Reid  (1884),  dit  que  la  circonvolution  frontale  ascendante 
occupe  parallèlement  à la  ligne  rolandique  un  espace  de 
3/4  de  pouce  (19  millim.) 

Pour  Horsley  (1887),  le  sillon  précentral  ou  vertical  court 
immédiatement  en  arrière  de  la  suture  coronale.  parallèlement 
au  sillon  de  Rolando.  Il  court  en  haut  et  un  peu  en  arrière,  si 
bien  que  quand  une  tangente  au  bregma  se  trouve  dans  un 
plan  horizontal,  il  occupe  une  position  tout  à fait  verticale, 
d’où  son  nom  de  sillon  veitical.  Le  sillon  monte  jusqu’au 
millieu  du  pied  de  la  circonvolution  frontale  moyenne.  La 
largeur  de  la  circonvolution  qui  sépare  le  sillon  précentral 
de  la  scissure  de  Sylvius  est  de  1 centim  , largeur  à peu  près 
constante.  La  circonvolution  a son  extrémité  inférieure  immé- 
diatement sous  l’angle  antérieur  et  inférieur  du  pariétal. 

Dana  (1889),  accepte  les  résultats  obtenus  par  Horsley  ; le 
sillon  se  trouverait,  selon  lui,  à 2 millim.  en  arrière  de  la 
suture  à son  extrémité  inférieure  ; et  à sa  partie  supérieure, 
répondant  au  niveau  de  la  partie  moyenne  du  sillon  de 
Rolando,  il  serait  à 4 millim.  en  arrière.  En  résumé,  pour 
Dana,  le  sillon  précentral  est  parallèle  au  sillon  de  Rolando  et 
court  de  2 à 2 centim.  1/2  en  avant  de  lui. 

Muller  (1889),  a découvert  par  son  procédé  la  circonvo- 
lution frontale  ascendante  par  les  trous  19  et  20,  17  et  18,  et 
quelquefois  13  et  14.  (Y.  fig.  3 et  4). 


— 81  - 


Première  et  deuxième  circonvolutions  frontales 
et  sillons  frontaux. 

Les  sillons  frontaux  et  les  circonvolutions  frontales  pré- 
sentent tant  de  variétés  dans  les  différents  cerveaux  et  d’un 
côté  à l’autre  d’un  même  cerveau  que  l’on  ne  peut  prétendre 
trouver  avec  précision  leur  situation  sur  le  vivant.  Néanmoins, 
certains  points  de  repère  ont  été  donnés  qui  permettent  d’arri- 
ver à des  résultats  assez  approchés. 

La  limite  postérieure  ou  « origine  » de  ces  circonvolutions 
nous  est  connue  par  la  situation  de  la  frontale  ascendante.  Il 
ne  reste  donc  qu’à  voir  leur  hauteur  relative. 

Turner  les  place  toutes  deux  dans  la  zone  an téro- pariétale 
supérieure  en  arrière,  et  les  régions  frontales  supérieure 
et  moyenne  ; c’est  dire  qu’elles  sont  toutes  deux  situées 
au-dessus  de  la  ligne  courbe  ou  temporal.  La  lie  circonvolution 
frontale  supérieure  correspondrait  à l’aire  frontale  supérieure 
et  la  circonvolution  frontale  moyenne  à l’aire  frontale  moyenne 
qu’elle  pourrait  déborder  légèrement  en  arrière  et  en  bas. 

Les  recherches  de  Broca  (1876) , confirment  celles  de 
Turner,  le  second  sillon  frontal  correspond  presque  toujours 
d’une  manière  assez  exacte  à la  crête  temporale  de  l’os  frontal; 
plus  en  arrière,  ce  sillon  passe  à peu  près  sous  le  stéphanion 
qui  serait  situé  entre  la  2e  et  la  3e  circonvolution  frontale. 

De  la  Foulhouze,  Anderson  et  Marins,  ont  trouvé  des 
variations  si  considérables  qu’ils  ont  renoncé  à les  déterminer. 

Reid  (1884),  conclut  de  ses  expériences  que  le  premier 
sillon  frontal  correspond  à une  ligne  menée  du  trou  sus- 
orbitaire  à 3/4  de  pouce  (19  millim.)  en  avant  de  la  ligne 
rolandique  en  suivant  une  direction  parallèle  à la  scissure 
interhémisphérique,  et  que  le  second  sillon  frontal  correspond 
à la  partie  antérieure  de  la  crête  temporale.  C’est,  en  somme, 
ce  qu’avait  dit  Turner. 


6 


- 82  - 


Pour  Horsley  (1887),  le  sillon  frontal  supérieur  commence 
au  milieu  de  l’espace  compris  entre  le  sillon  de  Rolando  et  une 
ligne  qui  continue  le  sillon  précentral.  Le  sillon  frontal  infé- 
rieur se  détache  du  sillon  pi  écentral.  11  correspond  à la  ligne 
courbe  temporale  supérieure. Les  deux  sillons  frontaux  courent 
en  avant  et  un  peu  en  bas,  parallèlement  à la  scissure  interhé- 
misphérique. 

Pour  Hare  (1888),  la  partie  postérieure  du  sillon  frontal 
inférieur  est  à 1/2  pouce  au-dessus  de  la  scissure  de  Sylvius,  et 
le  sillon  a une  direction  perpendiculaire  à la  branche  ascendante 
de  la  même  scissure. 

Dana  (1889)  admet  les  descriptions  de  Reid  et  de  Horsley. 
Il  place  l’extrémité  postérieure  du  sillon  frontal  supérieur  à 
2 centim.  ou  2 1/2  en  avant  du  sillon  de  Rolando.  Le  sillon  infé- 
rieur part  du  sillon  précentral,  passe  un  peu  au-dessus  du 
stéphanion  et  suit  à peu  près  la  crête  temporale. 

Dans  le  procédé  de  Müller  (1889),  les  trous  1 et  2,  5 et  6, 
11  et  12,  3 et  4,  9 et  10  tombent  sur  les  deux  circonvolutions 
frontales  supérieures.  De  même  un  peu  les  trous  19  et  20.  (Y. 
fig.  3 et  4.) 

Les  rapports  de  la  bosse  frontale  avec  ces  sillons  sont  assez 
importants  à connaître,  car  ils  semblent  différer  chez  l’enfant 
et  chez  l’adulte,  comme  nous  le  verrons. 

Pour  Turner  la  bosse  frontale  peut  correspondre  au  sillon 
frontal  supérieur,  ou,  ce  qui  ne  serait  pas  rare,  à une  circonvo- 
lution de  dédoublement. 

Broca  trouve  le  plus  souvent  la  « fiche  » frontale  dans  la 
2e  circonvolution  frontale  à l’union  du  1 /3  antérieur  et  des  2/3 
internes. 

Pozzi  (1877),  d’après  Texamen  des  pièces  du  laboratoire 
d’anthropologie,  trouve  la  bosse  frontale  au  niveau  de  la  partie 
antérieure  de  la  lre  circonvolution  frontale. 

Poirier  (1890)  est  complètement  de  l’avis  de  Broca. 

Nous  avons  généralement  trouvé  le  second  sillon  frontal  un 


- 83  - 


peu  au-dessus  de  la  ligne  courbe  temporale  inférieure,  et  le 
plus  souvent  correspondant  à la  ligne  courbe  supérieure.  Le 
1er  sillon  trontal  est  à peu  près  à égale  distance  du  2e  sillon  et 
de  la  ligne  médiane,  généralement  un  peu  plus  près  de  cette 
dernière. 


Troisième  circonvolution  frontale. 

La  3e  circonvolution  frontale,  grâce  à l’importante  décou- 
verte faite  par  Broca  du  centre  du  langage  articulé,  mérite 
une  description  spéciale. 

Cette  circonvolution  sinueuse  se  compose  de  diverses  par- 
ties auxquelles  tous  les  anatomistes  ne  donnent  pas  les  mêmes 
noms.  La  partie  qui  se  trouve  située  en  arrière  de  la  branche 
verticale  se  nomme  pied  de  la  circonvolution,  opercule  ou  pli 
operculaire  ; immédiatement  en  avant  se  trouve  le  cap  ou  pli 
triangulaire  ; en  avant  se  trouve  le  pli  orbitaire. 

Broca,  en  1861,  lors  de  sa  découverte  du  centre  de  la 
mémoire  motrice  des  mots,  dont  il  plaça  le  siège  dans  le  pied 
de  la  3e  circonvolution  frontale  gauche,  indiqua  la  manière  de 
le  déterminer  sur  le  crâne  : prenez  5 centim.  en  arrière  de 
l’apophyse  orbitaire  externe,  sur  une  ligne  horizontale  : et,  au 
point  obtenu,  élevez  une  perpendiculaire  sur  cette  ligne  et 
mesurez  2 centim.  Sur  le  crâne  dépouillé  des  téguments,  la 
partie  inférieure  de  la  suture  coronale  indique  la  limite  anté- 
rieure de  la  région  ; la  limite  inférieure  (scissure  de  Sylvius) 
se  reconnaît  en  marquant  un  point  à un  centim.  au-dessus  de 
la  ptère , et  en  menant  de  là  une  droite  tangente  à la  suture 
écailleuse. 

Pour  Pozzi,  il  faudrait  prendre  15  millim,  en  arrière  du 
ptérion  et  2 centim.  au-dessus  de  la  suture  écailleuse. 

Pour  Turner  (1873),  la  3e  circonvolution  frontale  est  située 
en  grande  partie  dans  la  région  frontale  inférieure. 

Les  rapports  de  la  branche  antérieure  de  la  scissure  de 


— 84  - 


Sylvius  nous  ont  permis  de  reconnaître  ceux  du  cap  et  du  pied 
de  la  3e  circonvolution  frontale.  Nous  pouvons  ajouter  cepen- 
dant que  pour  Férè,  le  ptérion  répond  à l'intervalle  des  deux 
plis  ; pour  Broca  , il  est  situé  un  peu  plus  en  avant  ; pour 
Ecker  un  peu  plus  en  arrière,  car  pour  ce  dernier,  la  suture 
coronale  passerait  sur  l’opercule,  au  niveau  du  commencement 
de  la  scissure  de  Sylvius 

Dans  le  procédé  de  Muller  (1889),  les  trous  7 et  8,  faits  aux 
25/100  de  la  ligne  de  jonction  des  40/100  antérieurs  des  deux 
arcs  horizontal  et  sagittal  tombent  dans  la  circonvolution 
frontale  inférieure,  dans  le  cap  et  un  peu  dans  le  pied.  Pour 
trouver  la  partie  postérieure  de  la  3e  circonvolution  frontale, 
Müller  réunit  les  40  °/0  de  ses  2 arcs  (horizontal  et  sagittal)  et 
prend  20  °/0  de  la  ligne  de  jonction. 

Poirier  pour  découvrir  le  cap  se  sert  de  la  ligne  « naso- 
lambdoïdienne  » qui  passe  constamment  sur  le  bord  inférieur 
du  cap  au-dessus  du  milieu  de  l’apophyse  zygomatique,  et  l’on 
verra  que  nous  indiquons  nous-mêmes  de  trépaner  un  peu  au- 
dessus  de  la  ligne  orbito-lambdoïdienne  et  à 35  ou  40  millim. 
de  l’apophyse  orbitaire  externe  pour  découvrir  le  centre  cor- 
tical du  langage  articulé  (région  de  Broca  de  la  3e  circonvo- 
lution frontale). 


- 85  - 


CHAPITRE  VIL 

SILLONS  ET  CIRCONVOLUTIONS  DU  LOBE 
PARIÉTAL. 


Lobe  pariétal. 

Le  lobe  pariétal  se  trouve  tout  entier  sous  le  pariétal.  Il  est 
limité  en  avant  par  le  sillon  de  Rolando,  en  bas  par  la  scissure 
de  Sylvius,  en  arrière  par  la  scissure  perpendiculaire  externe. 

Il  se  compose  de  la  circonvolution  pariétale  ascendante,  du 
lobule  pariétal  supérieur  et  du  lobule  pariétal  inférieur. 

Circonvolution  pariétale  ascendante  et  sillon  post-rolandique 
ou  pariétal  transverse . 

Cette  circonvolution  et  ce  sillon  paraissent  suffisamment 
déterminés  par  le  sillon  de  Rolando  derrière  lequel  ils  se 
trouvent  (Broca,  de  la  Foulhouze,  Poirier). 

Selon  Turner  , la  ligne  courbe  temporale  correspond  à 
Lunion  du  1/3  inférieur  avec  le  1/3  moyen  de  la  circonvolution, 
de  même  que  pour  la  frontale  ascendante.  Le  plus  souvent,  le 
sillon  post-rolandique  n’est  que  le  commencement  de  l’inter- 
pariétal. 

Dans  le  procédé  de  Muller,  les  trous  15  et  16,  17  et  18,  13 
et  14,  27  et  28  tombent  plus  ou  moins  sur  la  circonvolution 
pariétale  ascendante  (v.  fig.  4). 


- 86  — 


Sillon  interpariétal. 

Ce  sillon,  très  important,  est  des  plus  irréguliers.  Il  sépare 
le  lobule  pariétal  supérieur  du  lobule  pariétal  inférieur  dont 
la  topographie  est  du  plus  haut  intérêt. 

Heftler  (1873)  le  fait  commencer  au-dessus  de  la  branche 
transversale  de  la  scissure  de  Sylvius,  à 15  ou  20  millim.  en 
arrière  de  l’extrémité  inférieure  de  la  scissure  de  Rolando. 

Broca  (1876)  trouve  le  sillon  presque  toujours  au-dessus  du 
centre  de  la  bosse  pariétale. 

Hare  (1884  et  1888)  le  fait  commencer  àl  pouce  (25 millim. 4) 
derrière  le  1/3  moyen  du  sillon  de  Rolando, de  là  il  monte  sur  la 
longueur  d’un  pouce  et  tourne  brusquement  en  arrière  vers  la 
scissure  perpeudiculaire  externe. 

Reid  (1884)  place  l’origine  du  sillon  à 1 pouce  environ  au-dessus 
et  en  arrière  de  l’angle  formé  par  les  scissures  de  Rolando  et 
de  Sylvius.  Le  sillon  monte  d’abord  parallèlement  au  Rolando 
environ  à 3/4  de  pouce  (19  millim.)  en  arrière  de  lui,  dans  son 
1/3  antérieur,  puis  se  courbe,  et  sa  partie  postérieure  se  trouve 
à 1/2  pouce  en  dehors  de  la  scissure  perpendiculaire  externe. 
La  partie  antérieure  du  sillon  sépare  la  circonvolution  pariétale 
ascendante  du  lobule  du  pli  courbe. 

Selon  Horsley,  le  sillon  naît  derrière  la  scissure  de  Rolando; 
se  dirige  en  haut  et  en  arrière  , puis  directement  en  arrière, 
à un  niveau  plus  bas  que  celui  du  sillon  frontal  supérieur;  delà, 
il  va  se  terminer  dans  le  lobe  occipital.  En  avant,  il  siège  à 
mi-distance  de  la  ligne  rolandique  et  de  la  bosse  pariétale,  entre 
cette  même  bosse  et  la  ligne  médiane  Ces  rapports , d’après 
Horsley  lui-même,  seraient  inconstants. 

Pour  la  détermination  de  la  scissure  interpariétale  Dana  a 
établi  les  principes  suivants  : 

1°  Déterminez  la  ligne  de  localisation  du  sillon  de  Rolando, 
2°  celle  de  la  scissure  de  Sylvius,  3°  celle  de  la  scissure  parieto- 


— 87  - 


occipitale  ; 4°  marquez  la  position  de  la  bosse  pariétale  ; 
5°  déterminez  un  point  au  niveau  de  la  courbure  de  la  ligne 
Rolandique  et  à 2 centim.  plus  en  arrière;  6°  à partir  de  ce 
point  tracez  une  ligne  courbe  à concavité  inférieure,  se  diri- 
geant en  arrière  et  en  haut  pour  passer  à égale  distance  de  la 
ligne  Rolandique  et  de  la  bosse  pariétale,  et  plus  loin  à mi-chemin 
de  la  ligne  sagittale  et  de  la  même  bosse  ; cette  ligne  doit  être 
continuée  en  arrière  jusqu’à  un  point  exactement  en  dehors  de 
l’extrémité  externe  de  la  scissure  perpendiculaire  externe.  La 
courbe  que  décrit  cette  ligne  correspond  à la  scissure  inter- 
pariétale. Le  lobule  pariétal  supérieur  siège  au-dessus  de  cette 
ligne  ; le  lobule  pariétal  inférieur  au-dessous. 

Nous  avons  fait  sur  le  sillon  interpariétal  un  certain  nombre 
de  recherches.  Ce  sillon  est  des  plus  variables  de  formes  et  de 
rapports.  Néanmoins,  nous  avons  été  frappé  du  peu  de  varia- 
tions de  la  distance  qui  sépare  sa  partie  la  plus  élevée  de 
l’astérion.  Cette  distance  s’est  trouvée  19  fois  sur  20  entre  80 
et  100  millim.,  tandis  que  la  distance  du  même  point  du  sillon 
à la  ligne  sagittale  a varié  de  10  à 66  millim. 


Lobule  pariétal  supérieur . 


Le  lobule  pariétal  supérieur  est  situé  en  arrière  de  la  circon- 
volution pariétale  ascendante,  et  au-dessus  du  sillon  interpa- 
riétal, en  avant  de  la  scissure  perpendiculaire  externe.  Nous 
avons  peu  de  choses  à en  dire  ; ses  rapports  sont  établis  par 
ceux  de  ses  limites. 

Selon  Turner,  ce  lobule  se  trouve  dans  les  aires  pariétales 
supérieures,  c’est-à-dire  au-dessus  de  la  ligne  courbe  tem- 
porale. 

Muller  a trouvé  dans  son  procédé,  le  lobule  pariétal  supé- 
rieur sous  les  trous  27  et  28,  25  et  26,  33  et  34.  (Y.  fig.  4.) 


- 88  - 


Lobule  pariétal  inférieur. 

Ce  lobule  se  compose  de  deux  gyrus,  à cheval,  l’un  sur  la 
scissure  de  Sylvius,  l’autre  sur  la  scissure  parallèle.  Le  1er 
s'appelle  lobule  du  pli  courbe  ou  gyrus  supramarginalis  , le 
second  pli  courbe,  ou  gyrus  angularis. 

On  a recherché  les  rapports  de  la  bosse  pariétale  avec  ces 
circonvolutions. 

Turner  (1873)  a trouvé  que  la  bosse  correspond  si  cons- 
tamment au  lobule  du  pli  courbe,  qu’il  appelle  ce  lobule  circonvo- 
lution de  la  bosse  pariétale. 

Byrom-Bramwell  adopte  cette  manière  de  voir. 

Pozzi  (1877)  après  avoir  examiné  les  pièces  du  laboratoire 
d’anthropologie,  conclut  que  le  milieu  de  la  bosse  pariétale 
correspond  à la  partie  supérieure  du  lobule  du  pli  courbe,  et 
que  le  pli  courbe  se  trouve  en  moyenne  à 3 centimètres  en 
arrière. 

Pour  Dana  (1889),  la  bosse  pariétale  correspond  à peu  près 
au  milieu  du  lobule  pariétal  inférieur.  Poirier  n’admet  pas 
que  les  rapports  de  cette  bosse  soient  aussi  invariables  que  le 
prétend  Turner. 

Sa  détermination  sur  le  vivant  est  fréquemment  chose 
impossible,  sur  les  vieillards  principalement.  Quoiqu'il  en  soit, 
Pozzi  conseille  de  la  chercher  avec  le  doigt  ou  avec  le  compas 
d’épaisseur  (elle  correspond  aux  extrémités  du  diamètre 
transverse  maximum). 

Anderson  et  Marins  (1889  disent  qu'elle  est  située  généra- 
lement à mi-distance  d’une  ligne  partant  d'un  point  situé 
immédiatement  au-devant  du  conduit  auditif  externe  et  allant 
à la  suture  sagittale  ; mais  ses  variations  peuvent  atteindre  1/2 
pouce  en  hauteur  et  un  pouce  en  largeur  (13  et  25  milllim.) 

On  s’est  encore  servi  d'autres  points  de  repère  pour  déter- 
miner les  circonvolutions  du  lobule  pariétal  intérieur. 


Turner  (1873)  place  le  lobule  du  pli  courbe  dans  ses  4 aires 
pariétales,  c’est-à-dire  au-dessus  et  au-dessous  de  la  ligne 
courbe  temporale  et  en  avant  et  en  arrière  d’un  pian  vertical 
passant  par  les  bosses  pariétales.  11  place  le  pli  courbe  en 
arrière  du  lobule  du  pli  courbe  dans  les  zones  postéro-pariétales 
inférieure  et  supérieure,  c’est-à-dire  en  arrière  du  plan  vertical 
passant  par  les  bosses  pariétales. 

Muller  (1889;  a déterminé  le  pli  courbe  ou  gyrus  angulaire  à 
l’aide  de  son  ingénieux  procédé.  Il  joint  les  65/100  de  ses  2 arcs 
horizontal  et  sagittal,  et  prend  57/100  sur  la  ligne  de  jonction. 
Il  a trouvé  des  variations  a.ssez  étendues  dans  la  situation  de 
ce  gyrus.  — En  outre,  ses  trous  31  et  32  tombent  dans  le  pli 
courbe.  (V.  fig.  4.) 

Poirier  a obtenu  constamment  sur  20  hémisphères  céré- 
braux, des  résultats  précis  en  prenant  sur  la  ligne  courbe 
« naso-lambdoïdienne  » 10  centim.  à partir  du  lambda  pour  le 
lobule  du  pli  courbe  et  7 centim.  pour  le  pli  courbe.  Il  tombe 
ainsi  sur  la  partie  inférieure  du  lobule  du  pli  courbe  et  dans  le 
1/3  moyen  du  pli  courbe. 

Nous  avons  longtemps  cherché  avant  de  trouver  un  procédé 
pratique  de  détermination  du  lobule  du  pli  courbe  et  du  pli 
courbe.  Le  procédé  que  nous  croyons  le  plus  précis  et  le  plus 
simple  est  le  suivant  : pour  découvrir  le  lobule  du  pli  courbe, 
trépanez  sur  une  ligne  (facile  à construire)  qui  va  du  sommet 
du  sillon  de  Rolando  à l’astérion,  à 15  millim.  au-dessus  du 
point  où  cette  ligne  est  croisée  par  la  ligne  orbito-lambdoï- 
dienne.  Ce  procédé  nous  a donné  d’excellents  résultats  : les 
couronnes  de  trépan  découvrent  le  milieu  du  lobule  , un  peu 
au-dessus  de  la  terminaison  de  la  scissure  de  Svlvius.  — 
Pour  trouver  le  pli  courbe,  trépanez  à 2 centim.  en  arrière  du 
même  point  de  jonction  des  deux  lignes  « rolando-astérique  » 
et  « orbito-lambdoïdienne  » (V.  fig.  16). 


- 90  - 


CHAPITRE  VIII. 

SILLONS  ET  CIRCONVOLUTIONS  DES  LOBES 
TEMPORO-SPHÉNOÏDAL  ET  OCCIPITAL 


Sillous  et  eirconvolutious  du  lotie  temporo- 
sphénoïdal. 

Les  anatomistes  se  sont  peu  occupés  de  rechercher  les  rap- 
ports des  sillons  et  circonvolutions  de  ce  lobe  avec  la  boîte 
crânienne.  Nous  avons  vu  ceux  de  son  bord  inférieur  à propos 
du  bord  inférieur  du  cerveau. 

Pour  Broca  (1876)  le  sillon  sous-sylvien  ou  scissure  paral- 
lèle de  Gratiolet,  et  les  2 premières  circonvolutions  tempo- 
rales sont  suffisamment  déterminées  quand  on  connaît  la 
situation  de  la  scissure  de  Sylvius  qui  leur  est  parallèle.  Pour 
la  3e  circonvolution  temporale,  on  sait  qu’elle  correspond  à la 
base  de  l’écaille  temporale,  puisqu’elle  forme  le  bord  externe 
de  Thëmisphère. 

De  la  Foülhouze  (1876)  trouve,  comme  Broca,  qu’il  est 
inutile  de  les  déterminer  davantage. 

Pour  Turner  (1873),  le  lobe  temporo-sphénoïdal  corres- 
pond en  grande  partie  par  ses  2/3  antérieurs  au  temporal  et  à 
l’aile  du  sphénoïde  ; il  dépasse  en  outre  la  suture  écailleuse  en 
avant  et  en  arrière. 

Ecker  (1876)  trouve  que  la  suture  écailleuse  suit  dans  une 
petite  étendue  le  trajet  du  sillon  temporal. 


- 91  - 


Pour  Reid  (1884)  le  sillon  parallèle  se  trouve  à 1 pouce 
(25mm,4)  sous  la  scissure  de  Sylvius,  et  le  2e  sillon  temporal  à 
3/4  pouce  (19  millim.)  sous  le  sillon  parallèle. 

D’après  Broca,  pour  découvrir  la  circonvolution  temporale 
supérieure,  il  faut  prendre  sur  une  ligne  horizontale  5 centim. 
à partir  de  l’apophyse  orbitaire  externe,  '2  centim.  par  consé- 
quent sous  le  pied  de  la  3e  frontale. 

Pour  Dana  (1889),  une  ligne  horizontale  passant  par  l’inion 
et  le  centre  de  l’orbite  limite  en  bas  les  lobes  temporal  et 
occipital;  une  autre  ligne  oblique,  passant  par  le  centre  de 
l’orbite  et  le  lambda  passe  au  milieu  du  grand  axe  du  lobe 
temporal  parallèlement  à la  2e  circonvolution  temporale. 

Dana  admet  les  résultats  de  Reid  pour  la  détermination  des 
sillons  temporaux  : le  premier  est  parallèle  à la  scissure  de 
Sylvius  et  court  à 2 cent.  5 au-dessous,  le  second  est  à environ 
2 centim.  sous  le  premier. 

Dans  le  procédé  de  Muller  , les  trous  13  et  14.  23  et  24, 
21  et  22,  29  et  30  tombent  sur  le  lobe  temporal  (V.  figure  4, 
page  32). 

Poirier  place  le  sillon  parallèle  à 12  ou  15  millim.  au-dessous 
de  la  scissure  de  Sylvius,  il  lui  donne  donc  une  épaisseur 
moindre  que  Reid  et  Dana. 

Il  conseille  pour  ouvrir  les  abcès  d’origine  temporale  de  tré- 
paner sur  la  verticale  passant  par  le  méat  auditif,  à 3 centim. 
au-dessus  de  ce  méat , et  non  de  suivre  les  procédés  de 
Bergmann  et  de  Macewen.  Bergmann  trépane  un  peu  en  avant 
et  au-dessus  de  l’angle  postérieur  et  inférieur  du  pariétal  ; il 
détermine  cet  angle  en  traçant  une  ligne  du  méat  auditif  à la 
protubérance  occipitale  externe,  et  en  élevant  sur  cette  ligne 
une  perpendiculaire  de  4 à 5 centim.  en  arrière  du  méat.  Ce 
procédé  conduit  sur  la  partie  la  plus  reculée  du  lobe  temporal, 
tandis  que  celui  de  Poirier  fait  tomber  en  plein  dans  la  2e  circon- 
volution temporale.  Macewen  prend  6 centim.  au-dessus  du 


- 92  - 


conduit  auditif  externe,  mais  ce  procédé  fait  découvrir  la 
scissure  de  Sylvius. 

M’Bride  et  Muller  conseillent,  suivant  Hare,  de  trépaner 
à 1/2  pouce  (12mm,7)  au-dessus  du  méat  pour  évacuer  les  abcès 
d’origine  lympanique.  Le  point  découvert  se  trouve  sur  la 
ligne  orbito-iniaque. 


Lobe  occipital. 

Ce  lobe  siège  en  arrière  de  la  scissure  perpendiculaire 
externe,  et  au-dessus  de  la  tente  du  cervelet. 

Ses  circonvolutions  sont  « trop  étroites  et  trop  peu  impor- 
tantes pour  mériter  de  donner  lieu  à des  recherches  topogra- 
phiques spéciales.  » (Broga  1876). 

Cependant,  Broca  donne  des  indications  qui  permettent  de 
déterminer  très  approximativement  le  sillon  occipital  supé- 
rieur : il  est  sur  le  prolongement  de  la  ligne  qui  indique  le 
trajet  du  sillon  pariétal,  eton  sait  d’autre  part,  qu’il  va  aboutir 
à la  pointe  du  lobe  occipital,  pointe  qui  correspond  à l’inion. 

Dans  le  procédé  de  Muller  (1889),  les  trous  33  et  34,  31  et 
32,  29  et  30,  37  et  38,  35  et  36  tombent  dans  le  lobe  occipital. 
(Y.  fig.  4).  — L’examen  attentif  de  notre  pl.  II , fera  voir  que 
le  lobe  occipital , à peu  près  tout  entier  situé  en  arrière  de  la 
suture  lambdoïde,  qui  est  elle-même  sensiblement  parallèle  à 
la  scissure  pariéto-occipitale  , peut  être  partagé  en  3 surfaces 
cunéiformes  dont  la  base  regarde  les  lobes  pariétal  et  temporal 
(elle  répond  aux  plis  de  passage  occipito-pariéto-temporaux)  et 
le  sommet  à la  terminaison  cunéiforme  elle-même  du  lobe 
occipital.  Eh  bien,  on  peut  dire  d’une  façon  très  générale,  que 
la  lrc  circonvolution  frontale  occupe  l’étage  supérieure  du  lobe, 
la  seconde  l’étage  moyen,  et  la  3e  l’étage  inférieur. 


- 93  — 


CHAPITRE  IX. 

RAPPORTS  DES  PARTIES  PROFONDES 
ET  DU  CERVELET. 


Rapports  de  l lnsula  de  Reil. 

On  s’est  généralement  peu  occupé  des  rapports  de  l’insula 
de  Reil,  car  ils  ne  présentent  pas  d’intérêt  pratique  immédiat. 

Voici  ce  qu’en  a dit  Heftler,  le  seul  anatomiste  qui,  à notre 
connaissance,  s’en  soit  occupé  d’une  façon  un  peu  complète. 

Heftler  dit  qu’une  aiguille  enfoncée  horizontalement  au 
sommet  de  la  suture  temporale  pénètre  vers  le  milieu  de 
l’insula.  Dans  la  « norma  parietalis  »,  la  suture  coronale  cor- 
respond en  moyenne  à la  partie  antérieure  de  l’insula  ; l’aiguille 
plongée  verticalement  par  la  suture  fronto-pariétale  à 4 centim. 
en  dehors  de  la  suture  sagittale,  pénètre  dans  le  1/3  antérieur 
de  l’insula.  D’après  la  « norma  frontalis  »,  l'aiguille  pénètre 
dans  l’insula  quand  elle  traverse  le  crâne  horizontalement  à 
5 millim.  au-dessus  du  bord  orbitaire,  et  de  35  à 40  millim.  en 
dehors  de  la  ligne  médiane  du  front.  D’après  la  « norma  occi- 
pitalis  »,  l’aiguille  pénètre  dans  l’insula  quand  on  la  plonge 
dans  une  direction  horizontale  à 4 centim.  d’un  point  situé  à 
1 centim.  au-dessous  de  l’union  de  la  suture  sagittale  avec  la 
suturelambdoïde. 

Turner  s’est  contenté  d’indiquer  quel’insula  était  en  rapport 
médiat  avec  la  grande  aile  du  sphénoïde  et  le  ptérion,  et  Férê 
nous  a appris  que  le  plan  qui  limite  en  arrière  la  couche 
optique  limite  également  la  partie  postérieure  de  l’insula  (Fig.  9). 


- 94  - 


Ces  rapports  n’ont  qu’un  intérêt  secondaire  ; nous  en  dirons 
autant  de  ceux  des  ganglions  centraux. 


Rapport»  (les  ganglions  centraux  avec  la  voûte 
(lu  crâne. 

Les  ganglions  centraux  sont  situés  partout  fort  loin  de  la 
voûte  du  crâne.  Leurs  rapports  ont  néanmoins  été  étudiés  par 
Féré. 


Fig.  9,  — Cette  figure  est  destinée  à montrer  les  rapports  des  parties  pro- 
fondes du  cerveau  avec  les  parties  superficielles  et  avec  le  crâne, 
d'après  Féré. 

C,  ptérion.  — B,  bregma.  — F1,  F2,  F3,  lre,  2°,  3e  circonvol.  frontales.  - T*. 
T2,  T3,  lre,  2e,  3e  circonvol.  temporales.  — O1,  O2.  O3,  lre,  2°,  3e  circonvol. 
occipitales.  — PS,  lobule  pariétal  supérieur  — Pi,  lobule  pariétal  inférieur.  — 
R R',  sillon  de  Rolando.  — S,  scissure  de  Sylvius.  — K E,  R'  H,  plans  qui 
limitent  en  avant  et  en  arrière  les  noyaux  gris  centraux.  — N M,  plan  qui 
limite  en  haut  les  ganglions  centraux. 


- 95  - 


Féré  (1875)  a indiqué  trois  coupes  qui  limitent  les  ganglions 
centraux  (Y.  fig.  9).  La  première  verticale  et  transversale, 
passant  à 4 centim.  de  l’extrémité  antérieure  du  cerveau, 
entame  légèrement  la  parlie  antérieure  du  noyau  intra-ventri- 
culaire  du  corps  strié  ; la  seconde,  verticale  et  transversale, 
passant  par  le  sommet  de  la  scissure  de  Rolando  et  l’astérion, 
à 1 centim.  en  arrière  de  l’apopuyse  mastoïde,  limite  en  arrière 
les  couches  optiques  ; la  troisième,  horizontale,  passant  à 
3cent-,5  de  la  convexité  des  hémisphères,  ou  à 4 1/2  de  la  con- 
vexité de  la  tête,  limite  en  haut  les  noyaux  gris.  (Le  1er  plan 
passe  par  les  2 ptérions). 

Dana  a reproduit  les  indications  de  Féré  dans  ses  règles  de 
topographie  cranio-cérébrale. 

Cervelet. 

Les  rapports  du  cervelet  sont  faciles  à établir,  le  cervelet  se 
trouvant  en-dessous  du  sinus  latéral,  et  par  conséquent  de  la 
ligne  courbe  occipitale  supérieure. 

Poirier  insiste  sur  les  rapports  du  cervelet  et  sur  les  moyens 
de  le  découvrir  par  la  trépanation  ; il  dit  : « au-  dessous  de  la 
ligne  du  sinus,  mais  à un  bon  centimètre  au-dessous  de  cette 
ligne  pour  éviter  sûrement  le  sinus  latéral,  c’est  le  cervelet. 
Plus  pratiquement  encore,  on  peut  joindre  par  une  ligne  droite 
le  sommet  de  l’apophyse  mastoïde  à la  protubérance  occipitale 
externe  et  trépaner  au  milieu  de  cette  ligne.  » 

Poirier  appelle  en  outre  l’attention  sur  ce  fait  que  le  1/3 
postérieur  de  l’apophyse  mastoïde  correspond  au  cervelet,  et 
raconte  qu’il  l’a  vu  découvrir  par  des  chirurgiens  qui  trépa- 
naient l’apophyse  mastoïde. 


- 96  — 


CHAPITRE  X. 

ARTÈRES,  VEINES  ET  SINUS. 


Rapports  (les  artères. 

Les  artères  du  cuir  chevelu  sont  nombreuses  , mais  leurs 
rapports  nous  intéressent  peu.  On  peut  sentir  facilement  battre 
sous  le  doigt  les  principaux  troncs.  La  figure  10  montre  leurs 
rapports  d'une  façon  très  suffisante. 

Notons  cependant  que  l'artère  temporale  profonde  moyenne 
imprime  dans  plus  des  2/3  des  cas  un  sillon  sur  l’os  temporal 
qui  sc  prolonge  parfois  jusque  sur  le  pariétal.  Ce  sillon,  dont 
nous  n’avons  retrouvé  nulle  part  la  description,  a été  pourtant 
représenté  par  Gray,  Pozzi,  Henning,  Holden,  mais  sans  que 
ces  anatomistes  en  aient  fait  la  moindre  mention  dans  leur  texte 
Nous  avons  disséqué  cette  artère  injectée,  pour  nous  assurer 
de  son  origine,  et  nous  avons  fait  représenter  d’après  les 
sillons,  quelques-unes  des  dispositions  que  nous  avons  obser- 
vées. 

L’artère  sus -orbitaire  imprime  également,  dans  certains  cas, 
un  ou  plusieurs  sillons  sur  le  frontal. 

Les  artères  de  l’intérieur  du  crâne  sont  beaucoup  plus  inté- 
ressantes, car  rien  à l'extérieur  ne  révèle  leur  situation  et 
leur  section  peut  être  la  source  d’accidents  sérieux. 

La  plus  importante  est  sans  contredit  Yartere  méningée 
moyenne. 


— 97  - 


7 


Fèrè  et  Marchant  ont  bien  étudié  les  rapports  de  cette 
artère. 

Elle  offre  deux  branches  terminales  ; mais,  comme  l’anté- 
rieure se  subdivise  presque  en  2 troncs  d'égale  importance 
avant  d’arriver  à la  limite  supérieure  de  l’écaille  du  temporal, 
il  en  résulte  que  sur  la  partie  latérale  du  crâne,  dans  la  région 
la  plus  accessible  aux  traumatismes,  la  méningée  moyenne  offre 
3 branches  à considérer. 

L’artère  creuse  des  sillons  dans  le  crâne,  qui  commencent  à 
s’accuser  déjà  nettement  à 3 ou  4 mois. 

a)  La  branche  antérieure  se  dirige  en  dehors  et  en  avant 
vers  l’angle  antéro-inférieur  du  pariétal  (vers  le  ptérion;  ; elle 
arrive  sur  la  face  interne  du  pariétal  à 5 millim.  en  moyenne 
en  arrière  de  cet  angle.  A ce  niveau,  le  pariétal  lui  fournit  une 
gouttière  plus  profonde  que  partout  ailleurs  et  souvent  un 
canal  complet,qui,  chezles  adultes,  peut  présenter  2 ou  3 centim. 
de  longueur,  et  davantage  chez  les  vieillards  ; du  reste , ce 
canal  peut  exister  chez  les  jeunes  sujets. 

Plus  haut,  la  gouttière  de  la  branche  antérieure  est  encore 
généralement  plus  profonde  que  celle  des  autres  branches  ; 
elle  remonte  le  long  de  la  suture  coronale  et  en  arrière  d’elle  ; 
sa  direction  est  un  peu  plus  oblique  que  celle  de  la  suture. 

Sa  distance  du  ptérion  est  de  0,005  (0  à 13mm). 

Partie  moyenne,  distance  de  la  suture  0m,013  (5  à 20mm). 

Partie  supérieure,  distance  de  la  suture  0,015  (3  à 31). 

Une  seule  fois  sur  25  elle  passait  en  avant  de  la  suture. 

b)  Le  2e  rameau  important,  rameau  postérieur  de  la  branche 
antérieure,  naît  18  fois  sur  25  sur  la  face  interne  de  l’écaille  du 
temporal,  passe  sur  le  bord  supérieur  de  cette  écaille  à 
38  millim.  en  arrière  du  ptérion  (17  à 55)  ; à la  partie  moyenne 
du  pariétal,  il  se  trouve  à 54  millim.  en  arrière  de  la  suture 
coronale  (45  à 75).  Plus  haut,  le  vaisseau  se  dirige  obliquement 
vers  le  bord  supérieur  du  pariétal,  mais  avec  des  inflexions 
très  variables. 


- 99  - 


c)  La  3e  branche,  méningée  postérieure,  émerge  de  l’écaille 
du  temporal  à 58  millim.  en  moyenne  en  arrière  du  ptérion 
(53  à 67),  puis  se  rapproche  de  la  suture  lambdoïde,  à laquelle 
elle  est  quelquefois  parallèle. 

C’est  donc  la  lre  surtout  qui  est  à peu  près  fixe. 

La  branche  antérieure  est  par  conséquent  bien  en  avant  du 
sillon  de  Rolando  ; elle  est  à quelques  millimètres  en  avant  de 
la  branche  verticale  de  la  scissure  de  Sylvius  ; l’extrémité 
externe  du  sillon  est  de  20  à 25  millim.  en  arrière  de  la 
branche  antérieure,  et  plus  en  arrière  encore  en  haut.  Les 
rapports  des  2 autres  branches  sont  beaucoup  moins  constants; 
pourtant , la  2e  est  en  arrière  du  sillon  , et  même  le  plus 
souvent  de  la  pariétale  ascendante. 

La  détermination  sur  le  vivant  n’est  possible  que  pour  la 
branche  antérieure  de  la  méningée  ; elle  se  fait  au  moyen  du 
ptérion  et  du  bregma.  Or  Féré  a trouvé  le  ptérion  à 18  millim, 
en  arrière  de  l’apophyse  orbitaire  externe  chez  la  femme,  et  à 
25  millim.  chez  l’homme.  Donc , l'extrémité  inférieure  de 
l’artère  sera  de  23  à 30  millim.  en  arrière  de  l’apophyse  orbi- 
taire externe. 

Pour  Marchant,  il  faut  compter  en  arrière  du  bregma, 
16  ou  17  millim.  environ.  La  distance  de  l’artère  au  sillon  est 
en  bas  de  20  à 25  millim.,  en  haut  de  38  chez  la  femme,  31 
chez  l’homme.  La  branche  moyenne  est  distante  de  l’apophyse 
orbitaire  externe  de  : 


La  branche  postérieure  est  à 83  millim.  en  arrière  de  l’apo- 
physe orbitaire  externe  chez  l’homme,  à 76  chez  la  femme. 
L’axe  vertical  de  l’apophyse  mastoïde  croiserait  sa  direction 
(Marchant.) 


Au  niveau  de  son  origine 


Hommes..  63. 
Femmes..  72. 


A la  partie  moyenne  du  pariétal 


— 100  — 


Pour  Dana,  la  seule  branche  dont  le  chirurgien  ait  à s’occu- 
per est  cette  branche  méningée  moyenne  antérieure  ; c’est 
également  la  seule  dont  parle  Hare  dans  son  travail  sur  la 
topographie  cranio-cérébrale. 

Selon  Poirier,  pour  arriver  sur  l’artère  méningée  moyenne, 
Jacobson  conseille  de  trépaner  à 5 centim.  en  arrière  et  à 
12  millim.  au-dessus  de  l’apophyse  orbitaire  externe;  Yogt  à 
l’intersection  d’une  horizontale  située  à 2 travers  de  doigt 
au-dessus  de  l’arcade  zygomatique,  et  d’une  autre  verticale 
passant  à un  travers  de  pouce  en  arrière  de  la  branche  mon- 
tante du  malaire.  Ces  2 procédés  seraient  exacts  ; néanmoins 
Poirier  conseille  d’élever  une  perpendiculaire  sur  l'apophyse 
zygomatique  à égale  distance  du  bord  postérieur  de  l’apophyse 
montante  du  malaire  et  du  conduit  auditif  , et  de  prendre 
5 centim.  au-dessus  de  l’apophyse  zygomatique  sur  la  perpen- 
diculaire. Ce  procédé  lui  a toujours  réussi  sur  30  cadavres. 

Nous  avons  également  fait  quelques  recherches  sur  la  direc- 
tion de  l’artère  méningée  moyenne.  Nous  en  retiendrons  ce 
seul  fait,  en  contradiction  avec  les  opinions  précédentes,  que 
la  branche  antérieure  de  l’artère  méningée,  située  d’abord  de 
5 à 10  millim.  en  arrière  du  ptérion,  monte  le  long  de  la 
suture  coronale  en  conservant  la  même  distance,  et  même 
quelquefois  s’en  rapproche  de  façon  à se  diriger  vers  le 
bregma.  Quant  aux  branches  postérieures,  nous  les  avons 
trouvées  assez  variables. 

Nous  avons  fait  figurer  les  rapports  des  artères  du  cuir  che- 
velu et  de  la  dure-mère  dans  la  figure  11. 


Fig.  11,  destinée  à montrer:  1°  les  rapports  des  artères  du  cuir  chevelu  et  de 
la  dure-mère  avec  le  crâne  et  avec  les  circonvolutions;  et  2°  les  rapports 
des  sillons  et  circonvolutions  du  cerveau  et  avec  les  sutures  du  crâne. — 
Les  artères  sont  représentées  en  rouge,  — les  sinus  latéral  en  bleu.  — 
Les  lignes  pointillées  correspondent  aux  artères  de  l’intérieur  du  crâne, 
les  lignes  pleines  à celles  de  l’extérieur. 

RR,  sillon  de  Rolando.  — SS,  scissure  de  Sylvius.  — PO,  scissure  pariéto- 
occipitale.  — III.  sillon  interpariétal. — F1,  F2,  F3,  lre,  2e,  3e  circonvolutions 
frontales.  — Fa,  circonvolution  frontale  ascendante.  — Pa,  circonvolution 
pariétale  ascendante.  — Pi,  lobule  pariétal  inférieur.  — PS,  lobule  pariétal 
supérieur.  — Pc,  pli  courbe.  — T1,  T2,  lrc,  2e  circonvolutions  temporales. — 
TT,  ligne  courbe  temporale  inférieure. — T',  ligne  courbe  temporale  supérieure* 
— a?,  sléphanion  supérieur.  — LL,  sinus  latéral.  — TS,  artère  temporale’ 
superficielle.  — 00,  artère  occipitale.  — a,  artère  auriculaire  postérieure.  — 
Mai,  artère  maxillaire  interne.  — M,  artère  méningée  moyenne.  — ME, 
artère  méningée  moyenne  antérieure.  — MEP,  artère  méningée  moyenne 
postérieure. 


— 102  — 


Rapports  «les  veines  et  «les  sinus. 

Parmi  les  veines  et  sinus  du  crâne,  nous  n’avons  guère  à 
nous  occuper  que  du  sinus  longitudinal  supérieur  et  du  sinus 
latéral. 

Le  sinus  longitudinal  supérieur  se  trouve  à droite  de  la 
ligne  médiane,  de  façon  que  son  bord  gauche  coïncide  avec  la 
ligne  médiane  et  que  son  bord  droit  coïncide  avec  la  ligne  qui 
réunit  les  extrémités  des  dentelures  de  la  suture  sagittale 
(Horsley).  Dana  n'est  pas  de  l’avis  de  Horsley;  pour  lui.  le 
sinus  longitudinal  supérieur  est  généralement  un  peu  à gauche 
de  la  ligne  médiane. 

Poirier  assigne  au  sinus  une  largeur  moyenne  de  1 centim., 
largeur  triplée  par  les  lacs  sanguins  et  confluents  veineux 
situés  sur  les  côtés.  Pour  cette  raison,  on  le  trouve  jusqu’à 
1 centim.  1/2  de  la  ligne  médiane. 

Pour  le  déterminer,  Poirier  conseille  non  pas  de  chercher 
la  ligne  médiane  à vue  d’œil,  mais  de  mesurer  la  distance 
bi-auriculaire  et  d’en  prendre  la  moitié. 

En  arrière,  le  sinus  se  jette  dans  le  pressoir  d’Hérophile. 
Le  pressoir  d’Hérophile  est  approximativement  sous  Timon. 
(Il  est  toujours  situé  sous  la  protubérance  occipitale  interne.) 

Mais,  pour  Rieger,  la  protubérance  occipitale  externe  ne 
répond  à l’interne  qu’une  fois  sur  deux  ; la  différence  de  niveau 
ne  dépasserait  toutefois  jamais  15  millim. 

Le  sinus  latéral  est  situé  sous  une  ligne  qui  va  de  Tinion  à 
l’astérion,  il  passe  sous  l’angle  postérieur  et  inférieur  du 
pariétal  (Dana). 

Pour  Poirier,  sa  portion  horizontale  répond  à la  ligne 
courbe  occipitale,  à Tastérion,à  la  suture  pariéto-mastoïdienne, 
et  sa  portion  oblique  au  1/3  moyen  de  l’apophyse  mastoïde.  Sa 
portion  horizontale  correspond  à la  ligne  « naso-inienne  »,  et 
pour  la  déterminer  chez  le  vivant,  il  suffit  de  prolonger  en 


- 103  - 


arrière  jusqu’à  l’inion  le  bord  supérieur  de  l’apophyse  zygo- 
matique. Sa  largeur  est  de  1 1/2  centim. 

Nous  avons  fait  quelques  recherches  sur  la  situation  du 
sinus  latéral,  elles  nous  ont  donné  les  mêmes  résultats  qu’à 
Poirier  ; pourtant  l’axe  de  la  portion  oblique  du  sinus  latéral 
nous  a paru  de  2 ou  3 millim.  environ  en  arrière  du  milieu  de 
l’apophyse  mastoïde. 

Le  sinus  sphêno-pariêtal  de  Breschet  a été  bien  étudié  par 
Poirier  au  point  de  vue  de  ses  rapports.  Tantôt  ce  sinus  n’est 
que  la  veine  méningée  moyenne,  tantôt  il  est  une  anastomose 
entre  le  sinus  longitudinal  supérieur  et  le  sinus  caverneux. 
Trolard  et  Knott  n’admettent  que  la  première  de  ces  deux 
propositions.  Ce  sinus  est  parallèle  à l’artère  méningée 
moyenne  dans  presque  tout  son  trajet,  mais  s’en  écarte  en 
haut  et  en  bas.  Il  est  situé  un  peu  en  avant  de  la  région  que 
l’on  trépane  pour  découvrir  la  zone  rolandique. 

Enfin,  disons  que  selon  Poirier  , la  veine  mastoïdienne 
parfois  très  grosse,  traverse  obliquement  le  1/3  moyen  de 
l’apophyse  mastoïde. 

Mais  il  faut  savoir  que  ces  sinus  sont  sujets  à nombre 
d’anomalies.  C’est  ainsi  que  l’on  a observé  l’absence  du  sinus 
longitudinal  supérieur,  sa  bifurcation  au-dessus  de  la  protubé- 
rance occipitale  interne,  ses  branches  de  division  longeant  la 
suture  lambdoïde  pour  aller  se  jeter  dans  le  coude  du  sinus 
latéral,  etc.  ; — de  même  les  sinus  latéraux,  sont  dans  des 
circonstances  exceptionnelles,  tantôt  absents,  tantôtrudimen- 
taires,  et  d’autres  fois,  un  peu  diminués  de  calibre,  sortent 
tous  en  tiers  par  le  trou  mastoïdien  et  se  continuent  avec  la 
veine  jugulaire  externe.  (Voy.  Ch.  Debierre  , Traite  d'anal. 
I,  p.  680). 


— 104  - 


CHAPITRE  XI. 

TOPOGRAPHIE  CRANIO-CÉRÉBRALE 
CHEZ  LES  ENFANTS  ET  LES  VIEILLARDS. 


iWodifications  chez  les  eufants. 

L’âge  apporte  des  modifications  importantes  dans  les  rapports 
cranio-cérébraux.  Les  mesures  que  nous  avons  données  jus- 
qu’ici se  rapportent  à des  adultes.  Nous  allons  passer  en  revue 
les  différences  que  Ton  trouve  chez  l’enfant  et  chez  le  vieillard. 
Ces  différences,  suivant  les  âges,  sont  surtout  en  relation  avec 
des  différences  dans  le  développement  relatif  des  régions  céré- 
brales et  crâniennes , contrairement  aux  différences  suivant 
les  sexes  qui  sont  en  relation  avec  les  différences  de  volume  de 
la  tête.  (Féré). 

« C’est  de  13  à 17  ans  que  les  rapports  du  cerveau  et  du 
crâne  deviennent  fixes.  » (Férè). 

De  la  Foulhouze,  en  1876,  dans  une  thèse  intéressante  sur 
« les  rapports  anatomiques  du  cerveau  avec  la  voûte  du  crâne 
chez  les  enfants  » a tiré  de  ses  expériences  (1)  les  conclusions 
suivantes  : 


(1)  Il  donne  16  observations  : 

1°  Enfants  de  la  naissance  à la  fin  du  1er  mois  : 4. 
2°  » de  18  mois  à 3 ans  : 9. 

Enfant  de  4 à 5 mois  : 1. 

» de  5 ans  : 1 . 

« de  13  ans  : 1 . 


- 105  - 


Le  Rolando  s’éloigne  progressivement  de  la  suture  coronale, 
de  30  millim.  à 47  ou  48  à 2 ans  1/2  ou  trois  ans  pour  ne  plus 
s’éloigner  dans  la  suite.  Les  deux  autres  mesures  rolando- 
coronales  suivent  la  même  marche.  La  hauteur  de  l’extrémité 
du  Rolando  au-dessus  de  la  ptère  croît  également  jusqua  la 
même  époque,  puis  diminue.  • 

« La  scissure  de  Sylvius  remonte  très  obliquement  en 
arrière,  elle  passe  au-dessus  du  sommet  de  la  suture  écailleuse 
depuis  un  minimum  de  -+-  8 millim.  (obs.  IV,  30 jours),  pour 
atteindre  -+-  17  millim.  (obs.  VI,  18  mois). 

La  scissure  occipitale  externe  est  toujours  située  très  en 
avant  de  la  suture  lambdoïde,  dont  elle  est  un  peu  plus  près  en 
dedans  qu’en  dehors  : minimum  5 millim.  en  dedans  (30jours), 
6 en  dehors  (3  jours),  maximum  21  en  dedans  (18  mois),  31  en 
dehors  (2  ans). 

Pour  les  sillons  : le  maximum  de  courbure  de  l’os  frontal 
recouvre  en  général  la  deuxième  circonvolution  frontale  : 
il  est  plus  voisin  du  premier  sillon  frontal  que  du  second. 

La  bosse  pariétale  répond  par  son  point  culminant  à la 
deuxième  circonvolution  pariétale  ; située  entre  l’extrémité 
postérieure  delà  sylvienne  et  le  sillon  pariétal,  elle  est  plus 
rapprochée  de  la  première  que  du  second. 

En  résumé  : chez  l’enfant,  les  différences  sont  surtout  accu- 
sées de  6 mois  à 3 ans  pour  tendre  à disparaître  au-dessus  et 
au-dessous.  Le  lobe  frontal  dépasse  en  arrière  la  suture  coro- 
nale d’une  quantité  énorme,  42  millim.  environ.  Le  lobe  tem- 
poro -sphénoïdal  s’élève  à 0m,012  en  moyenne  au-dessus  du 
point  culminant  delà  suture  écailleuse. 

Le  lobe  occipital  s’avance  de  0m,015  environ  en  avant  de  la 
suture  lambdoïde . » 

Enfin,  de  la  Foulhouze  a appelé  l’attention  sur  l’abaisse- 
ment considérable  du  stéphanion  chez  l’enfant.  Chez  le  fœtus 


- 106  - 


et  dans  les  premières  années  de  la  vie,  le  stéphanion  serait 
plus  bas  que  l’extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando. 

Pour  Broca  (1876),  chez  les  enfants,  la  scissure  perpendicu- 
laire externe  à sa  partie  interne  est  presque  toujours  située  en 
avant  de  la  suture  lambdoïde. 

Ch.  Fèré  a apporté  à la  question  des  données  nouvelles  et  a 
fait  de  très  nombreuses  expériences.  11  a démontré  que  chez  le 
fœtus  et  Je  nouveau-né.  un  plan  perpendiculaire  au  plan  de 
Camper  et  passant  par  la  ligne  bi-auriculaire,  laisse  le  bregma 
à 10  ou  15  millim.  en  avant  de  lui. 

Cet  avancement  du  bregma  chez  le  jeune  enfant  serait  dû 
surtout  au  peu  de  développement  de  la  face  comparée  à la  por- 
tion ôccipitale  du  crâne.  « Chez  l’adulte,  le  plan  glabello-lamb- 
doïdien  de  Hamy  et  le  plan  sous-naso-auriculaire  de  Camper 
sont  obliques  en  avant  et  en  bas  par  rapport  au  plan  de  la 
vision  horizontale,  le  premier  de  0°97,  le  second  de  4°68  ; ils 
se  rencontrent  donc  en  arrière  du  crâne,  en  formant  un  angle 
d’environ  3°71  en  moyenne.  Chez  l’enfant,  au  contraire,  ces 
deux  plans  se  rencontrent  en  avant.  » 

Ils  forment  un  angle  ouvert  en  arrière,  allant  sur  les  tableaux 
de  Féré  jusqu’à  13°  (21  jours),  en  passant  par  4 à 6°  chez  les 
enfants  do  4 à 6 ans. 

« Ces  chiffres  indiquent  une  sorte  de  mouvement  de  bascule 
du  plan  glabello-lambdoïdien,  et  font  comprendre  comment,  à 
mesure  que  la  face  se  développe,  le  bregma  se  trouve  non- 
seulement  élevé , mais  encore  reporté  en  arrière.  » (Fèré, 
1881). 

C’est  vers  18  mois  ou  2 ans  seulement  que  le  plan  auriculo- 
bregmatique  arrive  à être  perpendiculaire  au  plan  de  Camper 
(au-dessous  d’un  an,  le  bregma  est  à 7 ou  8 millim.  en  avant 
du  plan  déterminé  par  l’équerre),  mais  c’est  seulement  « vers 
6 ou  7 ans  que  s’établit  l’équilibre  entre  le  développement  de 
•la  face  et  de  la  région  occipitale  du  crâne.  (Fèré,  1886). 

Or,  selon  Fèré,  c’est  en  grande  partie  au  défaut  de  parallé- 


— 107  — 


lisme  dans  le  développement  des  os  du  crâne  que  sont  dues  les 
différences  des  rapports  cérébro-crâniens  aux  différents  âges. 
D’où  il  est  difficile  de  se  rendre  un  compte  exact  des  différences 
du  plan  glabello-lambdoïdien  lorsqu’on  l’envisage  à la  fois  dans 
l’enfance  et  dans  l’âge  adulte  ; les  rapports  des  courbes  crâ- 
niennes, en  effet,  ne  fournissent  pas  de  données  exactes  à cet 
égard,  parce  que  les  courbes  considérées  aux  différents  âges 
ne  sont  pas  concentriques.  (Féré,  1881). 

Fèré,  en  1877,  a fait  une  étude  complète  du  développement 
du  cerveau  dans  ses  rapports  avec  le  crâne.  Voici  ses 
résultats  : 

Le  Rolando  s’incline  en  arrière  pendant  la  vio  embryonnaire. 
Jamais,  contrairement  à ce  qu’affirmait  Hamy,  l’extrémité 
inférieure  du  Rolando  ne  passe  en  avant  de  la  suture 
coronale... 

« 2°  L’obliquité  du  sillon  de  Rolando  paraît  être  au  mini- 
mum chez  l’enfant  à terme.  Cependant,  je  l’ai  trouvé  très 
incliné  chez  deux  enfants  de  9 et  17  jours.  — Après  la  nais- 
sance, le  sillon  de  Rolando  s’incline  de  nouveau  graduelle- 
ment, et  chez  l’adulte,  son  -obliquité,  toujours  considérée  par 
rapport  à la  suture  coronale,  est  redevenue  presque  aussi  con- 
sidérable que  chez  le  fœtus.  Mais,  en  1879,  Fêré  ayant  consi- 
dérablement augmenté  le  nombre  de  ses  observations,  fait  des 
réserves  sur  cette  conclusion  et  trouve  les  différences  trop 
minimes  pour  qu’on  puisse  en  tirer  « des  déductions  de  quelque 
importance.  » 

Voici  les  autres  conclusions  : 

« Chez  les  jeunes  enfants,  le  ptérion,  considéré  dans  ses 
rapports  avec  les  circonvolutions,  m’a  toujours  paru  situé  sur 
un  plan  plus  postérieur  que  chez  l’adulte  ; il  correspond,  non 
pas  à l’anse  médiane  de  l’M  de  la  3e  circonvolution  frontale, 
au  cap  de  Rroca,  mais  à la  queue  de  cette  circonvolution,  à la 
partie  postérieure,  à celle  qui  est  plus  spécialement  affectée 


— 108  — 


au  langage.  Cette  particularité  me  paraît  liée  au  mode  de 
développement  de  la  3e  circonvolution  frontale  ».... 

La  scissure  de  Sylvius  « se  trouve  dès  l’origine  chez  le  fœtus 
sur  un  plan  plus  élevé  par  rapport  à l’écaille  du  temporal  qu’elle 
ne  sera  plus  tard  chez  l’adulte  ; elle  semble  s’abaisser  progressi- 
vement à mesure  que  l’on  approche  de  l'adolescence.  La  scissure 
pariéto-occipitale,  au  lieu  de  répondre  exactement  au  lambda 
comme  chez  l’adulte,  est  située  bien  en  avant  dès  son  appari- 
tion, même  avant  qu’elle  ne  se  soit  réfléchie  sur  la  convexité 
de  l’hémisphère  ». 

« La  scissure  de  Sylvius  et  la  scissure  pariéto-occipitale 
s’inclinent  peu  à peu  en  arrière  et  en  bas,  et  elles  finissent 
par  atteindre  à peu  de  chose  près  chez  l’adulte,  la  première  le 
bord  supérieur  de  l’écaille  du  temporal,  la  seconde  le  lambda. 
La  scissure  de  Sylvius  ne  dépasse  jamais  inférieurement  cette 
limite  ; quant  à la  scissure  pariéto-occipitale,  je  ne  l’ai  vue  que 
3 fois  sur  92  en  arrière  du  lambda.  2 fois  chez  la  femme  et  1 
fois  seulement  chez  l’homme  ».  (Fèré  1879). 

De  l’ensemble  de  ces  modifications,  il  semble  donc  qu’il  y 
ait  prédominance,  dans  le  jeune  âge,  du  cerveau  postérieur  ou 
portion  sensitivo-végétativesur  le  cerveau  antérieur  ou  psycho- 
moteur. Mais  pour  que  cette  conclusion  ait  une  valeur  absolue, 
il  faudrait  qu’il  soit  établi  qu’il  y a un  parallélisme  parfait  dans 
l’accroissement  des  divers  os  du  crâne,  ce  qui  n’est  pas,  si  on 
s’en  rapporte  aux  recherches  de  Fèrè  concernant  le  déve- 
loppement relatif  du  temporal  au  divers  âges  (Fèrè,  1881). 

Fèré  (1881-86)  a montré  que  les  fiches  que  l’on  enfonce 
sur  la  bosse  frontale  pénètrent,  chez  le  jeune  enfant,  en  plein 
dans  la  2e  circonvolution  frontale,  tandis  que  chez  l’adulte, 
elles  entrent  au  voisinage  du  sillon  frontal  supérieur,  et  même 
quelquefois  dans  la  première  circonvolution  frontale. 

Il  a appelé  l’attention  sur  les  rapports  qui  existent  entre  la 
topographie  crânio-cérébrale  du  fœtus  et  celle  du  singe,  et 


» 


— 109  - 


entre  celle  des  enfants  européens  et  celle  des  hommes  de  races 
inférieures. 

Dana  a fait  5 expériences  sur  des  crânes  d’enfants  de  1 à 
18  mois.  Il  a obtenu  les  résultats  suivants  : 

1)  L’extrémité  supérieure  du  sillon  de  Rolando  est  généra- 
lement située  comme  chez  l’adulte,  mais  peut-être  à 1 ou 
2 centim.  en  avant. 

L’extrémité  inférieure  se  trouve  sur  la  ligne  qui  va  du  sté- 
phanion  àl’astérion. 

Le  sillon  de  Rolando  va  souvent  très  près  de  la  scissure  de 
Sylvius.  Sa  direction  est  peut-être  un  peu  moins  verticale  que 
chez  l’adulte. 

2)  La  scissure  de  Sylvius  a son  point  de  division  un  peu  plus 
haut  que  chez  l’adulte.  Sa  branche  postérieure  se  trouve  soit 
exactement  en  rapport  avec  le  sommet  de  la  suture  squameuse 
(les  2 enfants  les  plus  âgés),  ou  au-dessus  d’elle  de  1/2  à 1 cent, 
(les  3 autres).  Elle  va  généralement  se  terminer  en  avant  de  la 
bosse  pariétale , qui  est  relativement  plus  basse  que  chez 
l’adulte.  La  longueur  de  la  branche  verticale  est  de  1 cent.  1/2 
à 2 centim.  Elle  se  dirige,  en  haut  et  un  peu  en  avant. 

3)  La  scissure  pariéto-occipitale  est  exactement  située  sous 
le  lambda  (2  cas)  ou  1 ou  2 centim.  en  avant  (3  cas). 

4)  La  scissure  trans verse  se  trouvait  sous  Union,  comme 
chez  l’adulte. 

Les  deux  circonvolutions  centrales  avaient  environ  2 c.  1/2. 
Les  sillons  précentraux  étaient  situés  derrière  la  suture  coro- 
nale  comme  chez  l’adulte.  Le  second  sillon  frontal  se  trouvait 
à peu  près  en  rapport  avec  la  ligne  courbe  temporale. 

L’arc  naso-bregmatique  lui  a paru  dépasser  les  dimensions 
qu’on  lui  assigne  généralement. 

Dana  fait  remarquer  que,  d’après  ses  recherches  et  celles  de 
la  Foulhouze,  le  sillon  de  Rolando  est  proportionnellement 
plus  en  arrière  chez  l’enfant  que  chez  l’adulte,  puisque  la 


— 110  — 


distance  rolando-coronale  est  à peude  chose  près  la  même  chez 
l’entant  de  3 ans  que  chez  l’adulte  (1). 

Pour  la  scissure  de  Sylvius,  Dana  n’a  pas  trouvé  chez  les 
enfants  les  différences  indiquées  par  de  la  Foolhouze,  il  a 
meme  vu  la  scissure  et  la  suture  coïncider  ; les  distances  de 
l’une  à l’autre  étaient  ordinairement  minimes. 

Quant  à la  scissure  perpendiculaire  externe,  il  l'a  trouvée  chez 
les  enfants  de  15  à 20  millim.  en  avant  de  la  suture,  bien  qu’on 
puisse  la  rencontrer  en  rapport  immédiat,  même  chez  de  petits 
enfants.  En  somme,  elle  est  plus  avancée  chez  le  nouveau-né. 

Quand  à l’époque  à laquelle  se  produit  l’établissement  des 
rapports  définitifs  du  crâne  et  du  cerveau,  elle  est  pour  Dana 
vers  7 ans,  et  plus  précoce  chez  les  filles  que  chez  les  gar- 
çons. Les  modifications  , considérables  dans  le  courant  de  la 
première  année,  continuent  jusqu’à  quatre  ans  pour  diminuer 
dans  la  suite. 

Les  recherches  de  Poirier  (1890)  n’ont  pas  confirmé  les 
conclusions  de  Hamy  d’après  lesquelles  : 1°  Le  sillon  de 
Rolando,  loin  d’être  placé,  comme  chez  l’adulte,  très  en  arrière 
de  la  scissure  frontale  aussi  bien  en  haut  qu’en  bas,  croiserait 
cette  scissure  dans  sa  partie  moyenne  pour  aller  cacher  son  1/3 
antérieur  sous  le  frontal  ; et  2°  l’angle  rolando-sagittal,  au  lieu 
d’être  de  70  degrés,  comme  chez  l’adulte,  ne  serait  que  de  52. 
— Pour  Poirier,  les  distances  rolando-coronales  sont  relati- 
vement les  mêmes  chez  l’adulte  et  le  nouveau-né  (chez  qui  elles 
seraient  de  33  pour  la  supérieure,  et  de  11  pour  l’inférieure). 

La  scissure  de  Sylvius,  au  lieu  de  coïncider  à peu  près  avec 
la  suture  temporo-pariétale,  se  trouve  très  au-dessus,  de  sorte 


(1)  Rappelons  à ce  propos  que  chez  le  foetus  de  six  mois  le  sillon  de 
Rolando  est  presque  vertical  comme  cela  a lieu  dans  les  formes  basses 
des  Primates.  Il  acquiert  ensuite  progressivement  son  obliquité  au  fur  et 
à mesure  du  développement  du  lobe  frontal. 


- 111  — 


que  le  bord  inférieur  du  pariétal  s’avance  jusqu’à  la  2e  circon- 
volution temporale  chez  le  nouveau-né.  La  suture  remonte 
ensuite  peu  à peu,  non  pas  pour  prendre  ses  rapports  définitifs 
vers  8 ou  9 ans  comme  le  veut  Symington,  mais  seulement 
quand  s’arrête  le  développement  du  cerveau  et  de  la  boîte 
osseuse. 

Poirier  n’admet  pas  non  plus  avec  Férè  que  le  ptérion 
répond  à la  partie  postérieure  de  la  3e  circonvolution  frontale 
chez  les  enfants,  il  serait  bien  au-dessous.  L’angle  antérieur 
du  ptérion  correspondrait  à la  face  inférieure  du  lobe  frontal 
vers  la  partie  antérieure  de  la  scissure  de  Sylvius,  l’angle  pos- 
térieur à la  partie  antérieure  de  la  scissure  parallèle,  et  cela 
sur  4 enfants  dans  la  première  année,  et  4 autres  entre  6 et 
8 ans. 

Relativement  au  siège  de  la  bosse  Irontale  chez  les  enfants, 
il  a toujours  retrouvé  (16  enfants,  4 adultes),  à rencontre  de 
Féré,  la  fiche  frontale  dans  la  deuxième  circonvolution  fron- 
tale, en  moyenne  à Funiondeson  1/3  externe  avec  ses  2/3  in- 
ternes, sauf  1 fois  sur  20  où  la  fiche  entra  dans  le  premier 
sillon  frontal. 

Pour  Poirier  , la  scissure  occipito-pariétale  est  en  rapport 
avec  le  lambda  chez  l’enfant  comme  chez  l’adulte.  Mais,  tandis 
que  chez  l'adulte  elle  s’élève  à peine  de  1 à 3 millim.  au  dessus 
du  lambda,  chez  l’enfant  elle  est  située  à 12  millim.  en 
moyenne  au-dessus  de  ce  point. 

« En  résumé,  dit  Poirier,  les  différences  observées  par  la 
topographie  cranio  cérébrale  ne  doivent  pas  être  attribuées  à 
des  modifications  dans  la  forme  ou  le  volume  respectif  des 
lobes;  elles  ressortissent  au  développement  de  la  boite 
osseuse,  et  comme  conclusion,  si  les  procédés  de  détermination 
cranio-cérébrale  sont  basés  sur  les  chiffres  exprimant  les 
rapports  respectifs  entre  l’encéphale  et  sa  boîte  osseuse,  les 
mêmes  procédés  seront  applicables  aux  adultes  et  aux  enfants.  » 
(Poirier,  1890). 


- 112  - 


Modifications  chez  le  vieillard. 

D’après  4 observations  delà  Foulhouze,  chez  le  vieillard  ; 
1°  les  distances  rolando-coronales  sont  exagérées  ; 

2°  La  scissure  occipitale  externe  est  à quelques  millimètres 
en  avant  delà  suture  lambdoïde  (9  millim.  en  dedans,  11  en 
dehors  en  moyenne)  ; 

3°  La  scissure  sylvienne  est  presque  horizontale  à sa  partie 
moyenne,  et  un  peu  au-dessus  de  l’écaille  du  temporal  (4  mill. 
au-dessus)  ; son  extrémité  est  à 47  millim.  de  la  suture  lamb- 
doïde ; 

4°  La  bosse  frontale  répond  à la  limite  externe  de  la  lre  cir- 
convolution frontale. 

Férè  en  1879,  d’après  une  étude  faite  sur  92  sujets  de  30  ans 
à 90  et  au-delà  , a démontré  qu'à  partir  de  l’âge  adulte,  du 
moment  où  le  développement  du  cerveau  et  du  crâne  peut  être 
considéré  comme  complet , les  rapports  des  sillons  et  des 
sutures  paraissent  rester  invariables. 


- 113  - 


CHAPITRE  XI. 

MODIFICATIONS  INDIVIDUELLES 
DANS  LES  RAPPORTS  DE  TOPOGRAPHIE 
CRANIO-CÉRÉBRALE. 


Nous  avons  déjà  étudié  les  diverses  modifications  qui  existent 
dans  les  rapports  topographiques  cranio-cérébraux  aux 
différents  âges  de  l’homme.  Mais  d’autres  causes  que  l’âge 
peuvent  modifier  les  rapports  dans  des  proportions  assez  consi- 
dérables pour  attirer  l’attention.  Le  sexe,  la  race,  les  défor- 
mations pathologiques  du  crâne  méritent  sans  aucun  doute  une 
étude  particulière,  et  c’est  cette  étude  que  nous  allons  faire 
rapidement  dans  ce  chapitre  ; mais  auparavant,  disons  deux 
mots  des  différences  topographiques  qui  existent  entre  les 
deux  côtés  d'un  meme  cerveau.  Même  à letat  normal,  ces 
différences  sont  sensibles,  plus  sensibles  pour  les  sillons  que 
pour  les  scissures  (de  la  Foulhouze)  ; toutefois,  elles  sont 
minimes,  et  ne  dépassent  jamais  2 centimètres  (Poirier).  Parmi 
les  plus  importantes,  citons  avec  Muller  celle  de  la  situation 
de  l’extrémité  supérieure  du  sillon  de  Rolando,  qui  va  quel- 
quefois à 1 centim.,  même  à l’état  normal  (Heftler,  Muller). 

L’asymétrie  du  crâne  entraîne  l’asymétrie  du  cerveau 
(Muller).  Nous  verrons  à propos  des  modifications  chez  les 
épileptiques  que  l’asymétrie  est  fréquente  chez  eux.  Ces  modi- 


8 


— 114  - 


fications  sont  beaucoup  plus  considérables  à l’état  pathologique 
qu’à  l’état  normal  (Féré). 

Revenons  aux  différences  individuelles . 

Elles  ne  sont  jamais  considérables,  et  ne  dépassent  jamais 
2 centim.  pas  plus  que  les  variations  d’un  côté  à l’autre  d’un 
même  cerveau  (Poirier). 

Broca  (1876)  a remarqué  que  les  variations  individuelles, 
très  grandes  dans  la  partie  supérieure  des  hémisphères,  sont 
au  contraire  assez  limitées  dans  leur  partie  inférieure , où  elles 
n’excèdent  pas  un  centimètre.  La  scissure  occipitale  externe 
est  une  de  celles  qui  ont  les  rapports  les  plus  fixes. 

Les  différences  sexuelles  présentent  des  caractères  assez 
constants.  Elles  sont  en  relation  surtout  avec  les  différences 
de  volume  de  la  tête  (Féré). 

Elles  ne  s’accusent  que  chez  l’adulte,  car  de  la  Foulhouze  a 
montré  qu’elles  sont  nulles  chez  les  enfants  de  sexe  différent. 
On  connaît  les  modifications  du  crâne  chez  la  femme.  Dana  les 
résume  ainsi  : la  femme,  possède  un  crâne  postérieur  plus 
bas,  plus  large,  avec  diamètres  orbitaires  hauts,  et  crêtes, 
sutures,  proéminences  moins  marquées  que  chez  l’homme. 
C’est  ainsi  que  la  crête  interorbitaire  et  sus  glabellaire  manque 
généralement  chez  elle  (Benedikt)  et  que  la  glabelle  elle-même 
fait  souvent  défaut.  Enfin,  la  moitié  postérieure  de  l’arc  naso- 
occipital  est  relativement  plus  grande,  l’arc  lambdo-occipital 
plus  long  chez  la  femme  que  chez  l’homme  en  longueurs 
absolues.  Poirier  trouve  les  variétés  dans  les  rapports  topo- 
graphiques du  crâne  et  du  cerveau  peu  marquées  dans  les 
sexes  ; moins  que  les  variétés  individuelles.  Contrairement  à 
l'opinion  de  Féré;  elles  ne  lui  ont  pas  paru  pouvoir  être 
rapportées  à la  forme  ou  au  volume  du  crâne. 

Nous  avons  déjà  indiqué,  chemin  faisant,  les  différences 
signalées  par  les  anatomistes  pour  chacun  des  rapports  des  » 
sillons  et  des  scissures  ; de  même  pour  les  différences  tenant 
aux  variations  dans  les  indices  céphaliques. 


- 115  - 


Les  différences  dues  à la  race  ont  été  en  général  peu  étu- 
diées ; leur  connaissance  ne  peut  être  que  le  résultat  de  longues 
études  sur  plusieurs  séries  de  crânes  et  de  cerveaux,  et  les 
données  que  nous  possédons  actuellement  ne  permettent  guère 
de  tirer  des  conclusions.  Chiarugi  a montré  que  Je  lobe  frontal 
est  plus  développé  chez  les  brachycéphales.  Nous  avons  vu  ses 
conclusions  à propos  du  sillon  de  Rolando.  Broca  et  de  la 
Foulhouze  ont  trouvé  le  sillon  de  Rolando  loin  de  la  suture 
coronale,  et  la  scissure  perpendiculaire  externe  très  en  avant 
de  la  suture  lambdoïde  chez  un  dolichocéphale. Ils  en  concluent 
qu’il  y a probablement  une  relation  entre  les  degrés  de 
dolichocéphalie  et  l’allongemenWles  lobes  frontaux  et  occipitaux. 
Broca  a trouvé  dans  les  races  inférieures  un  avancement  de  la 
scissure  perpendiculaire  ; Féré  a fait  la  même  observation,  il 
note  en  outre  que  la  scissure  sylvienne  ne  paraît  pas  modifiée 
dans  ses  rapports  avec  la  suture  temporo-pariétale. 

D après  Marshall  et  Topinard  le  sillon  de  Rolando  serait 
plus  oblique  chez  le  Nègre  que  chez  l’Européen.  Pour  Lucas- 
Championnière,  le  chirurgien  n’aurait  pas  à s’occuper  seulement 
de  la  race,  mais  surtout  du  sexe. 

Enfin,  les  différences  dues  à des  déformations  du  crâne 
ou  à des  lésions  du  cerveau  sont  très  variables.  Broca  le 
premier  s’est  occupé  de  cette  question  en  1871,  à propos  d’un 
cas  de  déformation  toulousaine  du  crâne.  11  a trouvé  le  sillon 
de  Rolando  beaucoup  plus  oblique,  et  plus  éloigné  du  bregma  à 
sa  partie  supérieure.  Les  distances  rolando-coronales  étaient  : 
en  haut  57  millim.,  en  bas  18.  Les  rapports  du  lobe  occipital 
n’étaient  pas  changés.  Féré  a signalé  les  principales  variations 
des  rapports  dans  les  cas  de  déformations  du  crâne. Selon  lui, 
le  sillon  de  Rolando  peut  se  trouver  plus  près  du  bregma  chez 
les  sujets  dont  la  suture  métopique  ne  se  soude  que  tardivement 
ou  ne  se  soude  pas;  cependant  la  région  frontale  se  développe 
davantage  chez  eux.  Après  la  soudure  de  la  suture  métopique, 
la  distance  qui  sépare  les  deux  bosses  frontales  subit  un  arrêt 


— 116  — 


de  développement  : lorsque  la  soudure  se  fait  trop  vite,  tri - 
gonocèphalie,  il  y a obstacle  au  développement  de  la  région 
frontale  du  cerveau. Chez  les  enfants  atteints  d eplagiocëphalie, 
causée  par  le  décubitus,  l’extrémité  supérieure  du  sillon  de 
Rolando  est  plus  rapprochée  du  bregma  du  côté  où  la  bosse 
frontale  est  le  plus  saillante,  et  la  scissure  perpendiculaire 
externe  est  plus  en  avant  du  lambda  du  même  côté,  mais  la 
différence  est  beaucoup  moindre.  La  déviation  de  l’extrémité 
inférieure  du  sillon  est  très  peu  accusée.  Dans  la  microcéphalie 
frontale , Féré  pense  qu’il  est  fortement  reporté  en  arrière  du 
bregma.  Féré  a montré  la  fréquence  des  déformations  du 
crâne  chez  les  épileptiques  ; asymétrie  cranio-faciale,  déforma- 
tions dues  à des  synostoses  prématurées,  et  autres  anomalies 
morphologiques  ; plagiocéphalie,  microcéphalie,  macrocéphalie, 
prévalence  de  la  demi-circonférence  postérieure  sur  l’anté- 
rieure, capacité  exagérée  des  fosses  cérébelleuses,  etc.  ; épais- 
sissement partiel  ou  général  des  os  du  crâne.  Féré  a examiné 
un  sujet  ayant  une  bosse  occipitale  prononcée,  et  n’a  pas  trouvé 
de  modifications  dans  les  rapports  cérébro-crâniens.  Nous 
avons  rencontré  dans  notre  série  de  crânes  un  sujet  qui 
avait  également  une  bosse  occipitale  très  développée  ; mais  à 
l’encontre  de  Féré,  nous  avons  trouvé  la  scissure  perpen- 
diculaire externe  considérablement  reculée,  et  située  bien  en 
arrière  du  lambda  (v.  Planche  I,  crâne  P). 

Les  variations  topographiques  dans  la  classe  des  dégénérés 
sont  loin  d’être  constantes  et  d’être  soumises  à des  règles 
fixes.  Le  type  du  criminel  né  de  Lombroso  est  une  conception 
de  l’esprit  ne  répondant  à aucun  type  connu.  C’est  l’opinion 
de  Dana.  Pour  lui,  tout  ce  qu’on  peut  dire  de  plus  général  et 
de  plus  vérifiable  par  l’observation  directe  du  crâne  et  du 
cerveau , c’est  que  chez  les  cérébraux  (épileptiques , aliénés  , 
criminels,  etc.),  il  y a plus  souvent  perversion  du  tj'pe  normal 
que  chez  les  personnes  saines.  Cependant,  il  a trouvé  ordi- 
nairement chez  ces  individus  l’arc  frontal  au  minimum,  l’arc 


- 117  - 


pariétal  plus  court,  mais  il  les  a vus  quelquefois,  au  contraire, 
exagérés.  Chez  certains  épileptiques  et  les  idiots  avec  arrêt  de 
développement  de  la  partie  antérieure  du  crâne,  la  distance 
entre  lebregma  et  le  sillon  de  Rolando  est  généralement  moins 
longue  que  d’ordinaire,  la  fin  du  sillon  ne  subissant  aucun 
changement  dans  sa  situation  ordinaire.  Fèrè  a vu  deux  fois  la 
distance  rolando-hregmatique  réduite  à moins  de  33  millim. 
chez  deux  épileptiques  idiotes. 

Il  a montré,  en  outre,  que  le  sillon  de  Rolando  peut  être 
rapproché  du  bregma  chez  les  individus  qui  ont  eu  des  lésions 
destructives  anciennes  de  la  région  frontale.  Chez  les  anciens 
amputés , Fèrè  trouve  que  le  fait  est  loin  d’être  constant,  bien 
qu’il  ait,  lui-même,  cité  des  cas  où  le  sillon  de  Rolando  était 
avancé.  Chez  une  femme  amputée  depuis  40  ans,  le  sillon  du 
côté  opposé  était  avancé  de  5 millim  ; dans  un  autre  cas  publié 
avec  Mayor,  les  distances  rolando-bregmatiques  étaient  avan- 
cées des  deux  côtés  (33  millim.)  chez  un  amputé  de  jambe 
depuis  30  ans. 


- 118  - 


CHAPITRE  XIII. 


APERÇU  SUR  LES  LOCALISATIONS 
CÉRÉBRALES  DANS  LEURS  RAPPORTS  AVEC  LA 
TOPOGRAPHIE  CRANIO- CÉRÉBRALE. 


Nous  n’avons  pas  l’intention  d’aborder  ici  l’étude  complète 
des  localisations  cérébrales  chez  Thomme.  Ce  serait  sortir 
du  cadre  bien  déterminé  de  notre  travail.  Néanmoins  il  nous  a 
semblé  impossible  de  ne  point  donner  très  sommairement  un 
résumé  des  connaissances  acquises  sur  ce  sujet , car  nous 
l’avons  dit  plus  haut,  c’est  la  localisation  cérébrale  qui  guide 
la  trépanation  et  rend  indispensable  l’étude  de  la  topographie 
crânio- cérébrale. 

Il  existe  à la  surface  du  cerveau  des  zones  latentes  et  senso- 
rielles , et  des  zones  psycho- motrices.  Les  premières  sont 
encore  assez  mal  déterminées  ; quant  aux  secondes,  celles 
dont  la  moindre  lésion  retentit  sur  la  motilité,  les  recher- 
ches modernes  des  cliniciens  et  des  physiologistes  en  ont 
aujourd’hui  parfaitement  déterminé  les  territoires. 

Ces  zones  motrices  corticales  sont  groupées  autour  du  sillon 
de  Rolando  au  niveau  des  circonvolutions  frontale  et  parié- 
tale ascendantes,  et  du  lobule  paracentral. 

La  partie  supérieure  (2/3)  de  la  pariétale  ascendante  et  le 
lobule  paracentral,  ainsi  que  le  1/3  supérieur  de  la  frontale 
ascendante  commandent  aux  mouvements  du  membre  inférieur 
du  côté  opposé. 

La  frontale  ascendante  dans  la  partie  qui  correspond  au 


— 119 


pied  de  la  deuxième  circonvolution  frontale  constitue  le  centre 
moteur  du  membre  supérieur  Dans  cette  région  motrice  des 


Fig.  12.  — Centres  psycho-moteurs  de  l’écorce  du  cerveau  (Ferrier). 
Face  supérieure  du  cerveau  de  l’homme. 

I à 6,  centres  des  mouvements  des  membres  (< hémiplégie ) ; — 1 et  8,  centres 
des  mouvements  des  commissures  des  lèvres  {paralysie  faciale ) ; — 9 et  10, 
centre  des  mouvements  des  lèvres  et  de  la  langue,  destinés  à l’articulation  des 
mots  (mémoire  des  mouvements  du  langage  parlé  ou  mémoire  motrice  verbale 
{aphasie  motrice  ou  aphémie);  — 11,  centre  de  rétraction  de  l’angle  de  la 
bouche;  — 12,  centre  pour  les  mouvements  latéraux  de  la  tête  et  des  yeux,  et 
centre  de  la  mémoire  des  mouvements  de  l’écriture  ou  mémoire  motrice  graphi- 
que [agraphie]  ; — 13,  centre  de  la  mémoire  des  mots  écrits  ou  imprimés, 
ou  mémoire  visuelle  verbale  [cécité  verbale)^  et  131,  centre  delà  vision  binocu- 
laire [hémianopsie)  ; — 14,  centre  de  l’audition  (mémoire  des  sons  verbaux  ou 
mémoire  auditive  verbale)  ( surdité  verbale ) . 


membres  certains  points  président  spécialement  : 1°  à certains 
mouvements  associés  du  bras,  de  la  jambe  et  du  tronc  comme 
dans  la  natation  ; 2°  à l’extension  en  avant  du  bras  et  de  la 


Fig.  13.  — Centres  psycho-moteurs  de  l’écorce  du  cerveau  (Ferrier). 
Face  latérale  du  Cerveau 

1 à 6,  centres  des  mouvements  des  membres  ( hémiplégie ) ; — 7 et  8,  centres 
des  mouvements  des  commissures  des  lèvres  ( paralysie  faciale)  ; — 9 et  10. 
centre  des  mouvements  des  lèvres  et  de  la  langue,  destinés  à l’articulation  des 
mots  (mémoire  des  mouvements  du  langage  parlé  ou  mémoire  motrice  verbale) 
(aphasie  motrice  ou  aphémie ) ; — 11,  centre  de  rétraction  de  l’angle  de  la 
bouche  ; — 12,  centre  pour  les  mouvements  latéraux  de  la  tête  et  des  yeux,  et 
centre  de  la  mémoire  des  mouvements  de  l’écriture  ou  mémoire  motrice  graphi- 
que fagraphie)  ; — 12,  centre  de  la  mémoire  des  mots  écrits  ou  imprimés, 
ou  mémoire  visuelle  verbale  ( cécité  verbale );  — 131,  centre  de  la  vision  binocu- 
laire (hémianopsie) ; — 14,  centre  de  l’audition  (mémoire  dee  sons  verbaux  ou 
mémoire  auditive  verbale)  ( surdité  verbale). 


main  ; 3°  à la  supination  et  la  flexion  de  l’avant-bras  ; 4°  aux 
mouvements  isolés  ou  combinés  des  doigts  et  du  poignet; 
5°  aux  mouvements  de  préhension. 

Le  1/3  inférieur  des  frontale  et  pariétale  ascendantes  et  les 
parties  voisines  de  la  3e  frontale  sont  les  centres  moteurs  de  la 
tête  et  de  la  face. 


F1,  F3,  F3,  circonvolutions  frontales  ; — F,  P,  frontale  et  pariétale  ascendantes  ; 
— Ps,  Pi.  lobules  pariétaux  supérieur  et  inférieur  ; — O1,  O2,  O3,  circonvolu- 
tions occipitales  ; — T1,  T2,  T2,  circunvolutions  temporales  ; — R,  sillon  de 
Rolando  ; — S,  scissure  de  Sylvius  ; — Po,  scissure  perpendiculaire  externe. 
1,  centre  de  la  mémoire  des  mouvements  de  l’écriture  ou  mémoire  motrice  gra- 
phique ( agraphie J ; — 2,  mémoire  des  mouvements  du  langage  parlé  ou  mé- 
moire motrice  verbale  ( aphasie  motrice  ou  aphémie)  ; — 3,  mouvements  du 
membre  inférieur  ; — 4,  mouvements  du  membre  supérieur  ; — 5,  mouve- 
ments de  la  face  ; — 6,  centre  de  la  vision  binoculaire  ( hémianopsie ) ; — 
1,  mémoire  des  sons  verbaux  ou  mémoire  auditive  verbale  (surdité  verbale ) ; 
8,  centre  de  la  mémoire  de?  mots  écrits  ou  imprimés  ou  mémoire  visuelle  ver- 
bale ( cécité  verbale ) ; — 9,  centre  des  mouvements  des  yeux  ; — 10,  centre  de 
la  vision  ( amaurose ) . 

Moins  bien  déterminées  et  moins  certaines  sont  les  localisa- 
tions suivantes  : 

Le  pli  courbe  et  la  2e  pariétale  qui  seraient  le  centre  moteur 
des  muscles  de  l’œil  et  de  la  paupière  ; 


— 122  — 


La  partie  postérieure  de  la  2e  frontale  : centre  moteur  du  cou 
et  de  la  nuque  ; 

Extrémité  inférieure  de  la  frontale  ascendante  au  voisinage 
du  pied  de  la  3e  circonvolution  frontale  : centre  moteur  des 
muscles  de  la  bouche  et  de  la  langue. 

A côté  de  ces  centres  corticaux,  dont  les  lésions  provoquent 
des  troubles  de  motilité,  il  faut  citer  encore  des  localisations 
bien  déterminées  dont  les  lésions  provoquent,  non  comme  on 
l’avait  cru  d’abord  des  troubles  moteurs,  mais  des  troubles  de 
la  mémoire  motrice.  Tels  sont  : le  pied  de  la  3e  circonvolution 
frontale  gauche  pour  l'aphasie  proprement  dite  ; 

L’union  de  la  2e  frontale  gauche  avec  la  3e  pour  l'agraphie. 

On  peut  encore  citer  à gauche  dans  le  pli  courbe,  ou  dans  le 
lobule  pariétal  inférieur,  le  centre  dont  la  lésion  provoque  le 
phénomène  pathologique  de  la  cécité  verbale  ; de  même  pour 
la  première  circonvolution  temporo-sphénoïdale  dont  la  lésion 
détermine  la  surdité  verbale. 

Enfin,  certains  centres  corticaux  sensoriels  semblent  bien 
définis  chez  l’homme.  Les  centres  visuels  siégeraient  : 1°  dans 
la  lr,‘  et  21,  circonvolutions  occipitales  avec  le  pli  courbe  et  le 
lobule  du  pli  courbe  ; 2°  dans  le  cuneus  et  peut-être  le  pied  de 
la  deuxième  temporale  adjacente.  Les  lobes  occipitaux  aussi 
feraient  partie  de  l’appareil  de  la  vision. 

Quelques  observations  semblent  venir  justifier  l’opinion  qui 
place  un  centre  auditif  dans  le  lobe  temporal  gauche. 

Des  figures  intercalées  dans  le  texte,  nous  permettent,  au 
reste,  d’abréger  ce  chapitre.  Mieux  que  des  mots , elles  mon- 
treront exactement  ce  que  l’on  sait  aujourd’hui  des  localisations 
cérébrales  tant  chez  l’homme  que  chez  les  animaux  (Voyez 
fig.  12,  13,  14  et  PL  II). 


— 123  — 


CHAPITRE  XIV. 


APERÇU  DE  LA  TRÉPANATION 
GUIDÉE  PAR  LES  LOCALISATIONS  CÉRÉBRALES 
DANS  CES  DERNIÈRES  ANNÉES. 


Avant  de  terminer  ce  travail  sur  la  topographie  cranio- 
encéphalique  et  de  donner  le  résumé  des  indications  néces- 
saires au  chirurgien  pour  découvrir  un  point  quelconque  du 
cerveau,  nous  ne  croyons  pas  inutile  de  donner  un  très  rapide 
aperçu  des  applications  chirurgicales  faites  jusqu’ici  de  ces 
connaissances  topographiques. 

La  trépanation,  bien  que  datant  de  la  plus  haute  antiquité,  a 
été  jusqu’à  ces  dernières  années  sans  autre  guide  que  le  hasard. 
Lucas-Championnière  disait  en  1878  : « La  pratique  du  trépan 
a été  jusqu’à  une  époque  bien  rapprochée  de  nous  tout  empi- 
rique, peu  différente  en  principe  de  celle  des  sauvages,  des 
arabes  de  l’Aourès  et  probablement  de  l’homme  préhisto- 
rique. Le  chirurgien  était  mieux  armé,  mais  pas  infiniment 
mieux  guidé.  Il  avait  tout  l’acquis  de  l’observation  qui  lui 
permettait  de  peser  les  symptômes,  d’en  mieux  apprécier  la 
valeur.  Mais  dans  le  choix  des  cas  et  surtout  dans  la  détermi- 
nation du  lieu  delà  blessure,  il  restait  sans  ressource  précise. 
Aujourd’hui,  ce  premier  point  sera  beaucoup  mieux  établi, 
et  l’appréciation  des  symptômes  elle  aussi  aura  fait  de  grands 
progrès.  Puis  l’opération  elle-même,  parl’emploi  de  la  mé- 
thode antiseptique  sera  complètement  soustraite  aux  compli- 
cal ions  reprochées  à l’accès  de  l’air.  » 


— 124  — 


En  1866,  Broca,  appliquant  la  découverte  du  centre  de  la 
mémoire  motrice  des  mots,  qu’il  avait  faite  lui-même  quelques 
années  auparavant,  trépanait  en  se  guidant  pour  la  première 
fois  sur  les  localisations  cérébrales.  Son  malade  était  atteint 
d’aphasie  motrice  secondaire.  Broca  évacua  un  abcès  qui 
comprimait  le  centre  du  langage,  mais,  malgré  une  améliora- 
tion immédiate  du  symptôme  aphasie,  le  malade  mourait  au 
bout  de  48  heures. 

Depuis,  les  observations  se  sont  multipliées  et  les  succès  ont 
encouragé  les  chirurgiens.  Un  grand  nombre  de  travaux  et 
d’observations  ont  été  publiés  sur  la  question.  Nous  citerons 
parmi  les  premiers  ceux  de  Ch.  Paris  (1),  Proust  et  Ter- 
rillon  2),  en  1876,  S.  Pozzi  en  1877,  et  le  mémoire  important 
de  Lucas-Championnière  en  1878.  Ce  dernier  a tenté  de  réha- 
biliter la  trépanation  en  en  faisant  une  opération  rationnelle 
guidée  et  réglée  comme  une  « ligature  d’artère  ».  Il  rappelle 
les  travaux  de  Charcot  et  Pitres  et  de  Ferrier,  et  décrit  une 
zone  motrice  située  tout  entière  au  voisinage  du  sillon  de  Ro- 
lando,  et  sur  laquelle  le  chirurgien  doit  trépaner  quand  il  inter- 
vient pour  un  trouble  moteur.  Ce  champ  opératoire  n’aurait  que 
8 centim.  de  haut  sur  3 1/2  de  large,  5 au  maximum,  de  sorte  que 
pour  des  lésions  étendues, on  pourrait  « couvrir  la  région  motrice 
de  couronnes  de  trépan.  » Lucas-Championnière  parle  à peine 
des  paralysies  sensorielles.  Pozzi  fait  des  restrictions  sur  les 
conclusions  de  Lucas-Championnière  , et  dit  que  si  l’on  tré- 
panait toute  la  région  motrice,  on  aurait  non  pas  24  centim. 
carrés  , mais  63  d après  ses  mensurations.  Néanmoins,  Lucas- 
Championnière  a été  un  des  promoteurs  de  la  trépanation 
guidée  par  les  localisations  cérébrales. 


(1)  Ch.  Paris.  Indications  de  la  trépanation  des  os  du  crâne  au  point  de 
vue  de  la  localisation  cérébrale.  Th.  Paris,  1876. 

(2)  Proust  et  Terrillon.  Acad,  de  Méd  , 28  nov.  1876. 


- 125  - 


Depuis  cette  époque,  la  question  a fait  considérablement  de 
progrès,  grâce  à la  connaissance  beaucoup  plus  parfaite  des 
localisations  cérébrales.  La  gravité  de  la  trépanation  a diminué 
par  les  récents  progrès  chirurgicaux,  et  la  mortalité  a 
baissé  dans  de  fortes  proportions.  Amidon  (1),  d’après  un  exa- 
men minutieux  de  115  observations  de  trépanation,  conclut 
que  la  mortalité  par  l’opération  elle-même  n’est,  pas  de  plus  de 
3,2  pour  100  ; et  Fermer  (2)  (1889)  n'admet  pas  , que  du  fait 
même  de  l’opération,  elle  soit  de  plus  de  1,6  pour  100.  Les 
statistiques  de  Walsham,  Bluhm  et  Seydel  , établies  d’après 
de  nombreuses  observations  (686,  331,  289),  donnent  respecti- 
vement 50/100,  44/100,  15,5/100  en  mortalité  absolue  ; mais  il 
ne  faut  pas  perdre  de  vue  dans  quelles  circonstances  sont 
généralement  pratiquées  les  trépanations,  et  la  gravité  des 
accidents  qui  les  ont  nécessitées. 

L’épilepsie  jacksonienne  a été  l'objet  d’études  particulières 
depuis  quelques  années  ; presque  tous  les  chirurgiens  sont 
aujourd’hui  d’accord  pour  faire  de  la  trépanation  son  traite- 
ment ordinaire. 

Rolland  (3)  (1888)  conclut  d’une  étude  sérieuse  sur  ce  sujet 
qu’on  ne  doit  pas  hésiter  quand  le  début  des  convulsions  est 
nettement  limité. 

Echeverria,  sur  145  cas  de  trépanation  pour  épilepsie  trau- 
matique, cite  93  guérisons,  18  améliorations,  28  décès  seule- 
ment. 

Dumas  (4)  (1889),  dans  sa  thèse  sur  la  trépanation  dans  l’épi- 
lepsie, formulait  les  conclusions  suivantes  : « La  trépanation 
est  une  opération  bénigne  quand  elle  est  pratiquée  sous  le 


(1)  Amidon.  Armais  of  surgery  vol.  I,  1885. 

(2)  Ferrier.  Cérébral  localisation  in  its  practical  relations.  In  Brain.  july 
1889,  p.  36. 

(3)  Rolland  : De  l’épilepsie  jacksonienne.  Th.  Paris  1888. 

(4)  Dumas  : Trépanation  dans  l’épilepsie.  Th.  Paris,  8 mai  1889. 


- 126  - 


couvert  de  l’antisepsie...  Elle  est  indiquée  formellement  dans 
les  accidents  épileptiformes  consécutifs  à des  foyers  patholo- 
giques anciens...  Elle  trouve  également  des  indications  condi- 
tionnelles dans  certains  cas  d’épilepsie  dite  idiopathique.  Ces 
conditions  sont  : 1°  le  peu  de  temps  écoulé  depuis  l’apparition 
des  premières  attaques  : 2°  la  rapidité  d’évolution  de  la  maladie 
et  la  fréquence  de  plus  en  plus  grande  des  accès.  » 

Pêchadre  (1)  et  Lucas-Championnière  (2)  ont  chacun  cité  des 
observations  intéressantes  de  trépanations  guidées  par  les 
localisations. 

Plus  récemment  encore,  Féré  (1890)  dans  son  ouvrage  sur 
les  épilepsies  et  les  épileptiques  disait  ; « Lorsque  l’attaque 
(d'épilepsie)  est  nettement  localisée  au  début  ou  clairement 
prédominante  dans  un  membre  ou  dans  un  autre,  dans  un  côté 
de  la  face,  sans  tenir  compte  du  point  d’application  du  choc,  il 
faut  agir  sur  le  point  désigné  par  les  localisations  cérébrales 
les  mieux  établies  ».  Férè  n’admet  pas  que  l'ancienneté  des 
accidents  constitue  une  contre-indication  à la  trépanation,  il 
cite  une  guérison  obtenue  par  Larrey  dans  un  cas  d’épilepsie 
traumatique  datant  de  plus  de  30  ans, par  l’ablation  d’une  esquille. 
Pour  Féré  « en  l’absence  de  tout  traumatisme,  l’existence 
d’un  spasme  localisé  ou  prédominant,  coïncidant  avec  une 
douleur  siégeant  du  côté  opposé  de  la  tête,  surtout  s’il  existe 
en  même  temps  des  phénomènes  paralytiques  permanents  et 
graduellement  développés  du  côté  du  membre  le  plus  affecté 
par  le  spasme,  donnent  lieu  à une  indication  précise  de  la 
même  intervention  chirurgicale.  Les  sensations  subjectives 
localisées,  les  auras,  servent  encore  de  signes  précieux.  » 


(1)  Pêchadre  : De  la  trépanation  dans  les  épilepsies  jacksoniennes  non 
du  crâne  traumatiques.  Th.  Lyon,  6 juillet  1889. 

(2)  Lucas-Championnière  : Sur  une  série  de  20  cas  de  trépanation 
(Bull.  Soc.  Chir.,  27  juin  1888). 


- 127  ~ 


La  chirurgie  contemporaine  a pu  enregistrer  plusieurs 
heureuses  ablations  de  tumeurs.  L’existence  de  signes  de 
tumeurs  n’a  pas  paru  indispensable  pour  justifier  l’intervention 
chirurgicale  , principalement  lorsqu’une  intervention  rapide 
s’imposait  par  des  convulsions  subintrantes.  Dans  un  cas  de 
Lépine,  par  exemple,  la  trépanation  motivée  par  un  état  de 
mal  ne  fit  découvrir  aucune  lésion  grossière  et  fut  cependant 
suivie  d’une  guérison  apparente  qui  persistait  au  bout  de  4 
mois.  L’opération  paraît  agir  dans  ces  cas  en  modifiant  la 
pression  intra-crânienne  » (Fêré).  Nous  savons  que  le  Prof. 
L.  Le  Fort  a ou  un  cas  de  guérison  analogue,  obtenu  chez  un 
malade  trépané  pour  de  très  nombreuses  attaques  d’épilepsie  ; 
il  ne  trouva  rien  d’anormal  après  avoir  ouvert  le  crâne,  et  le 
malade  guérit  de  l’opération  et  de  son  épilepsie. 

Bendanti,  au  congrès  de  Bologne,  a été  favorable  au  traite- 
ment de  l’épilepsie  par  la  trépanation.  Voici  les  conclusions 
posées  par  Horsley  (1)  dans  son  rapport  de  chirurgie  au  récent 
congrès  de  Berlin. 

« J’ai  pratiqué  deux  trépanations  pour  méningite  ; toutes  les 
deux  ont  été  suivies  de  mort.  L’efficacité  de  l’intervention 
opératoire  dans  les  affections  inflammatoires  dilfuses  des 
méninges  est  donc  encore  douteuse  : mais  dans  les  affections 
localisées,  dans  les  abcès , l opération  est  toujours  indiquée. 

Les  malades  atteints  de  tumeurs  du  cerveau  doivent  être 
opérés  au  plus  tôt.  L’opération  est  indiquée  même  dans  le  cas 
où  l'existence  de  la  tumeur  n’étant  que  probable,  aucune  amé- 
lioration ne  survient  dans  l’espace  de  six  semaines.  Dans  la 
pachy méningite,  il  faut  se  borner  à l’excision  de  quelques 
fragments  épaissis  de  la  dure-mère,  mais  on  doit  toujours 


(1)  Horsley:  Semaine  médicale , 1890,  p.  318,  N°  37;  Congrès  de 
Berlin,  4 au  9 août  1890,  et  Bulletin  thérapeutique , N°  36,  p.  281,  revue 
chirurgicale,  par  Terrillon. 


/ 


- 128  - 


opérer  de  bonne  heure.  J’extirpe  aussi  les  gommes  cérébrales, 
car  je  crois  que  le  traitement  médicamenteux  spécifique  ne 
peut  que  les  améliorer,  mais  qu’il  ne  les  guérit  jamais.  Les 
tubercules  et  toutes  les  tumeurs  malignes  en  général  doivent 
être  aussi  extirpées...  Dans  les  cas  où  la  tumeur  maligne  est 
trop  volumineuse  pour  être  enlevée  en  totalité,  on  doit  opérer 
quand  même  : on  en  extirpe  ce  qu’on  peut  et  on  procure  au 
malade  un  soulagement  considérable. 

Les  athétoses  peuvent  aussi  bénéficier  de  l’intervention 

opératoire Lorsque  j’opère  des  cas  d’épilepsie  jackso- 

nienne,  je  commence  par  explorer  l’écorce  cérébrale  à l’aide 
du  courant  galvanique,  et  j’excise  la  partie  dont  l’excitation 
électrique  provoque  les  secousses  convulsives . Sur  43  opérés 
j’en  ai  perdu  10  dont  2 de  shock  traumatique  et  2 par 
septicémie » 

Burckhardt  (de  Préfargier)  a,  au  même  congrès,  fait  une 
communication  sur  « les  excisions  d' écorce  cérébrale  comme 
contribution  au  traitement  chirurgical  des  psychoses  » , 
principalement  dans  les  hallucinations  de  l’ouïe. 

Malgré  les  succès  opératoires  du  professeur , nous  doutons 
de  la  vulgarisation  de  son  traitement  dans  la  pratique  chirur- 
gicale. Féré  pense  que  « l’excision  des  centres  corticaux  n'a 
pas  encore  fait  ses  pr  euves  au  point  de  vue  de  la  cure  radicale 
de  l’épilepsie  partielle.  L’amélioration  momentanée  peut  être 
attribuée  à l’excitation  locale  aussi  bien  des  téguments  que  du 
cerveau,  puisqu’on  peut  aussi  la  retrouver  dans  des  cas  où  le 
cerveau  n’a  pas  été  touché.  » Offenheim  a cité  aussi  au  congrès 
de  Berlin  plusieurs  observations  intéressantes  de  trépanations 
guidées  par  les  localisations  et  suivies  de  succès. 

Malgré  tous  ces  faits  et  tous  ces  travaux,  la  question  de  la 
trépanation  a encore  de  grands  progrès  à faire,  et  les  obser- 
vations de  trépanations  pratiquées  sans  qu’il  existât  ni  plaie,  ni 
cicatrice,  ni  saillie  des  os  du  crâne  ou  des  téguments  pouvant 
servir  de  guide  au  chirurgien  sont  aujourd’hui  encore  bien  peu 


- 129  - 


nombreuses.  Suivant  Féré,  la  première  pratiquée  en  France 
dans  ces  conditions  serait  une  opération  toute  récente  que 
Ballet,  Gélineau  et  Péan  ont  communiqué  à l’Académie  de 
médecine.  Il  s’agit  dans  l’observation  d’un  fibro-lipome  de  la 
dure-mère  ayant  amené  des  convulsions  initiales  du  membre 
inférieur  droit. 

Poirier,  dans  son  travail  sur  la  topographie  crânio- cérébrale 
et  la  trépanation,  dit  : « L’opération  du  trépan  n’offre  pas  de 
très  grandes  difficultés  ; elle  n’est  jamais  grave  en  elle-même, 
à la  condition  expresse  qu’une  antisepsie  absolue  et  rigoureuse 
ait  été  employée,  sa  mortalité  est  aujourd’hui  inférieure  à 10 
pour  100  ; encore  faut-il  dire  que  cette  mortalité  est  due  moins 
à l’opération  qu’aux  affections  contre  lesquelles  celle-ci  a été 
employée.  » 

Ces  quelques  mots  résument  parfaitement  l’état  actuel  de 
la  question  , et  montrent  que  Kirmisson  (. Manuel  de  Patho- 
logie externe , T.  II , p.  38,  Paris  1885),  est  peut-être  trop 
timide  dans  ses  conclusions  relatives  à la  trépanation. 


9 


_ 130  — 


EXPÉRIENCES. 


Les  résultats  que  nous  avons  obtenus  sont  exposés  dans  les 
tableaux  qui  suivent.  Nous  y indiquerons  d’abord  en  un  tableau 
les  résultats  fournis  par  l’étude  de  tous  nos  crânes,  puis  les 
moyennes  pour  chacune  des  séries  de  mensurations  que  nous 
avons  faites,  en  donnant  séparément  celles  qui  s’appliquent  à 
des  individus  dont  l’indice  céphalique  est  inférieur  à 80 
(dolichocéphales)  et  celles  qui  concernent  ceux  dont  l’indice 
est  supérieur  à 80  (brachycéphales). 

En  outre,  nous  donnerons,  sous  la  rubrique  « moyennes  sans 
extrêmes  » les  moyennes  de  la  très  grande  majorité  des  cas, 
c’est-à-dire  que  nous  avons  retranché  pour  les  établir  toutes 
les  dimensions  qui  nous  paraissaient  anormales  ou  exagérées. 

Nous  avons  fait  suivre  de  ? certaines  mesures  qui’  n’ont  pu 
être  prises  d’une  façon  certaine,  à cause  de  l’effacement  d’une 
saillie  ou  (l'une  suture. 


- 131  - 


NOMS  DES  CRANES. 

LIEUX 

d’origine. 

Age 

et 

Sexe. 

Indice 

céphalique 

Poids 

du 

cerveau. 

Arc 

sagittal 

(mesuré 

sur 

le  crâne.) 

Arc 

naso-breg- 

matique. 

Arc 

inio-lamb- 
doïdien . 

Distances 

de 

l’opisthion 
à Union. 

A 

H. 47 

78,9 

1350 

305 

124 

56 

50 

B 

H. 41 

78,8 

1238 

319 

125 

60 

42 

C 

Lille 

H. 38 

80,3 

1534 

311 

116 

58 

50 

D 

Rocroy  ( A rdenne  s) 

H. 43 

76,5 

1520 

325 

137 

69 

52 

E 

Suisse 

H. 30 

81,8 

1445 

326 

125 

77 

45 

F 

H. 71 

83,1 

1280 

301 

122 

55 

50 

G 

H. 50 

78,5 

1448 

325 

131 

63 

52 

H 

H. 70 

81,5 

1230 

341 

134 

58 

45 

I 

H. 74 

75,6 

1240 

351? 

128 

84? 

41? 

J 

Flandre 

H. 55 

79,2 

1382 

351 

127 

97 

42 

K 

H. 

79,0 

1364 

315 

118 

74 

50 

Là 

Ypres 

H 62 

73,5 

1065 

311 

124 

73? 

45 

M 

Sarthe 

F.  66 

86,1 

1254 

317 

119 

83 

42 

N 

Dunkerque 

H. 35 

80,8 

1232 

295 

120 

47 

50 

O 

Hellemmes  (Lille). 

F.  43 

77,7 

1100 

304 

115 

64 

40 

P 

Bruges 

F. 35 

79,5 

1315 

343 

133 

72 

40 

a 

H. 53 

» 

1210 

307 

117 

75 

38 

R 

H. 40 

81,0 

1445 

323 

120 

54 

45 

s 

H.  29 

82,0 

1370 

321 

120 

71 

47 

T 

H. 30 

82,3 

1315 

322 

121 

62 

51 

- 132  - 


NOMS  DES  CRANES. 

LIEUX 

d’origine. 

mesures  rolandiques 

Angle  rolando-sagittal 
mesuré  au  goniomètre  céphalique. 

Angle  fait  par  la  scissure  de  Sylvius 
avec  la  scissure  de  Rolando. 

Angle  fait  par  la  scissure  de  Sylvius 
dans  sa  partie  antre  avec  le  plan 
orbito-auriculaire  (facile  à tracer). 

Distances  de  la  glabelle  | 
au  sillon  de  Rolando 
( extr.  sup.). 

Distances  1 

rolando-bregmatiques. 

Distances 

rolando-coronales  inférieures! 

Distances  de  l’extrémité 
du  sillon  de  Rolando 
à l’apophyse  orbit.  ext.  ' 

A 

176 

52 

251/2 

41 

66° 

55° 

52° 

B 

165 

40 

21 

52 

65° 

58° 

55° 

C 

Lille 

157 

41 

31 

68 

69° 

59° 

54° 

JD 

Rocroy  (Ardennes; 

182 

45 

29 

60 

67° 

54° 

57° 

B 

Suisse 

187 

62 

29 

61 

65° 

48° 

58° 

F 

163 

41 

29 

69 

68° 

o 

°2 

-if 

62° 

G 

173 

42 

35 

70 

73° 

44° 

60° 

H 

181 

47 

35 

65 

67° 

52° 

54° 

I 

190 

62 

36 

73 

66° 

48° 

61° 

J 

Flandre 

188 

61 

29 

63 

66° 

45° 

65° 

K 

175 

57 

42 

79 

71° 

48° 

60° 

L 

Ypres 

174 

50? 

30 

61 

67° 

42° 

62° 

M 

Sarthe 

166 

47 

20 

61 

67° 

61° 

66° 

N 

Dunkerque 

165 

45 

25 

46 

69° 

27° 

61° 

O 

Hellemmes  (Lille). 

170 

55 

27 

40 

69° 

49° 

66° 

P 

Bruges 

180 

47 

25 

44 

71° 

60° 

63» 

a 

163 

46 

42 

62 

74° 

58° 

55° 

R 

175 

55 

45 

64 

64° 

44° 

61» 

s 

165 

45 

32 

57 

70° 

45° 

62» 

T 

172 

51 

29 

69 

68° 

50° 

61» 

- 133  - 


NOMS  DES  CRANES. 

LIEUX 

d’origine. 

MESURES  SYLVIE  NNE  S 

1 

Distances  de  l’origine 
de  la  scissure  de  Sylvius 
à l’apoph.  orbit.  ext. 

Hauteurs  de  la  scissure  Sylv. 
au-dessus  du  méat  auditif. 

Hauteurs  de  la  scissure 
au-dessus  du  point  le  plus  élevé 
de  la  suture  squameuse. 

Distances  de  l’extrémité  supre 
de  la  scissure  sylvienne 
à la  scissure  rolandique. 

Distances  de  l’extrémité  supre 
de  la  scissure  sylvienne 
à la  suture  sagittale. 



Longueurs  de  la  perpendiculaire 
abaissée 

du  sommet  de  la  scissure  syl-  j 
vienne  sur  le  lambda.  j 

A 

34 

50 

0 

58 

82 

35 

B 

25 

53 

7 

67 

48 

55 

C 

Lille 

23 

59 

4 

62 

60 

44 

D 

Rocroy  (Ardennes) 

32 

54 

2 

53 

76 

42 

E 

Suisse 

24 

70 

12 

56 

71 

47 

F 

34 

61 

3 

35 

63 

60 

Gr 

26 

69 

12 

40 

69 

66 

H 

18 

57 

0 

54 

74 

49 

I 

30 

67 

5 

50 

54 

45 

J 

Flandre 

35 

61 

3 

42 

80 

51 

K 

35 

59 

5 

32 

57 

48 

L 

Ypres 

27 

36 

51 

36? 

M 

Sarthe 

25 

61 

4 

48 

46 

41 

INT 

Dunkerque 

19 

66 

12 

18 

58 

73 

O 

Hellemmes  (Lille). 

32 

54 

0 

24 

75 

52 

B 

Bruges 

17 

53 

0 

60 

48 

26 

Q 

29 

64 

7 

45 

64 

32 

R 

24 

59 

2 

31 

78 

51 

S 

20 

60 

6 

37 

69 

61 

T 

29 

55 

1 

39 

79 

52 

| NOMS  DES  CRANES. 

LIEUX 

d’origine. 

SCISSURE  PERPEND. 
EXT. 

SILLONS  FRONTAUX 

SILLON 

INTERPARIÉTAL 

Hauteur  de  la  ligne  squameuse 
d’Anderson  et  Makins 
au-dessus  du  méat  auditif. 

Distances  du  lambda  . 
à l'extrémité  de  la  scissure 
parléto-occipitale.  1 

Distances  de  l’astérion  I 

à la  scissure  | 

perpend.  ext.  supposée  prolongée 
jusqu’à  son  niveau. 

Distance  du  1er  sillon  frontal 
à la  suture  sagittale.  | 

Distance  du  2e  sillon  frontal  | 
à la  suture  sagittale. 

Distances  de  l’astérlon 
au  point  le  plus  élevé  du  sillon  j 
înterparlétal  F 

Distances  du  sillon  interpariétal  l 
(point  le  plus  élevéj  * 

à la  suture  sagittale. 

j 

A. 

0 

6 

22 

49 

80 

35 

50 

B 

1 

0 

26 

55 

100 

19 

56 

C 

Lille 

4 

0 

24 

62 

97 

36 

55 

D 

Rocroy  (Ardennes) 

0 

6 

21 

48 

87 

23 

52 

E 

Suisse 

0 

0 

31 

58 

86 

40 

58 

F 

0 

9 

35 

64 

90 

36 

58 

a 

7 

6 

25 

70 

100 

42 

57 

H 

13 

3 

31 

66 

96 

41 

57 

I 

3 

5 

29 

57 

85 

32 

52 

J 

Flandre 

0 

0 

32 

65 

86 

66 

58 

K 

0 

4 

37 

74 

85 

39 

54 

L 

Ypres 

0 

6 

24 

1 

51 

96 

31 

51 

M 

Sarthe 

0 

1 

39 

62 

90 

38 

57 

N 

Dunkerque 

16 

0 

30 

56 

97 

43 

54 

O 

Hellerames  (Lille). 

0 

— 9 

28 

52 

70 

55 

54 

P 

Bruges 

— 5 

— 19 

45 

72 

98 

10 

53 

Q 

- 4 

- 21 

22 

72 

84 

28 

57 

K 

0 

14 

21 

50 

95 

45 

57 

S 

0 

5 

20 

51 

86 

37 

54 

T 

•• 

0 

0 

25 

54 

100 

28 

54 

— 135 


Moyenne  des  poids  du  cerveau. 


Moyenne  générale 

Tous 

les  crânes. 

Brachy- 
céphales . 

Dolicho- 
céphales . 

1317,35 

1065 

1544 

1315 

1332,5 

1210 

1544 

1325 

1302,2 

1065 

1520 

1301 

Minimum  

Maximum 

Moyenne  (sans  extrêmes).. . . 

Arc  sagittal. 


Tous 
les  crânes 

Brachy- 
céphales . 

Dolicho- 
céphales . 

Moyenne  générale 

320,65 

316,4 

324,9 

Minimum 

295 

295 

305 

Maximum 

351 

341 

351 

Moyenne  (sans  extrêmes)  . . . 

317,58 

316,4 

323,8 

Arc  naso-bregmatique. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 
céphales . 

Dolicho- 
céphales . 

Moyenne  générale 

123,7 

121,4 

126 

Minimum 

115 

116 

115 

Maximum 

137 

134 

137 

Moyenne  (sans  extrêmes)  . . . 

125,8 

120,8 

129 

— 136  - 


Distances  inio-lambdoïdiennes. 


1 

Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales 

Moyenne  générale 

67,6 

64 

71.2 

Minimum 

47 

47 

56 

Maximum 

97 

83 

97 

Moyenne  (sans  extrêmes) . . . 

65,1 

63,7 

71 

A.rc  G-labello-Rolandique . 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

173,15 

176,9 

169,4 

Minimum 

157 

163 

157 

Maximum 

190 

190 

187 

Moyenne  (sans  extrêmes) . . . 

167,66 

176,7 

168 

Distances  Rolando-coronales. 


a)  SUPÉRIEURE. 

Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 
céphales . 

Moyenne  générale 

49,55 

48 

51,1 

Minimum 

40 

41 

40 

Maximum 

62 

62 

62 

Moyenne  (sans  extrêmes) . . . 

49,4 

48,3 

50,2 

- 137  - 


b)  INFÉRIEURE. 

Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 
céphales . 

Moyenne  générale 

29,78 

28,6 

30,95 

Minimum 

20 

20 

21 

Maximum  

42 

42 

42 

Moyenne  (sans  extrêmes). . . 

29,4 

29,2 

30,4 

Distances  de  l’extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando 
à l’apophyse  orbitaire  externe. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

60,25 

52,2 

68,3 

Minimum 

40 

46 

40 

Maximum 

79 

69 

79 

Moyennes  (sans  extrêmes)  . . 

61,28 

52 

68,1 

Angle  Rolando-sagittal. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

68,1 

68,1 

68,1 

Minimum 

64 

64 

65 

Maximum 

74 

74 

73 

Moyenne  (sans  extrêmes) . . . 

» 

» 

» 

- 138  — 


Distances  de  l’extrémité  de  la  scissure  de  Sylvius 
au  sillon  de  Rolando. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

42.85 

39,5 

46,2 

Minimum 

18 

18 

24 

Maximum 

67 

62 

67 

Moyenne  (sans  extrêmes) . . . 

42,9 

39,2 

45,6 

Distances  de  l’origine  de  la  scissure  de  Sylvius 
à l’apophyse  orbitaire  externe. 


■ 

Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

26,9 

24,5 

29,3 

Minimum 

17 

18 

17 

Maximum 

35 

34 

35 

Moyenne  (sans  extrêmes).. .. 

26,61 

24,2 

28,9 

Distances  de  la  scissure  de  Sylvius 
au  point  le  plus  élevé  de  la  suture  temporale 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

4,75 

3,5 

6 

Minima 

0 

0 

0 

Maxima 

15 

12 

15 

Moyenne  (sans  extrêmes)  — 

4,15 

3,4 

5,7 

- 139  - 


Distances  de  l’extrémité  de  la  scissure  de  Sylvius 
à,  la  ligne  sagittale. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

65,01 

66,4 

63,8 

Mini  ma 

46 

46 

48 

Maxim  a. 

82 

79 

82 

Moyenne  (sans  extrêmes). . . . 

64,69 

66,6 

63,5 

Distances  de  l’extrémité  de  la  scissure  de  Sylvius 
au  lambda  (mesurées  sur  une  perpendiculaire  au  lambda). 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

49,30 

51 

47,6 

Minimum 

26 

32 

26 

Maximum 

73 

73 

66 

Moyenne  (sans  extrêmes). . . = 

41,30 

49,5 

45,8 

Distances  de  la  scissure  perpendiculaire  externe 
à la  suture  lambdoïde. 

a)  distances  du  lambda  à la  scissure. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

1,75 

1,6 

0,6 

Minimum 

- 4 

- 4 

— 5 

Maximum 

-h  16 

13 

7 

Moyenne  (sans  extrêmes)  . . . 

1 

1,1 

0,8 

- 140  - 


b)  distances  mesurées  de  V extrémité  externe  de  la  suture 
à la  ligne  qui  prolonge  la  scissure  jusqu  à ce  niveau. 


Moyenne  générale . 

Minimum 

Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

0,8 

— 21 
44 
1,1 

1,1 
— 21 

9 

1,1 

0,5 
— 19 
14 
2,7 

Maximum 

Moyenne  (sans  extrêmes) 

Distances  des  sillons  frontaux  à la  ligne  médiane. 

fer  Sillon  Frontal. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

28,35 

27,8 

28,9 

Minimum 

20 

20 

21 

Maximum 

45 

39 

45 

Moyenne  (sans  extrêmes) 

30,15 

28,4 

30,1 

2e  Sillon  Frontal. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

59,4 

64,5 

54,3 

Minimum 

48 

50 

48 

Maximum 

74 

72 

74 

Moyenne  (sans  extrêmes) — 

57,3 

63,8 

55,2 

— 141 


Distances  du  point  le  plus  élevé  du  sillon  pariétal 
à l’astérion. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale . . 

90,40 

92,1 

88,7 

Minimum 

70 

84 

70 

Maximum 

100 

100 

100 

Moyenne  (sans  extrêmes) — 

90 

93,2 

89,1 

Distances  minima  du  sillon  pariétal  à la  ligne  médiane. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Moyenne  générale 

36,2 

37,2 

35,4 

Minimum 

10 

28 

10 

Maximum 

66 

45 

66 

Moyenne  (sans  extrêmes) . . . 

37 

37 

35,6 

Rapport  de  la  ligne  glabello-rolandique  à l’arc 
sagittal  total. 


Tous 

Brachy- 

Dolicho- 

les crânes 

céphales. 

céphales. 

Movpnnc  fi'Anppnlp 

53 

54 

52 

100 

15T 

100 

Minimum 

51 

54 

51 

100 

100 

100 

Maximum 

55 

55 

53 

100 

100 

100 

53 

55 

52 

Moyenne  (sans  extrêmes) 

100 

100 

100 

- 142  - 


Rapport  de  la  distance  inio-lambdoïdienne  à l’arc 
sagittal  total. 


Tous 

les  crânes. 

Brachy- 

céphales. 

Dolicho- 

céphales. 

Mnvpnnp  /ypripmlp 

21 

20 

22 

100 

100 

100 

Minimum 

16 

16 

18 

100 

100 

100 

M nTimiim 

27 

24 

27 

100 

100 

100 

Moyenne  (sans  extrêmes)  . . . 

20 

20 

22 

155’ 

100 

100 

— 143  - 


CONCLUSIONS. 


Pour  terminer  notre  travail,  nous  allons  donner  un  résumé 
succint  de  nos  résultats  les  plus  intéressants  pour  la  pratique 
chirurgicale,  ou  plutôt  nous  allons  formuler  quelques  règles 
qui  permettront  au  chirurgien  de  découvrir  d’une  façon  cer- 
taine le  point  du  cerveau  qu’il  veut  atteindre.  Nous  avons 
cherché  avant  tout  des  procédés  exacts  et  précis , simples 
autant  que  possible. 

Nous  avons  essentiellement  tenu,  pour  rester  dans  le  do- 
maine pratique,  à ne  nous  servir  que  de  points  de  repère 
très  faciles  à sentir  avec  le  doigt , ou  du  moins  très  faciles  à 
déterminer  — Ces  points  sont  : la  glabelle,  l’inion,  l’apophyse 
orbitaire  externe  à l’endroit  où  son  bord  postérieur  se  relève 
pour  former  le  commencement  de  la  ligne  courbe  temporale, 
le  milieu  de  l’arcade  zygomatique,  l’astérion  et  le  lambda. 

Nous  avons  pris  comme  premier  point  de  repère  la  glabelle ; 
mais  au  lieu  de  prendre  la  glabelle  proprement  dite,  c’est-à- 
dire  la  bosse  frontale  moyenne,  nous  nous  sommes  servi  dans 
toutes  nos  recherches  d’un  point  beaucoup  plus  facile  à sentir 
avec  le  doigt,  situé  un  peu  au-dessus  d’elle,  et  correspondant 
à l’endroit  où  l’os  frontal  s’enfonce  brusquement  en  arrière 
pour  aller  rejoindre  la  suture  fronto-nasale,  c’est-à-dire  un  peu 
au-dessus  du  nasion. 

Notre  second  point  de  repère , Y inion,  ou  protubérance 


- 144  - 


occipitale  externe  est  9 fois  sur  10  fortement  saillant , et  sa 
détermination  ne  présente  pas  la  moindre  difficulté.  Quelque- 
fois pourtant , chez  la  femme  surtout , il  est  nécessaire  pour 
le  reconnaître  aisément,  de  fléchir  fortement  la  tête,  de  façon 
à tendre  le  ligament  cervical  postérieur  qui  s’y  insère , ou 
encore  de  suivre  la  ligne  courbe  occipitale  supérieure  qui  y 
aboutit , et  qui  parfois  se  perçoit  plus  nettement.  Ces  deux 
procédés,  conseillés  par  Poirier,  permettent  dans  tous  les  cas 
de  trouver  Timon. 

Le  point  où  le  bord  postérieur  de  Y apophyse  orbitaire 
externe  se  relève  pour  former  le  commencement  de  la  ligne 
courbe  temporale  peut  toujours  se  reconnaître  aisément  avec 
le  doigt.  11  est  situé  un  peu  au-dessus  de  la  queue  du  sourcil. 
La  recherche  du  milieu  de  V arcade  zygomatique  ne  présente 
pas  de  difficultés. 

h' aster  ion,  ou  point  de  réunion  des  sutures  pariéto-mastoï- 
dienne  et  lambdoïde,  correspond  à une  dépression  souvent 
profonde,  toujours  située  tout  à fait  en  arrière  de  la  base  de 
l’apophyse  mastoïde.  Nous  l’avons  toujours  facilement  senti. 
Si  on  ne  le  sentait  pas,  sa  position  serait  néanmoins  reconnue 
sans  peine  par  l’apophyse  mastoïde. 

La  recherbe  du  lambda  nous  a au  contraire  paru  moins 
aisée  qu’on  ne  le  dit  généralement.  Le  doigt  seul  ne  suffit  pas 
toujours  à trouver  sa  situation,  et  il  faut  souvent  pour  y arriver 
mesurer  sa  distance  de  Timon  sur  Tare  sagittal.  Cette  distance 
est  de  67  millim.  en  moyenne  sur  le  crâne,  70  environ  sur  le 

21 

cuir  chevelu,  c’est-à-dire  des  — de  l’arc  sagittal  total  (de  la 

IlHJ 

glabelle  à l’inion).  Cette  proportion  est  un  peu  plus  forte  chez 
les  dolichocéphales  que  chez  les  brachycéphales 

Ces  5 points  de  repère  nous  suffisent  pour  déterminer  sur  le 
crâne  ou  sur  le  cuir  chevelu  la  position  d’un  point  quelconque 
de  la  surface  du  cerveau.  Nous  allons  montrer  comment  le 


- 145  - 


chirurgien  peut  arriver  sur  ceux  des  centres  moteurs  ou  sen- 
sitifs dont  la  connaissance  exacte  est  à peu  près  certaine,  au 
moyen  de  lignes  tracées  à l’aide  de  ces  points  de  repère. 

Cinq  lignes  sont  nécessaires  pour  arriver  à ce  résultat  : la 
première  est  la  ligne  sagittale , ou  ligne  médiane,  qui  va  de  la 
glabelle  à l’inion.  Cette  ligne  passe  par  le  lambda  que  l’on  a 
soin  de  marquer.  Elle  permet  de  trouver  le  sommet  du  sillon 


de  Rolando  qui,  d’après  nos  recherches,  est  situé  aux 
de  l’arc  sagittal  (en  comptant  à partir  de  la  glabelle). 


532 

ÏÔÔÔ 


Quand  l’arc  sagittal  est  de  29  centimètres,  le  sommet  du 
sillon  est  à 154  millim.  de  la  glabelle,  quand  il  est  de  : 

30  centim.,  le  sillon  est  à 159  1/2  millim. 


31 

— 

165  — 

32 

— 

170  — 

33 

— 

1751/2  — 

34 

— 

181  — 

35 

— 

186  — 

36 

— 

1911/2  — 

Le  sillon  est  de  5 millim.  plus  en  avant  chez  les  individus 
nettement  dolichocéphales,  et  de  5 millim.  plus  en  arrière  chez 
les  brachycéphales. 

Si  enjoint  le  sommet  du  sillon  de  Rolando  au  milieu  de  l’ar- 
cade zygomatique,  on  obtient  une  seconde  ligne  « ligne  rolan- 
dique  » ou  « ligne  zygomato-rolandique  »,  donnant  la  direc- 
tion générale  du  sillon  de  Rolando  avec  une  exactitude  très 
suffisante  (fig.  16,  Y,  Y'). 

Une  troisième  ligne  . ligne  orbito-lambdoïdienne  (fig.  16, 
X,  X') , allant  de  l’apophyse  orbitaire  externe  au  lambda , 
indique  sur  une  longueur  de  4 à 6 centimètres,  à partir  de  ses 
27  premiers  millimètres,  le  trajet  de  la  scissure  de  Sylvius. 

Une  quatrième  ligne , ligne  astêrio-rolandique  (fig.  16 , 
K,  K7) , allant  du  sommet  du  sillon  de  Rolando  à l’astérion , 


10 


146  — 


et  une  cinquième,  ligne  lambdoïdienne , ou  astério-làmb- 
datique  (fig.  16,  L) , allant  d’un  point  situé  à 2 millimètres 
en  avant  du  lambda  à l’astérion  complètent  nos  lignes. 


Fig.  15.  Rapports  des  sutures  avec  la  surface  de  l’encéphale. 


F1,  F2,  F3,  lre,  2e,  3e  circonv.  frontales  ; — T1,  T2,  T3,  lre,  2°  et  3e  circonv. 
temporales;  — O1,  O2,  O3,  lre,  2e  et  3e  circonv.  occipitales  ; — PS,  lobule 
pariétal  supérieur  ; — Pi,  lobule  pariétal  inférieur  ; — Pc,  pli  courbe;  — 
Fa,  frontale  ascendante  ; — P a,  pariétale  ascendante  ; — S,  S,  scissure  de 
Sylvius  ; — R,  R,  sillon  de  Rolando  ; — 1,1,  scissure  interpariétale;  — 
P O,  scissure  perpendiculaire  externe  (figurée  comme  c’est  l’exception  et  non 
la  règle,  au-dessous  de  la  suture  lambdoïde)  ; — c,  c,  suture  coronale  ; — 
x,  stéphanion  supérieur  ; — T'  T',  ligne  courbe  temporale  supérieure  ; — 
T,  ligne  courbe  inférieure  ; — Z,  /,  suture  lambdoïde  ; — E,  E,  suture  écail- 
leuse ; — a , astérion  ; — p,  ptérion  ; — v,  suture  corono-sphénoïdale  ; — 
v'7  suture  temporo  shénoïdale. 


Dregma 


— 147  — 


— 148  — 


Ces  lignes  tracées  sur  le  crâne  , il  est  très  facile  de  déter- 
miner la  situation  de  tous  les  centres  corticaux.  (V.  fig.  15 
et  16). 

Le  centre  des  mouvements  du  membre  inférieur , siégeant 
dans  le  tiers  supérieur  de  la  circonvolution  frontale  ascen- 
dante, les  2/3  supérieurs  de  la  pariétale  ascendante  et  le  lobule 
paracentral  se  trouve  au  sommet  de  la  ligne  rolandique 
(fig.  15.  M I). 

Le  centre  des  mouvements  de  la  face , siégeant  à la  partie 
inférieure  de  la  frontale  et  de  la  pariétale  ascendante , se 
trouve  à un  centimètre  environ  au-dessus  de  la  ligne  orbito- 
lambdoidienne  sur  la  ligne  zygomato-rolandique,  en  un  mot 
juste  au-dessus  de  rontrecroisement  des  deux  lignes  précé- 
dentes (F). 

Le  centre  de  la  mémoire  motrice  des  mots  (aphasie),  sié- 
geant dans  le  pied  de  la  3e  circonvolution  frontale  gauche , se 
découvre  en  trépanant  sur  la  ligne  orbito-lambdoïdienne  (A), 
ou  plus  exactement  à quelques  millimètres  au-dessus  de  la 
ligne  orbito-lambdoïdienne  à 4 centimètres  en  arrière  de  l’apo- 
physe orbitaire  externe. 

Le  centre  de  la  mémoire  motrice  graphique  (agraphie), 
siégeant  sur  le  pied  de  la  2e  frontale  à environ  4 centimètres 
de  la  ligne  rolandique , se  trouve  en  trépanant  à quelques 
millimètres  au-dessus  de  la  ligne  courbe  temporale  supérieure, 
un  peu  plus  haut  que  le  stéphanion  supérieur,  pratiquement  à 
mi-distance  de  la  ligne  sagittale  et  de  la  ligne  orbito-lambdoï- 
dienne (A  G). 

Le  centre  des  mouvements  du  membre  supérieur , se  trouve 
sur  la  circonvolution  frontale  ascendante  immédiatement  en 
arrière  du  centre  précédent  (M  S).  La  détermination  ne  pré- 
sente donc  aucune  difficulté. 

Le  centre  de  la  vision  binoculaire  (hémianopsie),  siégeant 
à cheval  sur  l'origine  de  la  scissure  interpariétale  se  trouve 


— 149  - 


à 2 centimètres  en  arrière  de  ia  ligne  rolandique  et  à 15  mil- 
limètres au-dessus  de  la  ligne  orbito-lambdoïdienne  (HE). 

Le  centre  de  la  mémoire  auditive  verbale  (surdité  verbale), 
siégeant  dans  la  première  et  un  peu  la  seconde  circonvolution 
temporale  (S  V),  se  trouve  dans  l’angle  ouvert  en  bas  et  en 
arrière  et  formé  par  la  rencontre  des  lignes  zygomato-rolan- 
dique  et  orbito-lambdoïdienne. 

Le  centre  de  la  mémoire  visuelle  verbale  (cécité  verbale), 
siégeant  dans  le  lobule  du  pli  courbe,  se  découvre  en  trépa- 
nant sur  la  ligne  rolando-astérique,  à 15  millim.  au-dessus  de 
la  ligne  orbito-lambdoïdienne , car  l’extrémité  de  la  scissure 
de  Sylvius,  qui  forme  le  centre  du  lobule  du  pli  courbe,  se 
trouve  situé  sur  cette  ligne  rolando-astérique  (GY). 

Le  centre  des  mouvements  des  yeux , situé  dans  le  pli 
courbe,  se  trouve  découvert  quand  on  trépane  à 20  millim.  en 
arrière  de  la  ligne  rolando-astérique,  sur  la  ligne  orbito-Jamb- 
doïdienne  (Y) . 

Le  centre  de  la  vision , situé  dans  la  partie  supérieure  et 
interne  du  lobe  occipital  (cunéus),  est  découvert  par  une  tré- 
panation pratiquée  dans  l’angle  postérieur  formé  par  la  ren- 
contre de  la  ligne  lambdoïdienne  (qui  correspond  à la  scissure 
perpendiculaire  externe)  avec  la  ligne  sagittale  (Y). 

Les  centres  de  V olfaction  et  de  la  gustation  paraissent  être 
situés,  soit  dans  la  corne  d’Ammon  (Ferrier),  soit  dans  la  cir- 
convolution de  l’hippocampe  (H.  Munk),  et  l’on  a également 
placé  dans  la  région  de  l’hippocampe  le  centre  de  la  sensibilité 
générale  (1).  Mais  nous  ne  sachions  pas  qu’un  chirurgien  ait 
encore  été  assez  hardi  pour  aller  à leur  recherche  sur  un 
malade  ; aussi  bien  n’insisterons-nous  pas. 


(1)  Rappelons  en  passant  ce  fait  curieux , que  très  souvent  chez  les  épi- 
leptiques, on  a trouvé  des  lésions  de  la  corne  d’Ammon. 


— 150  — 


Nous  avons  vérifié  par  des  trépanations  l’exactitude  de  ces 
procédés,  et  nous  avons  été  frappé  de  leur  rigueur.  Sur  deux 
crânes,  dont  un  brachycéphale  et  un  dolichocéphale,  le  centre 
de  nos  couronnes  de  trépan  est  toujours  tombé  exactement  ou 
presque  exactement  sur  les  points  que  nous  nous  proposions  de 
découvrir.  L’erreur  a rarement  dépassé  4 millim.,  jamais  6. 
Nous  pouvons  donc  dire,  sans  exagération,  qu’une  fois  le  topo 
de  la  figure  15  dessiné  sur  une  tête  quelconque,  le  chirurgien 
peut  découvrir  à volonté  et  avec  sûreté  le  point  de  la  surface 
du  cerveau  qu’il  se  propose  de  mettre  à nu. 

En  résumé , si  le  mot  n’était  pas  trop  prétentieux , nous 
serions  tenté  de  dire  qu’une  fois  cette  topographie  achevée 
sur  un  crâne  , on  c voit  »,  la  surface  de  l’encéphale  à travers 
la  paroi  crânienne  comme  si  celle-ci  était  remplacée  par  une 
vitre. 


- 151  - 


INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE,  (i) 


Gratiolet.  — Anatomie  comparée  du  système  nerveux. 
T.  IL  Paris,  1857,  p.  115  et  124. 

P.  Broca.  — Remarques  sur  le  siège  de  la  faculté  du 
langage  articulé.  — Bulletins  de  la  Soc.  anal.  1861,  p.  340. 

Bischoff.  — Die  Grosshirnwindungen  des  Menschen.  — 
Munich,  1868. 

P.  Broca.  — Sur  la  déformation  toulousaine  du  crâne.  — 
Bullet.  de  la  Soc.  d'anthrop.  — 2e  sér.,  t.  VI,  p.  104,  Août 

1871. 

Turner.  — On  the  relations  of  the  convolutions  of  the 
human  cerebrum  to  the  outer  surface  of  the  skull  and  head. 
Nov.  1873,  in  The  Journal  of  anal,  and  phy s. 

Heftler.  — Izviliny  golovnavo  morga  on  tchelovieka  i 
otnochenia  ich  K’svodou  tcherepa  (Des  circonvolutions  chez 
l’homme  et  de  leurs  rapports  avec  le  crâne).  — Dissertation 
inaugurale  à l’Académie  médico-chirurgicale  de  St-Péters- 
bourg.  — 5 mai  1873. 


(1)  Nous  n’indiquons,  dans  cet  index,  que  les  ouvrages  qui  ont  plus  ou 
moins  trait  à la  topographie  cranio-cérâbrale,  sans  nous  occuper  de  ceux 
qui  traitent  de  la  trépanation,  des  localisations  cérébrales,  etc. 


— 152  - 


P.  Broca.  — L’équerre  flexible  auriculaire ; nouvel  instru- 
ment céphalométrique.  — Bullet.  de  la  Soc.  anthrop.  — 1873, 
p.  147. 

Turner.  — An  illustration  of  the  relations  of  the  convolu- 
tions  of  the  human  cerebrum  to  the  outer  surface  of  the 
skull  — May  1874,  in  The  Journal  of  anal,  andphys. 

Ch.  Féré.  — Note  sur  quelques  points  de  la  topographie  du 
cerveau.  — Bullet.  de  la  Soc.  anal .,  1875,  p.  828.  Archiv. 
de  phys.  1876,  p.  247. 

Ecker.  — Die  top.  Beziehungen  zwischen  Schàdel  und 
Gehirn  im  normalen  Zustand.  — Brunswick,  avril  1876. 

P.  de  la  Foulhouze.  — Recherches  sur  les  rapports  anato- 
miques du  cerveau  avec  la  voûte  du  crâne  chez  les  enfants.  — 
Thèse  de  Paris,  1876. 

P.  Broca.  — Sur  la  topographie  cranio-cérébrale  ou  sur  les 
rapports  anatomiques  du  crâne  et  du  cerveau.  — Revue  d'an- 
thropologie, 1876,  t.  Y,  p.  193. 

Ch.  Féré.  — Sur  un  cas  de  lésion  probable  du  pli  courbe. 
— Compte-rendus  de  la  Soc.  de  biol.  26  fév.  1876. 

P.  Broca.  Mierzcjewsky,  Féré.  — Revue  d' anthropologie, 
t.  Y,  1876,  p.  278. 

S.  Pozzi.  — Article  crâne  du  Dictionnaire  encyclopédique 
des  sciences  médicales. 

S.  Pozzi.  — Des  localisations  cérébrales  et  rapports  du 
crâne  avec  le  cerveau  au  point  de  vue  des  indications  du 
trépan.  — Archiv.  g en.  de  médecine , avril  1877,  p.  442. 

J.  Lücas-Championnière.  — Académie  de  médecine,  9 jan- 
vier 1877. 

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PLANCHES 


ET  LÉGENDES. 


- 158  - 


Planche  I. 


Crânes  sur  lesquels  la  position  des  sillons  et  des  scissures  du  cerveau 
a été  tracée  d’après  notre  procédé. 

Le  crâne  P présente  une  bosse  occipitale  fortement  saillante  ; le  lobe  occipital  était 
reculé  et  la  scissure  perpendiculaire  se  trouvait  en  arrière  de  la  suture  bamb- 
doïde  ; les  rapports  du  sillon  interpariétal  étaient  également  très  modifiés.  — 
De  plus  ce  crâne  est  nettement  hypsicéphale  dans  sa  région  frontale  (1). 
Les  crânes  S et  L ne  présentent  rien  de  particulier.  — On  voit  sur  le  crâne  T 
le  goniomètre  céphalique  dont  le  centre  est  posé  sur  le  sommet  du  sillon  de 
Rolando  (la  description  de  cet  instrument  a été  faite  dans  le  texte,  page  62). 


(1)  En  raison  de  la  double  déformation  de  ce  crâne  , les  rapports  de  ses 
sutures  avec  les  sillons  et  scissures  du  cerveau  étaient  considérablement 
changés  ; aussi  Lavons-nous  élagué  pour  établir  nos  moyennes.  Néanmoins, 
le  sillon  de  Rolando  avait  à peu  près  conservé  sa  position  normale  , parce 
que  la  déformation  de  la  région  occipitale  du  crâne  était  compensée  par  la 
propulsion  de  la  région  frontale  (hypsicéphalie  frontale;.  Les  rapports  anor- 
maux des  scissures  s’expliquent  par  les  malformations  crâniennes,  et  la 
figure  permet  de  se  rendre  compte  que  ce  n’est  pas  le  procédé  qui  est  défec- 
tueux, mais  que  c’est  le  crâne  qui  est  vicié  dans  sa  conformation.  Donc , 
l’exception  ici  encore  confirme  la  règle. 


P1.I 


- 160  - 


Planche  IL 


Relations  du  crâne  (se  guider  sur  les  sutures)  et  du  cerveau  (d’après  la 
tête  S).  — Centres  psycho-moteurs  et  sensoriels  de  l’écorce  (d’après  les 
recherches  les  plus  récentes  des  physiologistes  et  anatomo-patholo- 
gistes) . 

1,  première  circonvolution  frontale  ; — 2,  deuxième  frontale  : — 3,  troisième 
frontale  ou  circonvolution  de  Broca  ; — 4,  frontale  ascendante  ; — 5,  parié- 
tale ascendante  ; — 6,  lobule  pariétal  supérieur  ; — 7,  lobule  pariétal  infé- 
rieur ; — 8,  première  circonvolution  occipitale  ; — 9,  deuxième  occipitale  ; — 
10,  troisième  occipitale  ; — 11,  première  temporale  : — 12,  deuxième  tempo- 
rale ; — 13,  troisième  temporale.  — A,  centre  des  mouvements  rotatoires  de 
la  tête  ; — B,  centre  des  mouvements  du  cou  ; — C,  centre  du  mouvement 
des  yeux  ; — D,  centre  de  la  mémoire  motrice  verbale  (aphasie  motrice)  ; — 
E,  centre  des  mouvements  du  tronc;  — F,  centre  des  mouvements  du  coude  ; 
— G,  centre  des  doigts  ; — H,  centre  de  la  face  supérieure,  et  des  angles  de 
la  bouche  ; — I,  centre  des  mouvements  des  cordes  vocales  ; — J,  centre  des 
mouvements  du  pharynx  ; — K,  centre  du  gros  orteil  ; — L,  centre  des  mou- 
vements de  l’épaule  ; — M,  centre  du  poignet;  — N,  centre  des  mouvements 
de  la  hanche  ; — O , centre  du  pouce  ; — P , centre  des  mouvements  de  la 
face  inférieure  et  de  la  langue  ; — Q,  centre  du  sens  musculaire  (anesthésie 
musculaire)  ; — R,  centre  des  mouvements  de  la  jambe  ; — S,  centre  de 
l'élévation  de  la  paupière  ; — T,  centre  de  la  mémoire  des  mots  écrits  (cécité 
verbale)  ; — U,  centre  de  la  vision  binoculaire  (déviation  Conjuguée  des  yeux, 
hémianopsie)  ; — V , centre  de  la  vision  ; — X,  centre  de  la  mémoire  des 
sons  verbaux  (surdité  verbale)  ; — Y,  Y,  plan  spino-auriculaire  (plan  du  regard 
horizontal) . 


PI.  II 


- 163  - 


TABLE  ALPHABÉTIQUE 


Préface  5 

Introduction 7 

CHAPITRE  I.  — Procédés  de  topographie 19 

Procédé  de  Gratiolet  : Moules  intracrâniens 19 

Procédé  de  P.  Broca  : Fiches 19 

Procédé  de  Bischoff  (1868) 21 

Procédé  de  Heftler  (1873)  : Normas  crâniennes 21 

Procédé  de  Turner  (1873)  : Aires  crâniennes 24 

Procédé  de  Féré  (1875)  : Coupes  et  congélations 26 

Procédé  d’Ecker  (1876) 26 

Procédé  de  W.  Anderson  et  Makins  (1889) 27 

Procédé  de  Müller  (1889) . 28 

Procédé  de  ZernoV  (1890)  . 31 

Procédé  de  Féré  pour  les  enfants 33 

Procédé  de  Dana  (1889) 33 

Procédé  de  Seeligmüller  (1877) 34 

Procédé  de  Chiarugi  (1886) 34 

Procédé  de  l’autogravure  cérébrale  : Debierre  et  Le  Fort 35 

CHAPITRE  IL— crâne  et  cerveau.— rapports  des  lobes  cérébraux  39 

1.  — Le  crâne  et  le  cerveau 39 

2.  — Rapports  des  contours  de  l’hémisphère  cérébral ...  42 

(a)  Bord  interne  de  l’hémisphère 43 

(b)  Bord  externe  de  l’hémisphère * 43 


11 


— 164  — 


CHAPITRE  III.  — scissure  de  rolando 46 

Rapports  avec  le  crâne 46 

1°  Extrémité  supérieure  de  la  scissure  . . . 46 

Détermination  de  l’extrémité  supérieure  du  sillon  de  Rolando 

par  le  bregma 49 

Détermination  de  l’extrémité  supérieure  du  sillon  de  Rolando 
par  sa  position  sur  l’arc  sagittal 52 

2°  Extrémité  inférieure  de  la  scissure 54 

Détermination  de  l’extrémité  inférieure  du  sillon  de  Rolando  54 

3°  Trajet  de  la  scissure 59 

Détermination  du  trajet  de  la  scissure  de  Rolando 59 

CHAPITRE  IV.  — scissure  de  sylvius 64 

Rapports  avec  le  crâne 64 

Détermination  de  la  scissure  de  Sylvius . . . 67 

CHAPITRE  V.  — scissure  perpendiculaire  externe 74 

Rapports  de  la  scissure 74 

Détermiuation  de  la  scissure 76 

CHAPITRE  VI.  — sillons  et  circonvolutions  du  lobe  frontal  . . 79 

Frontale  ascendante  et  sillon  précentral  79 

Première  et  deuxième  circonvolutions  frontales  et  sillons  frontaux  81 
Troisième  circonvolution  frontale 83 

CHAPITRE  VII.  — sillons  et  circonvolutions  du  lobe  pariétal.  . 85 

Lobe  pariétal 85 

Circonvolution  pariétale  ascendante  et  sillon  post-rolandique  ou 

pariétal  transverse 85 

Sillon  interpariétal 86 

Lobule  pariétal  supérieur 87 

Lobule  pariétal  inférieur 88 

CHAPITRE  VIII. — sillons  et  circonvolutions  des  lobes  temporo- 

sphénoïdal  et  occipital 90 

Sillons  et  circonvolutions  du  lobe  temporo-sphénoïdal 90 

Lobbe  occipital 92 

CHAPITRE  IX.  — rapports  des  parties  profondes  et  du  cervelet  93 
Rapports  de  l’Insula  de  Reil 93 


— 165  — 


Rapports  des  ganglions  centraux  avec  la  voûte  du  crâne 94 

Cervelet 95 

CHAPITRE  X.  — ARTÈRES,  VEINES  ET  SINUS 96 

Rapports  des  artères 96 

Rapports  des  veines  et  des  sinus 102 

CHAPITRE  XI.  — TOPOGRAPHIE  CRANIO-CÉRÉ BRALE  CHEZ  LES  ENFANTS 

ET  LES  VIEILLARDS 104 

Modifications  chez  les  enfants 104 

Modifications  chez  le  vieillard 112 

CHAPITRE  XII.  — MODIFICATIONS  INDIVIDUELLES  DANS  LES  RAPPORTS 

DE  TOPOGRAPHIE  CRANIO-CÉREBRALE  113 

CHAPITRE  XIII.  — aperçu  des  localisations  cérébrales 118 

CHAPITRE  XIV.— APERÇU  DE  la  trépanation  guidée  par  les  loca- 
lisation CÉRÉBRALES  DANS  CES  DERNIÈRES  ANNÉES 123 

Expériences . 130 

Conclusions 143 

Index  bibliographique 151 


Lille  lmp.  L.Oafreh